Dans les allées de VivaTech, les innovations se succèdent à un rythme effréné. Un robot humanoïde serre des mains. Quelques mètres plus loin, une intelligence artificielle génère une vidéo en quelques secondes. Sur les scènes du salon, l’horizon se compte souvent en décennies. Cette année, Jeff Bezos y a réaffirmé son ambition d’installer une présence durable sur la Lune malgré les déboires récents de la fusée New Glenn. À quelques mètres de là, investisseurs, industriels et entrepreneurs débattent d’intelligence artificielle, de robotique ou d’informatique quantique. Pendant quatre jours, Paris se transforme en laboratoire grandeur nature des technologies qui prétendent façonner l’économie de demain.
Le spectacle est impressionnant. Mais il ne raconte qu’une partie de l’histoire. Car VivaTech n’est pas né pour exposer des technologies. Lorsque Maurice Lévy, alors à la tête de Publicis, lance l’événement avec le groupe Les Échos-Le Parisien en 2016, l’ambition est d’abord économique. D’un côté, des start-up riches d’idées, mais qui peinent souvent à accéder à leurs premiers clients. De l’autre, des grandes entreprises engagées dans leur transformation numérique, dotées de moyens considérables, mais à la recherche de nouvelles solutions. Le salon se construit autour de cette rencontre.
Dix ans plus tard, cette mécanique reste au cœur de l’événement. Derrière l’effervescence et les annonces spectaculaires, VivaTech demeure un immense marché où se négocient des contrats, des partenariats, des financements et parfois les trajectoires futures de jeunes entreprises. « Nous sommes les meilleurs pour le business de l’innovation et l’innovation pour le business », résumait récemment François Bitouzet, directeur du salon.
Le succès du rendez-vous repose largement sur cette promesse. En une décennie, sa fréquentation a plus que quadruplé, passant de 45 000 visiteurs lors de la première édition à 200 000 en 2026. Pour son dixième anniversaire, VivaTech a réuni plus de 15 000 start-up et accueilli plus de 4 500 exposants, dont 61 % d’internationaux, sur 70 000 m2 d’exposition.
Pour les territoires, l’enjeu dépasse désormais la simple visibilité. Chaque région arrive avec ses entreprises, ses filières d’excellence et ses ambitions économiques. Toutes poursuivent la même quête : identifier les sociétés susceptibles de devenir les leaders de demain et leur donner les moyens de franchir les étapes qui séparent une innovation prometteuse d’une entreprise capable de peser sur son marché. C’est précisément dans cette perspective que les Pays de la Loire ont investi le salon parisien. Sur le pavillon régional, une trentaine d’entreprises se partage l’espace. Certaines développent des infrastructures cloud souveraines. D’autres travaillent sur la robotique industrielle, l’optimisation énergétique, la santé ou l’intelligence artificielle appliquée aux usages professionnels. À première vue, leurs activités semblent éloignées les unes des autres.
Pourtant, un même défi les rassemble. Toutes ont déjà franchi la phase de l’idée. Beaucoup ont validé leur technologie. Certaines ont signé leurs premiers contrats. Le plus difficile commence maintenant : conquérir des marchés, changer d’échelle, recruter, industrialiser, exporter. Autrement dit, transformer une innovation en activité économique durable.
Là où les idées rencontrent les marchés
Pour la Région Pays de la Loire, la présence à VivaTech ne se résume pas à l’occupation d’un stand pendant quatre jours. Elle s’inscrit dans une stratégie économique plus large qui renforce la capacité d’innovation des entreprises du territoire et à accélérer leur développement. « Nous ne sommes pas juste là pour donner des Pass et louer un stand », insiste Constance Nebbula, vice-présidente de la Région. L’accompagnement commence plusieurs mois avant l’ouverture du salon. Un appel à candidatures est lancé auprès des entreprises innovantes des cinq départements. Les projets retenus bénéficient ensuite d’un travail de préparation associant les équipes régionales, les technopoles et les réseaux French Tech. Construction du pitch, identification des interlocuteurs à rencontrer, mise en relation avec des partenaires potentiels : l’objectif consiste à transformer quatre jours de présence en opportunités commerciales.

Constance Nebbula, vice-présidente de la Région Pays de la Loire – présidente d’Open Data France. ALBERTO RODRIGUEZ PEREZ – IJ
Dans l’économie de l’innovation, les technologies seules ne suffisent pas si elles ne rencontrent pas leurs marchés. C’est autour de cette idée que la Région a renforcé son soutien à l’innovation. Entre 2025 et 2028, elle prévoit de mobiliser 300 millions d’euros pour accompagner les entreprises dans leurs phases de développement, depuis l’expérimentation jusqu’à l’industrialisation et l’export. Mais l’argent n’explique pas tout. « Notre rôle est d’être un tiers de confiance », souligne Constance Nebbula. « VivaTech représente une formidable source d’opportunités, mais aussi un environnement dans lequel il est facile de se disperser. »
Cette fonction d’intermédiation s’appuie sur une caractéristique souvent mise en avant par les acteurs économiques régionaux : la…