Quelques secondes de suspension. Puis une pluie de toques noires et dorées s’élève avant de retomber dans la lumière bleutée de l’auditorium de la Cité des Congrès de Nantes. Les sourires éclatent sur scène, les téléphones se lèvent dans la salle. Les 59 nouveaux experts-comptables des Pays de la Loire viennent de lancer leur chapeaux en l’air, comme un symbole de l’aboutissement d’un parcours exigeant et du début d’une nouvelle aventure professionnelle.
La scène est devenue un rituel. Elle n’a pourtant rien d’une simple tradition. Derrière ce geste collectif se joue la transmission d’une profession dont le rôle évolue profondément. Quelques minutes plus tôt, lors de la prestation de serment du 9 juillet, Grégory Burban, président du Conseil régional de l’Ordre des experts-comptables des Pays de la Loire, rappelait aux impétrants la portée de leur engagement : « On prête serment en quelques secondes, on l’honore toute une vie. »
Une phrase qui résume le paradoxe de cette nouvelle génération. Elle entre dans une profession ancienne, fondée sur des principes immuables, compétence, indépendance, déontologie, mais dans un environnement qui connaît l’une de ses plus grandes mutations.
C’est cette tension entre héritage et transformation qui a traversé l’Assemblée générale de l’Ordre régional, organisée le lendemain à Nantes. Près de 700 professionnels se sont retrouvés autour d’un thème devenu central pour la profession : « L’humain au cœur des cabinets ». Une réflexion qui prend tout son sens à l’heure où l’intelligence artificielle, l’automatisation et la facture électronique redessinent les pratiques. Car si les outils évoluent, la profession entend rappeler ce qui ne pourra jamais être délégué aux algorithmes : le jugement, le conseil et la relation de confiance. Ce que la technologie ne remplacera jamais…
Dans l’auditorium, habillé de hêtre blond, l’atmosphère chaleureuse contrastait avec les thèmes abordés. Les débats n’ont pourtant jamais opposé l’homme à la machine. Ils ont porté sur ce que la technologie permettra de faire du temps retrouvé : davantage d’analyse, de conseil et d’accompagnement. « La question n’est pas d’intégrer l’IA dans nos cabinets, elle est de s’assurer qu’il y ait toujours suffisamment d’intelligence humaine dans tout ce qu’elle nous permettra d’offrir », résumait Grégory Burban devant les professionnels réunis à Nantes.

Grégory Burban, président du Conseil régional de l’Ordre des exp…