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Tourisme en Loire-Atlantique : une saison 2023 contrastée

Si la saison 2023 s’annonçait sous les meilleurs auspices en Loire-Atlantique au printemps, la météo et l’inflation sont venues jouer les trouble-fête lors de la haute saison. Malgré cela, la fréquentation touristique se stabilise sur l’ensemble de la saison, bien aidée par le retour des étrangers et une arrière-saison qui s’annonce « extraordinaire ».

De nombreux touristes étrangers étaient de retour cet été dans le département, y compris à Nantes. ©IJ.

« Après une saison 2022 exceptionnelle, la Loire-Atlantique a réussi à trouver son équilibre en matière de tourisme sur le territoire en 2023, a résumé Rémy Orhon, vice-président du Département, le 12 septembre dernier, lors du bilan de la saison touristique dressé dans les locaux de Loire-Atlantique Développement (LAD). Et ce malgré un contexte compliqué par la météo pluvieuse de mi-juillet à mi-août et l’inflation. Malgré tout, avec 10,6 millions de nuitées comptabilisées sur juillet-août (10,8 millions un an plus tôt, NDLR), la haute saison affiche un bon niveau de fréquentation. »

Une analyse partagée par Agnès Broquet, directrice tourisme durable de LAD : « Malgré un été très contrasté si on s’en tient à juillet-août, on a assisté à une saison qui tient la route à l’échelle du département. »

La spécialiste a ensuite évoqué les dernières tendances de consommation : « Avec la problématique de la météo pluvieuse, les sites de visite couverts ont cartonné : notamment Saint-Nazaire (+16 % par rapport à 2022) ; la Maison du lac de Grand-Lieu (2e meilleure saison depuis l’ouverture en septembre 2014, NDLR) ; ou l’Océarium du Croisic. La billetterie de l’Office de tourisme de Pornichet affiche elle aussi une progression record. »

Revers de la médaille : « La pluie a généré de nombreuses annulations de dernière minute dans le secteur hôtelier et les activités touristiques de plein air », a regretté Rémy Orhon.

« Elle a également causé une baisse des excursionnistes, ces touristes qui visitent à la journée, sur juillet-août, complète Agnès Broquet. Et pour l’hôtellerie de plein air, il n‘est pas évident de qualifier cette saison de positive. »

Inflation : les hôtels et restaurants à la peine

L’inflation semble aussi avoir impacté la saison 2023, « à commencer par l’activité des hôtels et restaurants », a déploré le vice-président du Département. « Ce sont effectivement ces professionnels qui ont le plus souffert car ils ont été contraints d’augmenter leurs prix à cause de l’inflation, a embrayé Agnès Broquet. C’est pourquoi la profession anticipe une baisse du panier moyen, normalement situé à 54 € par jour et par personne en 2022, sans pour autant pouvoir la chiffrer à l’instant T. »

Dans ce contexte particulier, certaines activités ont néanmoins réussi à tirer leur épingle du jeu, « notamment la petite restauration », détaille Rémy Orhon. C’est également le cas des supermarchés selon Agnès Broquet, comme « le Leclerc de Pornic qui a connu sa meilleure saison depuis son ouverture ».

Activité phare du département, le vélo ou cyclotourisme reste quant à lui stable sur la saison : -3 % de cyclotouristes en juillet mais +3 % en août.

Autre tendance dont s’est réjoui le vice-président du Département : « Il y a eu un meilleur équilibre de fréquentation entre les territoires : le littoral, les pôles urbains, les territoires ruraux et même l’arrière-pays littoral. »

Concernant la durée des séjours, « elle a tendance à baisser, si bien que les réservations du samedi au samedi s’assouplissent, notamment dans les campings, ajoute Agnès Broquet. Cela se traduit également par une augmentation des réservations de dernière minute. »

 

De gauche à droite : Agnès Broquet, directrice Tourisme durable de Loire-Atlantique Développement, Michel Laur, directeur des Gîtes de France de Loire-Atlantique, et Rémy Orhon, vice-président du Département.

De gauche à droite : Agnès Broquet, directrice Tourisme durable de Loire-Atlantique Développement, Michel Laur, directeur des Gîtes de France de Loire-Atlantique, et Rémy Orhon, vice-président du Département. ©IJ

Un retour en force des Allemands

En termes de clientèle, pas de grande évolution : « On est sensiblement sur le même genre de profil que les saisons précédentes : 79 % de nuitées de touristes français (-4 %), contre 21 % de nuitées d’étrangers (+7 %), confirme le vice-président du Département. Nous avons noté une reprise des voyages à l’étranger des Français, ce qui explique sans doute le léger tassement des touristes français par rapport à l’année dernière. »

« Bien qu’elle soit en baisse de 4 % sur la saison, la clientèle française reste dominante, tirée par les nombreux touristes ligériens, précise Agnès Broquet. La Bretagne nous amène également 26 % de nos visiteurs. »

La bonne nouvelle de la saison, c’est le retour de la clientèle étrangère. « C’est une grande satisfaction, poursuit Agnès Broquet. Nous avons notamment assisté au retour en force des Allemands (+16 % par rapport à 2022) qui plébiscitent le littoral. Les Espagnols (+7%) ont été nombreux en milieu urbain et on a enfin constaté un retour des touristes anglais (+4 %) dans l’arrière-pays. » Seule ombre au tableau : la baisse de 7 % des touristes hollandais.

Côté perspectives, l’arrière-saison s’annonce « extraordinaire, selon Rémy Orhon. Notamment grâce à la météo et l’accueil de quatre matchs du Mondial de rugby à Nantes. J’ai d’ailleurs échangé avec la gérante du camping d’Ancenis qui me disait “pourvu que ce temps dure. Ça permettra peut-être de rattraper la légère baisse de juillet-août”. D’où l’importance pour le Département de travailler son offre touristique sur les quatre saisons ! »