Cinq minutes pour convaincre, cinq autres pour répondre aux questions d’un jury d’investisseurs. À la Maison de l’entrepreneuriat et des transitions, à Saint-Herblain, les présentations s’enchaînent, ce jeudi 15 octobre. Derrière les quelques diapositives projetées, des mois, parfois des années de travail. Au fil des échanges, les mêmes enjeux émergent : premiers clients, traction commerciale, viabilité du projet… À Start West, chaque minute compte. Rendez-vous historique du financement de l’innovation dans le Grand Ouest, l’événement ressemble à une véritable fourmilière. On y vient pour lever des fonds, repérer des innovations, confronter un modèle économique à des regards extérieurs ou simplement élargir son réseau. Les échanges peuvent mettre des mois à prendre vie. Mais pour ces dirigeants, absorbés par la mise en orbite de leur start-up, l’occasion de rencontrer autant d’interlocuteurs en une journée est précieuse.
Créé en 2001, Start West signe son retour dans le calendrier ligérien de l’innovation et du financement, après deux ans d’absence. La CCI Nantes St-Nazaire en reprend l’organisation, aux côtés de Nantes Atlantique Place Financière (NAPF). Pour Bertrand Macé, élu représentant la chambre consulaire, il était essentiel « d’éviter une rupture durable et de maintenir l’accès des entreprises aux investisseurs ». À l’affiche de cette édition, 28 entreprises prêtes à défendre leur potentiel. Parmi elles, la start-up nazairienne Zeni, dirigée par Jean-Michel Pommet, développe une technologie de traitement et de recyclage des eaux industrielles à partir de microalgues. Après avoir testé une trentaine d’effluents, la jeune pousse recherche 4 millions d’euros pour accélérer son déploiement industriel. « Notre technologie va permettre aux industriels de décarboner leur activité et d’atteindre une qualité d’eau suffisante pour la réutiliser dans leurs procédés », explique Jean-Michel Pommet, lauréat du prix « Cleantech & Énergie » 2026.

Les 28 start-up sélectionnées affichent des besoins de financement allant de 200 000 euros à 15 millions d’euros, selon les projets et leur stade de développement. CCI NANTES – ST NAZAIRE
Dans le nautisme, Yuniboat, fondée par Thierry Boussion, espère lever 1 million d’euros pour industrialiser la remise en état et la modernisation de bateaux de plaisance et professionnels, en privilégiant le réemploi de leurs composants. Il souhaite créer une usine 4.0 à Port Lavigne, près de Nantes, avec l’ambition de traiter à terme 500 bateaux par an, pour 9,5 millions d’euros de CA et 65 emplois. Dans l’agroalimentaire, Mycfoods, dirigée par Laetitia Pierazzi, développe des aliments à partir de mycélium et souhaite mobiliser 1,5 million d’euros pour financer une première unité de production préindustrielle, après cinq années de recherche et développement.
Pour Joslain Brisseau, cofondateur de Qwintal, à Verrières-en-Anjou, le passage à l’échelle industrielle constitue précisément le défi. Après quinze années dans l’industrie, il a conçu des solutions connectées (boîtier et tapis de pesée) permettant aux éleveurs de suivre la prise de poids de leurs animaux, un indicateur essentiel pour adapter leur alimentation et maîtriser les coûts. « Nous avons déjà identifié un partenaire industriel, mais il faut mettre de l’argent sur la table », explique l’entrepreneur. Après avoir réuni 300 000 euros en « friends and family », un montant doublé grâce au programme France 2030 dont elle a été lauréate, Qwintal compte lever 700 000 euros. Son parcours illustre la complémentarité entre les apports privés et les financements publics. Mais la recherche de nouveaux fonds se heurte à une sélectivité accrue…
Découvrez le Dossier : [ Grand Angle ]