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Arts Martiaux Mixtes à Nantes : « Un premier coup gagnant »

Trois ans après la légalisation des arts martiaux mixtes en France (MMA), un premier gala réunissant une partie de l’élite mondiale de la discipline était organisé à la H Arena de Nantes le 7 septembre dernier. L’occasion d’évoquer les retombées économiques et médiatiques de l’événement avec Jérôme Pourrut, co-président d’Hexagone MMA, co-organisateur de la soirée.

Le premier gala de MMA organisé à Nantes a attiré 4750 personnes, le 7 septembre dernier.© IJ

Quel bilan dressez-vous de ce premier gala d’arts martiaux mixtes (MMA) à Nantes ?

Il est extrêmement positif. On avait fait le pari avec la H Arena de proposer le premier gala de MMA professionnel de l’histoire de Nantes, le 7 septembre. Il s’avère que c’est un coup gagnant avec 4 750 places vendues. Pour une première soirée consacrée à la discipline, ça place le curseur assez haut. Nous sommes très contents de la manière dont la soirée s’est déroulée, mais aussi de l’accueil par le public, les médias, les sponsors locaux…

Entre les membres de l’organisation, la sécurité, les arbitres, les juges, les combattants, les coachs, les médecins (…), c’est un écosystème de près de 250 personnes qui a travaillé autour de l’événement.

Pourquoi avoir choisi Nantes pour accueillir le gala ?

D’abord parce que c’est une ville où il y a des combattants qui performent à l’échelle internationale, notamment Amin Ayoub et Malik Abdouraguimov. Ensuite, car c’est vraiment une terre de sports de combat. Enfin, car on cherche à proposer du MMA là où on ne l’attend pas. Nantes rentrait parfaitement dans ce cadre puisqu’aucun événement consacré à la discipline n’avait jamais eu lieu.

 

« On cherche à proposer du MMA là où on ne l’attend pas. Nantes rentrait parfaitement dans ce cadre. »

 

Quelles ont été les retombées de ce premier événement ?

Les 4 750 places vendues ont forcément généré des retombées pour l’économie locale, puisqu’une partie du public est venue de loin. L’événement a également été bénéfique à la ville en termes d’image, puisqu’elle a bénéficié d’un coup de projecteur sur le plan médiatique. En effet, l’événement a été couvert par les journalistes de la presse locale mais aussi diffusé en direct sur RMC Sport.

Nous avons également bénéficié d’une large couverture internationale via notre partenaire Dazn, une plateforme en ligne qui diffuse des contenus sportifs en streaming dans plus de 150 pays. Nous étions aussi diffusés en Angleterre sur la plus grande chaîne de sport, TNT Sport. En termes de construction et de stratégie de marque, avoir une telle diffusion au bout de deux ans d’existence est une preuve de grande maturité.

 

Jérôme Pourrut, cofondateur de l’organisation Hexagone MMA. ©Hexagone MMA

Jérôme Pourrut, cofondateur de l’organisation Hexagone MMA. ©Hexagone MMA

 

Quelles entreprises locales étaient partenaires de la soirée ?

C’est l’équipe de la H Arena qui était en charge des sponsors. Ça a été un succès car elle a réussi à entraîner dans l’aventure de nombreux partenaires locaux : le centre commercial Beaulieu, le Ruin Bar (Bouffay), FranceAutoHauss44… On a également été sollicités par de nombreuses entreprises du territoire qui ont souhaité réserver des tables VIP pour le gala. Globalement, tout le monde semble avoir vraiment apprécié la soirée.

 

Est-ce que pour les combattants locaux, le gala était l’opportunité de se faire repérer par des entreprises locales ?

Tout à fait. D’ailleurs, un des objectifs de notre ligue est de construire un écosystème économique solide, qui permette à toutes les parties prenantes de gagner de l’argent. Et

d’ici deux ou trois ans, on dissuadera ainsi nos combattants de partir à l’Ultimate Fighting Championship UFC (organisation américaine de la discipline la plus prestigieuse au monde actuellement, NDLR).

Je peux vous garantir que si les combattants touchent les mêmes sommes qu’à l’UFC avec plus de sponsors, ils n’auront plus aucune raison d’aller combattre pour cette organisation dont les combats sont diffusés la nuit, pendant que le public français dort.

 

Les combats se déroulent dans une cage en forme d’octogone, où sont autorisés coups de pied, poing, genou et coude, mais aussi étranglements et autres clés d’immobilisation.

Les combats se déroulent dans une cage en forme d’octogone, où sont autorisés coups de pied, poing, genou et coude, mais aussi étranglements et autres clés d’immobilisation. ©IJ

 

Le gala de Nantes était le 11e événement d’Hexagone MMA en France. Quelle est votre stratégie de développement sur le plan national ? 

Notre objectif est non seulement de proposer du beau spectacle dans de belles salles pour faire en sorte que le MMA sorte des clichés, mais aussi d’offrir à l’ensemble du public français la possibilité d’aller voir des combats de qualité pas loin de chez eux.

« Nous sommes vraiment dans l’idée de construire quelque chose sur la durée. »

Après ce premier succès, y aura-t-il à Nantes d’autres événements MMA ?

Bien entendu, l’objectif est que ce genre d’événement devienne récurrent. Nous sommes vraiment dans l’idée de construire quelque chose sur la durée. D’un point de vue économique, on est sur une phase d’investissement, où il faut convaincre les gens et mouiller la chemise, à l’image des sportifs. On est en train de bâtir nos fondations. Une fois celles-ci bien établies, on fera débarquer le MMA dans des stades de 20 000 personnes.

Quel regard portez-vous sur le développement du MMA en France ?

On assiste à une évolution exponentielle : le MMA est devenu en quelques années une discipline capable de toucher les masses. Avant qu’il soit légalisé en 2021, le MMA était, aux yeux des Français, juste de la bagarre. Quand il a été autorisé, toutes les questions des journalistes tournaient autour du cadre de la discipline, ses règles, et l’utilisation d’une cage plutôt qu’un ring. Depuis, il y a eu un vrai travail d’explication et de communication de la part des organisateurs comme des combattants. Ce qui fait qu’aujourd’hui, on se focalise désormais sur la performance sportive.

Au niveau fédéral, le sport commence également à être bien structuré. Et au niveau de Hexagone MMA, tout est clairement réfléchi pour permettre à la discipline d’avoir sa place dans le paysage sportif français. Le MMA a un potentiel de développement énorme en France et il deviendra selon moi un sport olympique en 2028. Et vu le vivier de talents tricolores, la France aura de grandes chances de médailles.

 

Le MMA : un sport de combat associant plusieurs disciplines

Légalisé en France début 2020 par la ministre des Sports, le MMA (arts martiaux mixtes) est un sport de combat associant plusieurs disciplines, allant du judo à la boxe thaï, en passant par le ju-jitsu ou la lutte. Les combats se déroulent dans une cage en forme d’octogone, où sont autorisés coups de pied, poing, genou et coude, mais aussi étranglements et autres clés d’immobilisation. Le vainqueur est désigné par KO, décision des juges ou soumission.

Le MMA (arts martiaux mixtes) est un sport de combat associant plusieurs disciplines, allant du judo à la boxe thaï, en passant par le ju-jitsu ou la lutte. ©IJ

Le MMA (arts martiaux mixtes) est un sport de combat associant plusieurs disciplines, allant du judo à la boxe thaï, en passant par le ju-jitsu ou la lutte. ©IJ