Couverture du journal du 01/07/2022 Consulter le journal

Le Palais de Justice de Nantes va s’agrandir

L’agence d’architecture nantaise Mabire-Reich a été retenue pour réaliser l’extension du Palais de justice de Nantes inauguré il y a 22 ans, qui accueillera le Tribunal de commerce, le Conseil des prud’hommes et le greffe du pôle social du Tribunal de grande instance à l’horizon 2026.

Nantes

Un nouveau patio intérieur sera créé avec en son centre un arbre symbole de justice © ARTEFACTORYLAB

Le long de la rue La Noue-Bras-de-Fer, à l’arrière du Palais de justice de Nantes, une réserve foncière a été prévue dès l’origine pour permettre un agrandissement. Planté d’arbres qui ont aujourd’hui plus d’une vingtaine d’années, cet espace va permettre de donner une nouvelle dimension à l’équipement judiciaire. Cinq candidats ont été sélectionnés par le ministère de la Justice qui, au final, a choisi de confier le projet à l’agence nantaise dirigée par Antoine Mabire et Marie-Hélène Reich qui se trouvaient en lice, notamment, avec une équipe du cabinet Jean Nouvel.

Cette agence nantaise a déjà réalisé de nombreux équipements publics, notamment l’école Aimé Césaire sur l’Île de Nantes. Cette extension de 3 500 m² d’un coût estimé à 9 M€ hors taxes doit être livrée en 2026. Le chantier devrait débuter en 2024. « Le programme portait sur l’agrandissement des bureaux du tribunal de grande instance en regroupant sur le même site le tribunal de commerce et le conseil des prud’hommes qui étaient sur d’autres sites le long de la Loire », explique Antoine Mabire.

DANS LA LOGIQUE DE JEAN NOUVEL

« Nous nous sommes appuyés sur cette demande pour inscrire le projet dans le grand paysage de la ville et en organisant la partie publique de l’extension, l’agrandissement de la salle des pas perdus, autour d’un patio planté d’un arbre, symbole de justice. Cet arbre se situe entre le premier et le deuxième volume à l’intérieur du palais de justice et sera visible d’assez loin puisque la passerelle est axée sur cette faille entre les deux volumes », précise l’architecte qui reconnaît qu’il n’est pas anodin d’inscrire son travail dans celui de l’architecte Jean Nouvel : « Nous avons repris les motifs du carré, très présent dans son bâtiment et nous allons travailler sur la teinte qui se marie avec le projet et proposé des bardages en bois brûlé, pour proposer une ambiance intérieure différente, plus chaleureuse. Nous respectons la logique propre au bâtiment de Jean Nouvel, avec deux liaisons entre celui-ci et notre extension. »

Côté rue La Noue-Bras-de-Fer, l’extension a repris portiques et colonnades qui redonnent au bâtiment son image institutionnelle. S’insèrera entre le soubassement et ces portiques, une portion de façade dessinée par une résille qui signale la présence de la partie publique du bâtiment, avec un motif qui reprendra l’image de la balance, symbolique de la justice. « Nous planterons entre la résille du bâtiment de Jean Nouvel et l’extension. Visuellement, les premiers plans seront végétalisés pour que l’on continue à percevoir cet endroit comme une respiration dans la rue. Notre projet est constitué de trois blocs, reliés par des passerelles vitrées et transparentes, pour ne pas bloquer les vues. Et entre ceux-ci nous aurons aussi des espaces végétalisés », note Antoine Mabire.

Une cafétéria pour le personnel est prévue au rez-de-chaussée, ainsi que des espaces de stockage et de stationnement. Au même niveau que la salle des pas perdus, quatre nouvelles salles d’audience principales seront réalisées dans deux plots et des bureaux partagés dans le troisième. Au deuxième étage seront installés des bureaux complémentaires pour le tribunal de grande instance et au troisième des bureaux pour le Conseil des prud’hommes et le Tribunal de commerce.