En cette fin d’été, Tadeusz Kucharczyk ferme plusieurs portes à la fois. La transmission de son groupe à son fils Hugo est en cours. Le château Le Saz, à La Chapelle-sur-Erdre, est officiellement en vente. Un fonds de dotation, dont l’idée a germé quelques années plus tôt, est en préparation. Trois décisions qui dessinent moins une retraite qu’un ultime projet. « Je vais bientôt quitter tous ceux que j’aime pour retrouver touts ceux que j’ai aimés », glisse-t-il.
Pourtant, cette sortie ne s’improvise pas. Elle prend racine en 2021. De retour de vacances, il contracte une forme grave du Covid. Trois mois d’hospitalisation, près de quatre semaines dans un coma artificiel, qu’il évoque sans pathos, mais avec une reconnaissance intacte envers les équipes médicales. L’épreuve agit comme un révélateur. Lui qui soutenait déjà la recherche médicale décide de créer son propre fonds de dotation. Il entend désormais consacrer une partie de son temps et de ses moyens aux enfants en difficulté, aux personnes âgées et à la recherche médicale. Une manière, dit-il, de « redonner aux autres ce que j’ai reçu ».
L’histoire n’est pourtant pas celle d’un retraité découvrant la philanthropie. Elle est celle d’un fils d’immigrés polonais qui grandit avec la conviction que sa place devra se gagner. « Je me suis pris en charge à 14 ans », raconte-t-il. Très jeune, il multiplie les petits boulots. L’un d’eux raconte déjà le personnage. Pour décrocher un emploi de serveur dans une grande brasserie d’Annecy, il assure avoir travaillé au Moulin Rouge. C’est faux. Quinze jours plu…