Couverture du journal du 12/04/2024 Le nouveau magazine

Les entreprises engagées sensibilisent à l’inclusion

Nombre de structures se sont déjà engagées dans une démarche inclusive. Pour renforcer leur visibilité et soutenir les initiatives locales, le club RH de l'IUT de Saint-Nazaire, en partenariat avec “Les Entreprises s'engagent - Club de Loire-Atlantique” et Saint-Nazaire Agglomération, a organisé une soirée dédiée à cette thématique le 22 février, au sein d’Airbus Atlantic.

© Karine Limouzin – IJ

« L’objectif est d’être plus efficient en matière d’inclusion en milieu industriel », a annoncé d’emblée Florence Olivier, directrice du site Airbus Atlantic, hôte de l’événement. Former inclusif, acheter inclusif, innover inclusif : tel était le leitmotiv de cette soirée animée par Yves-Olivier Lenormand, responsable des relations institutionnelles chez l’avionneur et par ailleurs animateur de l’antenne départementale des « Entreprises s’engagent« . Des écoles aux Esat, des associations aux entreprises adaptées, une quinzaine d’acteurs locaux se sont ainsi réunis pour mettre au jour les initiatives et opportunités d’emploi en matière d’inclusion, permettant de mailler le territoire et d’inciter les entreprises dites “classiques” à intégrer une démarche inclusive dans leur quotidien. 

« Nous fonctionnons comme n’importe quelle entreprise »

DSI Atlantique en est un exemple probant. Implantée à Lavau-sur-Loire depuis 2016, cette entreprise adaptée de 1 200 salariés dans l’Hexagone (dont 78 % en situation de handicap), fondée en 1996 à Toulouse, « fournit le même service en sous-traitance que n’importe quelle autre entreprise », a assuré Christophe Mairesse, directeur de la région Atlantique. Même constat pour Saprena, spécialisée dans les services aux entreprises dont le siège est à Bouaye. Forte de 490 salariés, dont 67 % en situation de handicap, cette Société coopérative d’intérêt collectif (SCIC), en croissance à deux chiffres ces trois dernières années (18 M€ de CA en 2023), s’est donné pour mission « d’aider [ses] salariés à trouver un nouveau parcours professionnel quand ils ont eu notamment un accident de la vie », témoigne Estelle Gouin Becam, sa DRH. Inaptitude à un poste ne rime donc pas avec incapacité de travail et l’entreprise l’a bien compris en adaptant les conditions de travail selon les besoins. « Tous nos salariés sont autonomes et nous ne faisons pas de différence, nous fonctionnons nous aussi comme n’importe quelle entreprise », souligne Alexandra Miailhe, directrice générale de Saprena. 

« Un candidat = un projet »

Côté recrutement, « oui, ça peut prendre plus de temps, car les personnes, pour certaines, ne sont pas habituées à se vendre ou n’ont pas toujours de CV, mais nous formons nos managers dans leur posture au recrutement. Et une fois dans leur service, toutes reçoivent de la part des équipes beaucoup d’empathie et de bienveillance », appuie Estelle Gouin Becam, surnommée dans l’entreprise “directrice des richesses humaines”. Elle résume ainsi l’équation : « Un candidat = un projet. » À La Ruche, réseau d’incubateurs à impact installé à Saint-Nazaire, Philippe Fintoni œuvre en ce sens également, en utilisant « l’entrepreneuriat comme vecteur d’inclusion et d’insertion de personnes en situation de handicap », mais aussi de tous « publics sous-représentés comme les personnes vivant du RSA, les seniors, les femmes… ». Bref, une inclusion au sens large.