Couverture du journal du 01/07/2024 Le nouveau magazine

Saison Figaro : Pep Costa est sur le pont

Absent du circuit Figaro l’an passé, Pep Costa signe en 2024 son retour. Soutenu par l'IJ, il compte bien être présent, en plus de la partie équipage du circuit, sur la partie solitaire. Pour cela, il est en quête de partenaires.

Pep Costa

© QAPTUR / Terravia

Votre dernière participation à la Solitaire du Figaro remonte à 2022. IJ vous avait alors suivi(1). Pouvez-vous revenir sur l’année 2023 ?

L’année dernière, j’ai dû quitter le circuit Figaro parce que réussir à trouver des partenaires s’est avéré compliqué. Malgré tout, j’ai eu la chance de naviguer sur beaucoup d’autres bateaux très intéressants et j’ai pu faire de très belles courses, notamment en Class40 et Oceanfifty. J’ai donc beaucoup appris. Mais j’avais dans un coin de ma tête l’idée de revenir en Figaro. À la toute fin de l’année dernière, le pôle d’entraînement Orlabay, à La Trinité-sur-Mer, m’a proposé d’être skipper d’un Figaro 3 avec un équipage mixte, pour aller participer au Tour Voile, une régate qui a lieu du 26 juin au 14 juillet, avec de belles ambitions. Le Tour Voile fait partie du circuit Figaro, qui se compose d’une partie solitaire, celle que l’on connaît le plus, et d’une partie équipage. Le calendrier permet de faire les deux circuits.

2024 marque donc votre retour dans le circuit Figaro !

Cette année, ce qui est sûr, c’est que je vais faire la partie équipage avec le Tour Voile. J’ai un bateau avec du matériel, un super groupe, et je vais aussi pouvoir utiliser le bateau pour les courses en solitaire. Cela matche parfaitement en termes de dates : le Tour Voile est un mois avant le début de la Solitaire du Figaro. Le deal est donc intéressant parce que le fait qu’un grand nombre de choses soient déjà incluses avec le projet équipage rend le projet solitaire beaucoup plus faisable d’un point de vue économique. Pour faire ma saison solitaire, je recherche quatre fois moins d’argent que lors d’une saison normale.

Quel est le montant recherché d’habitude ?

Normalement pour la partie solitaire, entre le bateau, les voiles, un préparateur, des frais de logistique, les inscriptions, une saison Figaro type, c’est autour de 250 k€. Et cette fois, ma partie solitaire ne représente “que” 60 k€. Sans cela, revenir au Figaro aurait été très compliqué, parce qu’essayer de faire une belle saison et être performant, cela coûte beaucoup d’argent.

Qu’est-ce-qui est difficile dans un tel projet ?

Trouver autant d’argent est compliqué. Il est difficile de connaître autant de monde à qui aller proposer un tel projet. C’est la partie la plus compliquée mentalement parce que, si tu n’as pas énormément de réseau, quand tu épuises tes pistes, il faut savoir en créer de nouvelles. Avec ce super projet qui m’a été proposé, j’ai l’occasion de relancer les partenaires historiques et d’essayer de réunir ces 60 k€ dont j’ai besoin pour faire du solitaire. J’ai bon espoir de pouvoir continuer avec ces deux ou trois partenaires historiques qui peuvent me permettre de me lancer sur le solitaire, le temps de trouver un partenaire un peu plus conséquent pour finaliser la dernière grosse moitié.

Pep Costa

En 2022, Pep Costa participait au circuit Figaro, avant d’en être absent en 2023. 2024 marque son retour. © QAPTUR / Terravia

Comment fonctionnent les partenariats ?

J’ai trois niveaux de partenariats, le premier étant à 5 k€, le deuxième à 10 k€, puis un partenaire titre à au moins la moitié du budget de 60 k€. Cela permet de proposer différents types de partenariats, avec des visibilités différentes. Comme je n’ai que 60 k€ à trouver, je peux offrir à un partenaire à 5 k€ beaucoup plus de visibilité que ce que j’offrais pour ce même montant pour un budget classique de 250 k€. Dans un projet classique, la plupart du temps, un partenaire à 10 k€ n’est même pas affiché sur le bateau. Sur mon projet, avec 10 k€, le partenaire est sur la grand-voile, sur la coque. C’est pour cela que j’essaie de le faire connaître à des entreprises pour qu’elles me rejoignent.

En dehors de la visibilité sur le bateau, quels sont les bénéfices pour les entreprises partenaires ?

C’est aussi une visibilité sur Internet, les réseaux sociaux et aussi et surtout le partage avec les salariés. Nous avons la chance d’avoir un bateau à notre disposition, donc c’est important pour moi de faire naviguer les personnes des entreprises qui me soutiennent pendant l’année et faire partager la passion de la mer. Elles peuvent ainsi se rendre compte de ce que l’on fait, des efforts que cela demande, de comment ça marche, de ce qu’est une journée type… Après les courses, il y a aussi un partage d’expérience au siège des entreprises pour un retour en photos et en vidéos sur la saison.

Que recherchent les entreprises en vous soutenant ?

C’est d’abord un projet sportif de très haut niveau, avec toutes les valeurs du sport et de la mer, de l’engagement, du dépassement de soi. Les entreprises vont chercher à créer une histoire, un lien avec le projet. Cela représente également une bouffée d’oxygène par rapport à la vie de tous les jours, compliquée à trouver ailleurs. Enfin, cela devient le projet d’une entreprise : comment elle s’implique toute une saison, vient aux courses et partage les exploits du sportif…

En ce qui me concerne, l’un de mes atouts est de n’avoir que 24 ans : je suis très jeune pour ce sport. Nous avons la chance d’avoir une carrière de marin très longue. Le footballeur, à 30 ans, est vieux. Un marin, à 30 ans, n’est même pas au summum de sa carrière, qui peut durer 30 ans. J’en suis aux débuts, avec déjà des bases qui sont assez fortes. Voilà pourquoi j’aimerais pouvoir embarquer des sponsors sur le temps long. Communiquer avec un athlète pendant 30 ans, je ne sais pas si c’est quelque chose qui se fait beaucoup en dehors de la voile !

 

(1) Voir nos “Carnets de bord“ dans les numéros 7109, 7110, 7111, 7112, août et septembre 2022.