Couverture du journal du 25/11/2022 Consulter le journal

Les industriels vendéens transforment leurs déchets de polystyrène en poufs

A la Roche-sur-Yon, un pool d'industriels mutualise la collecte et la valorisation de leurs déchets de polystyrène sur leur zone d'activité. 10 tonnes de déchets ont été transformées en coussin. Ils veulent étendre l'expérience à d'autres partenaires et d'autres déchets et portent un projet de magasin de réemploi dédié aux professionnels.

polystyrene recyclé (c) Cotton Wood

Polystyrène recyclé (c) Cotton Wood

Basés sur la zone d’activité Nord de la Roche-sur-Yon, cinq industriels ont mutualisé la collecte de leurs déchets de polystyrène. Membres de l’association Ruptur, qui promeut par l’exemple une économie plus vertueuse, les sociétés vendéennes Cougnaud (bâtiments modulaires), Herige (matériaux de construction), Vendée fluide énergie (énergies), Simab (peintures) et Turquand (électricité) ont débuté l’expérience en juin 2020. Depuis la mise en place effective de l’opération, 10 tonnes de ce matériau, dont l’enfouissement était jusqu’à présent le seul débouché ont été revalorisées. Ensemble, ils ont créé une nouvelle filière de valorisation de proximité. Le polystyrène permet de garnir des poufs, coussins et poires.

Une chaîne de valorisation de proximité

Collectés en big bag dans les entreprises, les déchets de ce matériau, issu d’emballages et pièces de calage, sont transportés par l’entreprise d’insertion yonnaise Trait d’Union chez Vendée Polystyrène, à Saint-Martin-des-Noyers. Là, le polystyrène est nettoyé et transformé en billes. Il est ensuite utilisé par Cotton Wood, à Payré, entreprise des Deux-Sèvres spécialiste des « beanbags » et qui fait travailler en sous-traitance 25 salariés handicapés d’un Esat pour fabriquer les coussins. D’autres entreprises devraient se rallier à cette nouvelle filière en 2022. « Maintenant que l’expérience a prouvé qu’elle était viable, nous allons sensibiliser les autres entreprises de la zone au premier semestre 2022″, indique Stéphanie Arnoux-Perrotin, directrice de l’association Ruptur.

Étendre l’expérience à d’autres matériaux en 2022

« Nous allons aussi nous intéresser à d’autres matériaux et constituer un pool d’entreprises étendu sur la zone et les zones immédiatement à proximité ». Au total une vingtaine d’entreprises pourraient être concernées à Belleville-sur-Vie, Aizenay et Dompierre-sur-Yon. Le groupe de travail dédié chez Ruptur a inventorié une dizaine de matériaux pas ou mal recyclés dont certains types de plastiques dont le polypropylène qui part à la benne, le bois car le petit volume généré par chaque industriel est mis au tout venant en déchetterie et le plâtre issu des déchets de bâtiment.

Les industriels engagés dans la démarche veulent aller encore plus loin. Il réfléchissent à un modèle qui permette non seulement de réduire les déchets à la source, de les trier et de les recycler mais aussi de réutiliser les matériaux. Le groupe de travail planche sur la création d’un magasin professionnel permettant de réemployer les matériaux. « Une sorte de ressourcerie mais alimentée par les professionnels et pour les professionnels », précise Stéphanie Arnoux-Perrotin. Reste à trouver un modèle économique viable et un lieu pour accueillir ce magasin. L’association va aussi mettre les collectivités dans la boucle.