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L’usine Étoile fait rayonner le Pays de Fontenay

Pépite architecturale au style rétro-futuriste, l’usine Étoile s’est offert une cure de jouvence plus de cinquante ans après sa création. L’ancien site industriel imaginé par l’artiste Georges Mathieu a été entièrement rénové pour devenir un espace dédié à l’innovation, à l’évènementiel et à la culture. Résolument tourné vers l’avenir, le lieu a pour vocation de participer au renouveau économique du Sud Vendée.

usine étoile

Construit dans les années 1970, l'édifice atypique en forme d'étoile à sept branches s'étend sur 2 117 m². Photo Bureau Curare

Il y a quinze ans, en pleine crise financière, le pays fontenaysien vivait un moment douloureux avec la perte d’un millier d’emplois directs et indirects liés au départ de SKF et à la liquidation de Plysorol. « Perdre autant d’emplois en l’espace d’un an, ça laisse forcément des traces. Toutefois, cet épisode appartient désormais au passé. Et aujourd’hui, on se relève », indique Michel Héraud, vice-président du Pays de Fontenay-le-Comte. « Ces dernières années, les entreprises et les collectivités ont effectué un réel travail de fond pour retrouver le dynamisme que l’on observe aujourd’hui. » L’élu est aussi vice-président de l’agence d’attractivité Vendée Grand Sud créée en 2022 qui s’est fixé pour mission de renforcer le développement économique et touristique du sud du département.
« En faisant le lien entre passé et futur, la réouverture de l’usine Étoile est l’un des symboles de ce renouveau », ajoute Michel Héraud. « Ce projet de réhabilitation est par ailleurs totalement dans l’air du temps. En effet, il répond parfaitement à notre volonté de préserver notre foncier, conformément aux objectifs de la Loi Zan (Zéro artificalisation nette, NDLR). »


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Un endroit qui casse les codes de l’architecture industrielle

Un peu plus d’un an et demi de travaux ont été nécessaires pour redonner de l’éclat à cet édifice atypique construit au début des années 1970 au sud de la ville de Fontenay-le-Comte. Classé monument historique, le site en forme d’étoile à sept branches, d’une superficie de 2 117 m², est le seul bâtiment industriel au monde à avoir été conçu par un artiste-peintre. Considéré comme le père de l’abstraction lyrique et disciple de Dalí, Georges Mathieu avait répondu à une commande de son ami Guy Biraud. L’industriel vendéen, fondateur de BC Transfo, devenu BCV Technologies, avait laissé carte blanche à l’artiste, pour la création d’une usine de transformateurs électriques. Georges Mathieu a alors cherché à casser les codes de l’architecture industrielle, et à promouvoir un certain art de vivre sur le lieu de travail, en imaginant un bâtiment asymétrique, entouré de 450 mètres linéaires de vitres, offrant une vue imprenable sur un jardin de 8 000 m².

1,5 million d’euros de travaux pour garder l’ADN du lieu

Au début des années 1980, le site a été racheté par Jean-Michel Poupeau, fondateur des entreprises Horanet et Horoquartz, spécialisées dans la gestion des équipements des collectivités locales. En 2019, après le déménagement de ces deux sociétés à proximité, il a décidé de conserver l’usine mais en laissant les locaux vides. Pour rénover le lieu devenu vétuste, l’ancien capitaine d’industrie aujourd’hui à la retraite, a déboursé 1,5 million d’euros dont quatre cent mille euros pour le remplacement des vitres.
C’est à Pierre-Antoine Oury, dirigeant de l’agence de communication Bureau Curare, qu’il en a confié la maîtrise d’ouvrage. « Passionné d’art, j’ai découvert ce lieu en 2020 pour y produire un opéra en plein air. Un an plus tard, notre société a été la première à reprendre possession des lieux. Lorsque Jean-Michel Poupeau m’a demandé d’écrire un nouveau chapitre de l’histoire de l’usine Étoile, je n’ai pas hésité. » Locataire des lieux, le dirigeant a ainsi pris en main le réaménagement des locaux pour y créer un tiers-lieu destiné à accueillir les acteurs économiques du territoire, tout en poursuivant le développement de sa propre entreprise. Il est aussi chargé de la gestion d’exploitation du site.

Usine étoile

Jean-Michel Poupeau, fondateur des entreprises Horanet
et Horoquartz, et propriétaire de l’usine Étoile. Photo Alexandrine DOUET-IJ

Évènementiel corporate et pépinière d’entreprises

S’étalant sur deux niveaux, les espaces ont été entièrement redéfinis et redécorés avec des lignes épurées et un mobilier au design « seventies », clin d’œil aux origines des lieux. Pour un effet waouh dès l’entrée, le visiteur se retrouve nez à nez avec un escalier blanc spectaculaire aux marches rétro-éclairées réalisé par Culture d’Objet, entreprise fontenaysienne spécialiste des décors de luxe. Au premier étage se trouve désormais un espace baigné de lumière de plus de 300 m² comprenant une salle de conférences, ainsi qu’un bureau où Jean-Michel Poupeau a déposé quelques souvenirs personnels. Le cœur de l’usine où était installé autrefois une ligne de production d’une centaine de mètres de long, a été transformé en lounge inspiré des salons Air France des années 1970, et en studio photo XXL. « Le site peut accueillir jusqu’à 199 personnes. On est loin de la jauge d’un centre de congrès, mais notre équipement répond parfaitement aux besoins du secteur où l’hôtellerie est peu développée. Nous jouons la carte de l’exception. L’usine Étoile est un lieu atypique qui invite à la collaboration et à l’inspiration. Nous disposons aussi de petits espaces dédiés par exemple au coworking », précise Pierre-Antoine Oury

En parallèle, le site abrite une pépinière d’entreprises où travaille une vingtaine de personnes. Depuis l’arrivée de l’agence Bureau Curare en 2021, six autres structures sont progressivement venues s’y installer. Parmi elles, Legloire conception, constructeur de voitures de course à propulsion hydrogène pour enfants, Kao Chimigraf qui commercialise des produits pour les encres d’impression, ou encore la Fédération des syndicats de marais du Marais Poitevin.

Appel aux mécènes pour restaurer les jardins

À noter qu’une campagne de financement a été lancée par la Fondation du Patrimoine pour restaurer les jardins labellisés « Architecture contemporaine remarquable » par le ministère de la Culture. Objectif : réunir 160 000 €. « Outre l’aspect économique, l’usine Étoile est aussi l’occasion pour notre territoire de rayonner sur le plan culturel. Cette année encore, nous soutenons le festival “Ose” qui va se tenir fin août, au cœur du parc de 8 000 m². » 3 000 spectateurs sont attendus pour applaudir notamment la comédienne Agnès Jaoui, tête d’affiche de cette cinquième édition.