Gaylord Graveleau, dirigeant de Chocodic : « Je me définis comme un repreneur-développeur »

Avec l’entrée de Muroise et Compagnie dans son écosystème, Gaylord Graveleau poursuit la construction d’un pôle gourmand ligérien. Chocolat, café, confiture, packaging, cadeaux d’affaires, ventes associatives… depuis la reprise de Chocodic en 2020, le dirigeant vendéen assemble patiemment des savoir-faire complémentaires autour d’une même vision : faire grandir des entreprises artisanales sans renoncer à leur identité.

Gaylord Graveleau Chocodic

Gaylord Graveleau Chocodic BENJAMIN LACHENAL - IJ

En cet après-midi d’été, Gaylord Graveleau nous reçoit dans l’univers de Chocodic, véritable paradis de gourmandises à La Roche-sur-Yon. Au fil de la visite se dévoilent les moules à chocolat, les maquettes de packagings et les prototypes imaginés par le bureau d’études. Les commandes BtoB s’apprêtent à quitter les ateliers, tandis que les premières collections de Noël prennent déjà forme. Enthousiaste, disant vivre « un rêve éveillé » et attentif au moindre détail, le dirigeant évoque avec autant d’aisance son outil de production que les prochaines étapes de son aventure entrepreneuriale. Nantais d’origine, ce fils de boulanger assemble aujourd’hui les pièces d’un ambitieux pôle gourmand ligérien.

Mi-juin, vous avez annoncé votre rapprochement avec Muroise et Compagnie. Que révèle cette opération dans votre stratégie de développement ?

Avec Muroise et Compagnie, nous partageons les mêmes valeurs : la transformation de matières premières agricoles, les circuits courts et le savoir-faire artisanal. J’ai pris une participation d’un peu plus d’un tiers du capital de l’entreprise, aux côtés d’Estelle Sauvion-Durand et de Magali Beck, toujours actionnaires majoritaires.

Autour du dirigeant de Chocodic Gaylord Graveleau, les cofondatrices de la confiturerie nantaise Estelle Sauvion-Durand et Magali Beck.

Autour du dirigeant de Chocodic Gaylord Graveleau, les cofondatrices de la confiturerie nantaise Estelle Sauvion-Durand et Magali Beck. CHOCODIC

Avec une cinquantaine de recettes et 220 000 pots produits chaque année, Muroise et Compagnie vient compléter notre univers gourmand. Ce rapprochement ouvre la voie à de nouvelles créations, comme des pâtes de fruits élaborées à partir de leurs purées de fruits ou, demain peut-être, nos propres sirops. Il enrichit aussi notre offre de coffrets gourmands, notamment pour les cadeaux d’affaires. Notre ambition est de créer de nouveaux axes de croissance tout en préservant l’identité de ce spécialiste des confitures basé à Vallet.

Après Les Cartes à Croquer, Le Caféier et désormais Muroise et Compagnie, êtes-vous en train de construire un véritable pôle gourmand ?

La diversification n’a de sens que lorsqu’elle s’inscrit dans un projet cohérent. Je souhaite faire grandir ensemble des savoir-faire artisanaux. En 2024, la reprise de la start-up Les Cartes à Croquer s’inscrivait pleinement dans cette stratégie. Elle nous a permis d’intégrer la gravure sur chocolat afin d’enrichir notre offre de personnalisation.

Jean-Michel Galipienso, cofondateur du Caféier ; Gaylord Graveleau, dirigeant de Chocodic ; Fabrice Robin, cofondateur du Caféier et Cathy Fonteneau, responsable commerciale du Caféier.

Jean-Michel Galipienso, cofondateur du Caféier ; Gaylord Graveleau, dirigeant de Chocodic ; Fabrice Robin, cofondateur du Caféier et Cathy Fonteneau, responsable commerciale du Caféier. CHOCODIC

Pour Le Caféier, maison de torréfaction créée en 1964 à Cholet, le rapprochement répond à une autre logique. Contrairement au chocolat, le café est un produit de consommation courante, générant des achats plus réguliers tout au long de l’année. Mais ce projet est aussi une histoire de transmission. Avec Fabrice Robin et Jean-Michel Galipienso, nous avons construit un schéma de reprise progressive dans lequel chacun apporte ses compétences. J’en assure aujourd’hui la direction générale, tout en laissant aux fondateurs le temps de transmettre leur savoir-faire. Je défends ce modèle : préserver les compétences, respecter l’histoire de l’entreprise et lui donner les moyens d’ouvrir un nouveau cycle de développement.

Justement, comment s’articule aujourd’hui votre modèle économique ?

Les ventes web représentent 30 % de notre activité, avec une clientèle répartie sur l’ensemble de l’Hexagone. À côté, nous avons les ventes associatives (25 %), les cadeaux d’affaires (25 %), la boutique-atelier (15 %) et l’export (5 %). Chocodic réalise aujourd’hui 2,4 millions d’euros de chiffre d’affaires, Le Caféier près de 1,5 million et Muroise et Compagnie un peu moins d’un million.

Vous avez développé des relais de croissance assez atypiques pour un chocolatier, notamment les ventes associatives et le packaging. Pourquoi ces choix ?

Si Noël reste la locomotive de Chocodic, nous avons très vite cherché à développer des marchés moins dépendants de la saisonnalité de notre produit phare. Les ventes associatives en sont un bon exemple. Nous accompagnons des écoles, des clubs sportifs ou des associations souhaitant financer un projet grâce à la vente de nos gourmandises. Nous leur proposons des catalogues clés en main qui leur permettent de collecter des fonds. Depuis ses débuts, l’initiative a généré 400 000 euros pour 864 associations et écoles.

Gaylord Graveleau, dirigeant de Chocodic

Gaylord Graveleau, dirigeant de Chocodic BENJAMIN LACHENAL – IJ

Le BtoB contribue lui aussi à lisser l’activité sur l’année. Avec les cadeaux d’affaires destinés aux entreprises et aux CSE, nous misons sur un modèle sans intermédiaire : un interlocuteur unique accompagne chaque projet, du choix de nos produits à leur personnalisation. Tout est réalisé en interne, à l’exception d…

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