Confronter le béton de la ville aux éléments naturels. En 2026, pour la première année de plein exercice de sa nouvelle directrice Sophie Lévy, le Voyage à Nantes (Van) ouvre un cycle consacré aux puissances élémentaires. Avant l’eau, l’air et le feu, cette année sera le millésime de la Terre. Une thématique « philosophique, éternelle (…) qui a ouvert les portes de l’imaginaire », relate Sophie Lévy. « Ce thème laisse une immense liberté aux artistes. Cela a donné lieu à un parcours extrêmement varié, subtil, polysémique. »
Depuis sa création en 2012, le Van invite à regarder la cité des ducs d’un œil nouveau. Le parcours est conçu comme un « révélateur de la ville » qui s’adresse autant « aux visiteurs qu’aux habitants ». Cette année, ce sont onze œuvres qui sublimeront les lieux emblématiques nantais, du 4 juillet au 6 septembre.
La place Royale n’accueillera pas d’œuvre in situ cette année pour laisser aux visiteurs le loisir de profiter pleinement de la récente restauration des statues de la fontaine. C’est donc à quelques pas de là, place Félix-Fournier, que l’une des œuvres incontournables de cette édition sera implantée. La Machine du sacré d’Ali Cherri dialoguera avec les anges musiciens de la basilique Saint-Nicolas dans une structure monumentale de bois et de pierre. L’autre installation d’envergure, située Place Graslin, exposera le travail de Théo Mercier. L’artiste promet « une grande fresque sculptée en sable devant le théâtre ».
Repères et nouveaux lieux de l’édition 2026
Au Jardin des plantes, l’artiste nantais Pierrick Sorin occupera une volière désaffectée pour y projeter une vidéo mettant en scène un jardinier aux prises avec des feuilles récalcitrantes. Les douves du château hébergeront un palmier d’un genre unique ; l’artiste Louis Guillaume a choisi la résine de pin pour cet arbre étonnant intitulé Notre dit pays. Au Passage Sainte-Croix, Caroline Le Méhauté présentera une quinzaine d’œuvres où la tourbe tient une place prépondérante. La Grue grise sera le point d’ancrage de l’ambitieux projet de Charlotte Charbonnel : un grand polyèdre gris suspendu. Un dispositif présentant un défi cinétique certain encore en cours d’élaboration.

Esquisse pour la volière du Jardin des plantes, de Pierrick Sorin. Pierrick Sorrin
Parallèlement aux lieux de prédilection du Van, plusieurs sites inédits verront s’épanouir la liberté de création des artistes. La chapelle du lycée Clemenceau, les cryptes de la cathédrale Saint-Pierre-et-Saint-Paul, le Jardin extraordinaire ou encore le square Daviais avec l’installation sonore L’eau est là de Dominique Petitgand, seront investis pour la première fois par le Van.

Barbara Schroeder, esquisse « Les Mistériennes », 2026 Van 2026 Barbara Schroeder