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Jean-Denis Fouquet, président du Team Vendée Formation : « Nous formons les préparateurs de bateaux de course »

« Une course, c’est bien, un métier c’est mieux ! » Telle est la devise du Team Vendée Formation (TVF). Née en 2013 à Saint-Gilles-Croix-de-Vie, berceau historique de la plaisance et des chantiers Beneteau, l’école forme aux métiers de la voile sportive. Depuis l'an dernier, le Team a décidé d'arrêter l’accompagnement des skippers, pour se recentrer sur la préparation des bateaux de course au large. Jean-Denis Fouquet, président du TVF, nous donne les raisons de ce changement de cap et dévoile ses ambitions. 

Jean-Denis Fouquet, président du Team Vendée Formation © IJ-Alexandrine DOUET

Comment est né le Team Vendée Formation ?

Initialement, l’école a été créée dans le but de former les futurs skippers et leurs équipiers pour la course au large. Parmi les navigateurs passés par le centre, on peut citer Benjamin Dutreux qui a fini neuvième du dernier Vendée Globe, Julien Pulvé, coéquipier de Yannick Bestaven sur la Transat Jacques-Vabre 2023, et plus récemment Charlotte Yven, qui vient de débuter sa deuxième saison en Figaro. Par la suite, le centre a ouvert des formations vers d’autres métiers de la navigation en mer et a permis la création d’une dizaine d’entreprises.

Quel est le modèle économique ?

Il s’agit d’une association gérée par des bénévoles. Le conseil d’administration réunit une dizaine de personnes. Depuis cette année, nous accueillons un jeune en alternance sur la partie communication.

Quand avez-vous rejoint le Team ?

Je dirige un cabinet de conseil en stratégie et suis aussi un passionné de voile. En 2018, j’ai été sollicité pour participer à l’organisation de la première édition de la Sardinha Cup, une course en double à bord de bateaux de la classe Figaro. L’année suivante, 34 équipages ont pris le départ avec, parmi les concurrents, Charles Caudrelier, Gaston Morvan ou encore Loïck Peyron. J’ai ensuite pris en charge une formation portant sur la recherche de partenariats, avant de devenir président du Team en 2020.

Pourquoi avez-vous décidé d’arrêter l’accompagnement des skippers l’an dernier ?

Depuis quelque temps, nous réfléchissions à l’idée de faire évoluer notre modèle face à la montée en puissance des centres de formations de Port-la-Forêt, Lorient ou encore La Rochelle qui eux, disposent d’un budget et d’infrastructures plus importants. Malgré toute notre bonne volonté, nous ne parvenions plus à offrir aux jeunes skippers des conditions optimales. Pour bien les former, il aurait par exemple fallu avoir entre dix et douze bateaux. Or, nous en avions seulement deux. Le premier a été vendu, le second est aujourd’hui en location. Début 2023, nous avons pris la décision de nous séparer de notre entraîneur. Puis, en juin dernier, notre directrice générale a quitté le navire. Aujourd’hui, nous avons une trésorerie en parfaite santé et avons lancé en septembre 2023 une seule et unique formation dédiée à la préparation des bateaux de course au large.

© Eddy Rivière

En quoi consiste le métier de préparateur de bateaux ?

C’est en quelque sorte un chef de projet qui noue une relation de confiance avec le skipper. Il doit optimiser le bateau, être en relation avec les fournisseurs et même avec les médias. Le préparateur doit aussi réviser la boîte à pharmacie. Sa présence est indispensable avant et après le départ de n’importe quelle course, tel que le Vendée Globe par exemple. C’est un métier qui nécessite d’avoir un grand nombre de compétences.

Pouvez-vous nous en dire plus sur cette formation ?

L’objectif est de répondre à un vrai besoin des acteurs économiques du territoire, qui figure parmi les plus dynamiques de la filière nautique. Nous avons mis en place cette formation en partenariat avec le lycée Éric Tabarly des Sables-d’Olonne, dans le cadre du dispositif FCIL1. Grâce au réseau que nous avons tissé depuis plusieurs années dans le monde de la course au large, nous faisons intervenir des préparateurs, des skippers, des médecins de course, mais aussi des experts en communication et marketing. Cette première promotion réunit trois étudiants. Nous avons déjà des demandes pour l’an prochain et pensons pouvoir en compter une dizaine à la rentrée 2024.

Où trouvez-vous les financements ?

Nous bénéficions du soutien financier et logistique du Département, de la ville, de la communauté de communes, la Sem Ports Saint-Gilles-Croix-de-Vie et de nombreux partenaires privés. En parallèle, nous avons lancé en 2021 un club de partenaires, « les Alizés du Team », qui rassemble à ce jour une cinquantaine d’entreprises. Nous espérons avoir bientôt une centaine d’adhérents. Contre une cotisation annuelle de 35 €, nous les invitons à participer à nos événements, tout en offrant une vitrine pour leur communication. Je crois beaucoup à l’ancrage territorial. Ce maillage entre les entreprises et les collectivités autour de la formation et des valeurs du sport me paraît essentiel.

Quels sont les prochains grands rendez-vous du Team ?

Nous préparons actuellement la prochaine édition du « Défi » qui aura lieu en juin : un run de vitesse entre les ports de Saint-Gilles-Croix-de-Vie et de l’île d’Yeu. Il y aura d’un côté le « Défi des villes » pour lequel nous convions les élus de l’agglomération, leur personnel et leurs concitoyens à venir participer, et de l’autre, une course réservée aux professionnels. La compétition verra s’affronter des Figaro, des Class40 et des Imoca. Parmi les concurrents l’an dernier figurait notamment Arnaud Boissières. 2025 verra le retour de la Sardinha Cup, rebaptisée Sardinha Race, qui reliera Saint-Gilles à Figueira da Foz au Portugal. Pour l’organisation de l’événement, notre budget annuel passera de 80 k€ à 140 k€. La course offrira un formidable coup de projecteur au territoire avec, à la clé, d’importantes retombées économiques et médiatiques. Un jumelage entre les deux villes doit d’ailleurs être prochainement mis en place.

1 La FCIL, Formation complémentaire d’initiative locale, permet d’acquérir une qualification spécifique à un domaine professionnel en rapport avec le marché de l’emploi local.