Start-up prometteuse sur le marché des vélos à assistance électrique (VAE), Vebo a été placée en liquidation judiciaire par le tribunal de commerce de Lille-Métropole. Le jugement a été rendu le 20 juillet, et la date de cessation des paiements fixée au 31 mai 2026. L’annonce de cette procédure a de quoi surprendre alors que la société nanto-lilloise avait fait savoir, au mois de janvier, qu’elle renforçait son maillage territorial avec le déploiement d’un réseau de revendeurs partenaires.
Créée en 2024 après deux ans de R&D et une première levée de fonds de 360 000 euros fin 2023, Vebo avait débuté sa phase d’industrialisation et livré, fin 2025, 400 exemplaires de son boîtier destiné à transformer les vélos musculaires en vélos électriques. Entreprise à mission, Vebo a développé un moteur amovible écoconçu avec 70 % de matières premières issues du réemploi. Fabriqué en France, le dispositif est réparable et ne contient qu’une quinzaine de composants. Ainsi, son bilan carbone affiche un résultat quatre fois inférieur à celui d’un VAE classique et son tarif, de 580 euros, est trois fois moins élevé que celui d’un vélo électrique neuf.
Malgré ces atouts et la cohérence de sa proposition, Vebo n’a pas réussi à trouver son marché. L’entreprise a fait savoir sur LinkedIn qu’elle avait été confrontée à des « difficultés trop importantes pour pouvoir engager une deuxième série ». À nos confrères de Transition Vélo, Grégory Delemazure, cofondateur, explique que l’innovation Vebo n’aura pas suffi à pallier les difficultés que pose le segment du kit de conversion au sein du secteur du VAE, « une filière historiquement structurée autour du vélo neuf ». D’autre part, la société aurait souffert d’une montée trop lente en volume, qui aurait permis d’amortir « les coûts de développement, d’industrialisation et de structure ». Le modèle aurait enfin pâti des exigences saisonnières du secteur, obligeant l’entreprise à provisionner un important besoin en fonds de roulement. Vebo a annoncé qu’elle travaillait avec le liquidateur judiciaire pour étudier, jusqu’à mi-septembre, d’éventuels projets de reprise.
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