Couverture du journal du 21/01/2022 Consulter le journal

[ Création ] AB 1882 : Une maison de parfum engagée

Le parfum naturel, solide et haut de gamme a un avenir : Marie Giffo et Marielle Ravily, 42 ans, y croient à fond. Elles se sont lancées dans l’aventure entrepreneuriale en créant la maison de parfum AB 1882, un hommage et une référence à Alexis Biette, l’arrière-grand-père de Marie Giffo, parfumeur nantais.

MARIELLE RAVILY, MARIE GIFFO, AB 1882, nantes

Marielle Ravily et Marie Giffo, AB 1882 © D. R.

Associée à Marielle Ravily, chimiste de formation, évaluatrice de parfums depuis quinze ans, Marie Giffo avait à cœur de reprendre la tradition familiale nantaise en la relançant dans un cadre contemporain. Plongées dans le grand bain le dernier week-end de novembre avec un pop-up store installé au cœur des Galeries-Lafayette à Nantes, les entrepreneures ont eu une première confrontation encourageante avec le public.

« Nous sommes parties dès le départ sur ce projet sur un haut taux de naturalité et des matières très luxueuses, décrit Sarah Baron-Abrioux, le « nez » qui a conçu les fragrances des trois premiers parfums, « Narciris », « Jardin bleu » et « Joli Rien ». Nous avons développé des parfums qui contiennent de belles quantités d’iris, de fleur d’oranger, des matières qui coûtent cher. » Les savons correspondant à ces trois parfums d’AB 1882 devraient suivre.

« Nous avons des géants face à nous. Nous avons choisi le haut de gamme car, historiquement, Alexis Biette était positionné dans le luxe, commente Marie Giffo, et notre produit est très qualitatif. Notre modèle économique est de lancer des petites séries, en parfumerie de niche, d’auteur. Nous n’allons donc pas aller chez Sephora, mais dans des petites boutiques, chez qui les personnes vont pour trouver des parfums qu’elles ne trouveront pas ailleurs. C’est la sensibilité que nous recherchons. Il y a un gros travail pour trouver ces revendeurs et nous visons, après Nantes, des villes moyennes où nous savons qu’il y a du CSP+. Nous avons aussi une proposition à Paris. Nous visons les hôtels et les spas. »

Officiellement inscrite comme société à mission, la jeune entreprise veut mettre en valeur les filières, l’artisanat et le savoir- faire local, jusqu’au packaging. Mepco, entreprise familiale basée à Saint-Herblain, fournisseur des géants du luxe, réalise en effet les écrins. AB 1882, ambitionne, à terme, « de réimplanter toute une filière parfumerie sur le territoire en valorisant les essences locales dans ses parfums ».

DES VALEURS ÉTHIQUES

Pour Marie Giffo, « l’obstacle principal a été de rester cohérentes sur toute la ligne avec nos valeurs : écoresponsabilité, fabrication française et qualité, tout en ayant un prix public abordable. Même si nous avons intégré le réseau des Forces françaises de l’industrie qui encourage la relocalisation, cela reste très difficile, car les entreprises ne sont pas capables de proposer des petites séries aux créateurs qui se lancent. » Officiellement inscrite comme société à mission, nous finalisons les écrins avec Catherine Gouin-Jacquet, une maroquinière d’art de Saint-Aignan-de-Grandlieu. Le packaging dans la parfumerie est extrêmement important mais nous voulions quelque chose de simple avec un écrin que l’on peut garder, dans lequel on glisse la recharge solide ».

La « concrète », le parfum de peau solide, nomade et sans alcool est ainsi le fer de lance de l’équipe d’AB 1882. « C’est le gage d’une parfumerie authentique et raffinée. On va vers une tendance plus réfléchie et responsable, les gens veulent mieux consommer, ils délaissent le spray souvent synonyme de gaspillage » souligne Marielle Ravily.