Quatre lettres : Y-O-V-O. Cette nouvelle application met en relation chauffeurs et particuliers. Une plateforme de plus dans l’univers des VTC ? À une exception près : le client rentre chez lui dans sa propre voiture. Si simple qu’il fallait y penser. Après ses premières courses fin 2025 et le lancement de son application en mars 2026, avec déjà 500 téléchargements, Yovo arrive à Nantes. La prochaine étape sera La Baule, puis Rennes et, à terme, Paris. Un « passage de vitesse », selon Martin Guinhut, l’un des trois jeunes entrepreneurs à l’origine du projet, qui espère ainsi démontrer que le modèle peut essaimer dans les grandes villes françaises. « On a l’ambition de devenir la référence de la sécurité après un déjeuner ou une soirée trop arrosée », résume-t-il.
À l’origine, Yovo, qui s’appelait encore Drive Safe il y a un mois, a été pensé pour les Sam (celui qui ne boit pas) de moins de trente ans, finalement dans l’incapacité de reprendre leur véhicule. « Mais notre marché nous a rattrapés », explique l’entrepreneur après une phase de tests. Le concept s’adresse désormais davantage aux 30-60 ans et aux CSP+, à l’image « d’un chef d’entreprise sortant d’un déjeuner ou d’un cocktail ». L’application se développe également en BtoB auprès d’entreprises soucieuses d’assurer la sécurité de leurs salariés après un événement interne.
Face à cette évolution, les entrepreneurs ont ajusté leur formule. « Nous avons mis en place un abonnement permettant au client d’être ramené chez lui au-delà de la première couronne (soit à plus de 7 km du cœur de ville, NDLR), tout en lui offrant un prix au kilomètre moins élevé que pour un trajet sans abonnement », explique Martin Guinhut. Une offre qui permet aussi à Yovo de mieux rentabiliser ses courses, qui nécessitent l’emploi d’une voiture-balai, les chauffeurs repartant habituellement de chez le client à trottinette.
« On attend le bon moment pour trouver un investisseur »
Les trois jeunes cofondateurs assurent n’avoir contracté aucun prêt bancaire. Le sujet d’une levée de fonds commence néanmoins à se poser. « Tant qu’on peut, on avance sans. On attend le bon moment pour trouver un investisseur qui aime les belles histoires », temporise Martin Guinhut.
Âgés de vingt ans, les trois fondateurs de Yovo (Martin Guinhut, Hugo Texier-Proust et Lucas Monet) avancent encore prudemment, mais avec l’ambition de changer d’échelle. Depuis deux ans, ils sont incubés à l’Essca, école de commerce angevine où ils étudient, tout en développant leur projet et en participant à différents concours, dont Pépite Pays de la Loire.