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Comment repenser sa mobilité professionnelle ?

Le 21 septembre, se tenaient les Rencontres vendéennes des mobilités durables à l’Hôtel du Département. L’occasion pour l’association d’intérêt général Ruptur de partager des « bonnes pratiques » afin d’appréhender le juste déplacement professionnel. Compte-rendu.

mobilité douce, déplacement professionnel

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Créée en 2018 par des chefs d’entreprise de Vendée et de Loire-Atlantique, l’association Ruptur œuvre à la transformation des modèles économiques des entreprises et des territoires pour leur permettre de s’engager dans une économie davantage inclusive et environnementale. « La transformation passe par l’expérimentation de tout un tas de choses, en coopération avec des acteurs de tous secteurs, tous métiers confondus, explique Mona Delteil, chargée de projets chez Ruptur. Parmi nos 190 adhérents, il y a des entreprises bien sûr, des collectivités mais aussi des particuliers, des établissements scolaires et des associations. L’idée est d’avancer pas à pas, avec humilité, en faveur de la cause environnementale. » Avec son siège à Dompierre-sur-Yon, l’association est aussi présente en Loire-Atlantique et dans le Maine-et-Loire, et rayonne sur l’ensemble de la Région des Pays de la Loire.

 La mobilité : un enjeu stratégique pour l’entreprise

Mona Delteil, chargé de projet Association Ruptur. Crédit photo ©Eddy Riviere

Mona Delteil, Chargée de projets Association Ruptur. Crédit photo ©Eddy Riviere

Parmi ses différents chantiers, la mobilité tient le haut du pavé depuis 2020. « Un tiers des émissions totales du pays concerne le secteur des transports », déclare la chargée de projets. Elle poursuit : « Sachant que 39 % de notre temps de déplacement moyen hebdomadaire est dédié au travail et que les trois-quarts se font seul en voiture, l’enjeu est de taille : il concerne à la fois notre santé, la société et l’économie. Comment peut-on revoir sa mobilité professionnelle et in fine réduire son empreinte carbone ? »

« Quand on a lancé le chantier, renchérit Karim Tarzaim, le cofondateur de la start-up Célérifère et référent Chantier Mobilité Ruptur, on ne voulait pas raisonner en “carbone“ mais bien au global. Quel autre indicateur imaginer alors ? On a choisi l’énergie consommée au kilomètre. L’énergie étant un coût, à partir du moment où l’on arrive à le réduire, on impacte la rentabilité de l’entreprise (le coût de la mobilité est le deuxième poste de charges d’une entreprise après les salaires, NDLR). Une réflexion qui s’applique aux trajets domicile/travail, mais aussi aux déplacements en journée des collaborateurs et jusqu’au transport des marchandises. »

« Au final, pour inciter et faciliter d’autres formes de mobilités professionnelles, les solutions sont nombreuses, analyse Mona Delteil. Elles dépendent d’une triple question à se poser à chaque déplacement : est-ce le bon véhicule, pour le bon usage avec la bonne énergie ? Bien évidemment, cette réflexion n’est pas seulement individuelle, l’entreprise et/ou les collectivités doivent aussi penser de nouveaux services pour offrir le choix du changement à leurs collaborateurs. »

Top 20 des actions possibles à mettre en place (extraites du Guide Ruptur mobilité)

Éviter le trajet

  • Revoir l’organisation des horaires et des conditions de travail des collaborateurs : télétravail, semaine de 4 jours, utilisation d’électricité en énergie bas carbone…
  • Location de bureaux partagés dans des lieux accessibles.

Micro-mobilité (les déplacements à pied, à vélo en mode actif ou électrique, en trottinette…)

  • Indemnités/forfaits pour les salariés effectuant des trajets en mobilité durable.
  • Mise à disposition d’une flotte de vélos/trottinettes électriques/caddies attelables en cas de transport de charge.
  • Proposer des services de parking sécurisés et de maintenance des véhicules.
  • Mutualiser ces services avec des entreprises voisines sur une même zone.
  • Créer un environnement optimal, en collaboration avec la collectivité : pistes cyclables, arrêt de bus…
  • Mise à disposition d’équipements en cas d’intempéries (parka, parapluie…).
  • Mise à disposition d’un vélo de fonction pour remplacer ou compléter la voiture de fonction.
  • Animations internes autour des bénéfices de la micro-mobilité sur la santé.

Transport en commun et multi-modalité (train + bus + vélo/trottinette…)

  • Adapter les horaires de travail à celle des transports en commun.
  • Mettre à disposition des collaborateurs et invités une carte des mobilités possibles pour accéder à la structure.
  • Accepter qu’un collaborateur puisse mettre plus de temps pour faire un trajet.

Covoiturage et autopartage

  • Proposer aux collaborateurs et aux structures voisines un outil commun de mise en relation pour le covoiturage.
  • Proposer des solutions d’autopartage.
  • “Plus-value“ incitative sur les frais des déplacements effectués en covoiturage.

Énergies vertueuses et locales

  • Faire tester aux collaborateurs des véhicules alternatifs pour lever les freins à l’utilisation.
  • Mettre à leur disposition des flottes de véhicules hybrides, électriques, Bio-GNV…
  • Installer des bornes de recharge dans l’entreprise/faciliter l’installation de bornes au domicile du collaborateur (remboursement des frais de recharge par exemple…).
  • Proposer des formations internes à l’éco-conduite.