Couverture du journal du 02/12/2022 Consulter le journal

Un quart des hôtels du grand Ouest ont disparu en dix ans

En dix ans, l'industrie hôtelière a connu une véritable hécatombe. Dans le grand Ouest, Bretagne-Pays de la Loire, In Extenso Tourisme, Culture & Hôtellerie a comptabilisé plus de 400 disparitions d'hôtels représentant 7 650 chambres.

HOTEL LIEU DIT NANTES GRAND OUEST

L’ex-hôtel Le Longchamp à Nantes est devenu Le Lieu Dit, associant épicerie et restaurant. © IJ

Le secteur de l’hôtellerie est en quête d’équilibre et a engagé une mutation. Celle-ci passe par un plus grand nombre de chambres par établissement. Pour preuve, alors que la moyenne du nombre de chambres des hôtels disparus est de 18, celle des créations a très sensiblement augmenté. Ainsi de 2012 à 2022, 126 hôtels ont été créés pour un total de 5 600 chambres, soit une moyenne de 45 chambres par établissement.

Un quart des chambres disparues concernent les métropoles régionales, Nantes, Rennes, Le Mans, Angers et Brest. Littoral et monde rural enregistrent chacun un tiers des fermetures.

« Les disparitions interviennent par nature là où il y a beaucoup d’hôtellerie, sur les grands pôles urbains et sur le littoral », constate Samuel Couteleau, senior manager In Extenso Tourisme, Culture & Hôtellerie.

L’EXCEPTION DU PAYS DES HERBIERS

Rennes et Nantes ont perdu en dix ans respectivement 582 chambres et 22 hôtels et 554 chambres au sein de 7 hôtels. Parallèlement, la Cité des Ducs de Bretagne a vu l’ouverture de 7 établissements pour un total de 493 chambres tandis que Rennes en gagne 8 pour 461 chambres. Mais ces deux métropoles sont coiffées par le Pays des Herbiers, qui a vu, grâce au Puy du Fou, la création de 8 hôtels pour 504 chambres. « Une exception dans le monde rural. C’est l’intercommunalité où il y a eu le plus de chambres créées en dix ans », note Samuel Couteleau.

42 % des disparitions sont des cessations d’activité, dont la moitié pour un départ en retraite sans reprise. 25 % pour un projet immobilier, et 10 % pour se concentrer sur la restauration. 31 % des disparitions sont liées à des défaillances qui concernent majoritairement les hôtels des segments économique et super-économique.

MONTÉE EN GAMME

La contrepartie de ce phénomène est la montée en gamme du parc. « Il y a un renouveau des châteaux hôtels. L’abbaye de Villeneuve a été reprise par le groupe Akena et a rouvert en 2022 avec 18 chambres, des salles de séminaires, un restaurant gastronomique : un beau produit complémentaire de la métropole nantaise », relève Samuel Couteleau. Il constate aussi l’apparition d’établissements de haut niveau : « Des établissements très haut de gamme comme à Carquefou, le château de Maubreuil (18 chambres) ouvert en 2019, avec une dimension forte « bien- être et gastronomie ». On est vraiment dans l’art de vivre. Il va se passer encore beaucoup de choses dans le secteur des châteaux haut de gamme ».

Parallèlement, la capacité moyenne augmente, comme avec le Golden Tulip 4 étoiles de 157 chambres à La Baule, le Radisson Blu Nantes de 142 chambres ouvert il y a tout juste dix ans, les Westotel du Pouliguen (124 chambres ou- vert en 2018) et celui de Pornic en 2021 (100 chambres).

Se distinguent, sur d’autres registres, Maubreuil Séminaires, un centre de formation du Crédit Mutuel ouvert à la clientèle extérieure pour des séminaires et des formations à Carquefou, des produits dits « expériences » comme Planète Safari Lodge à Port-Saint-Père ouvert en 2019.

En descendant dans la gamme, de nouvelles expériences sont proposées, avec les « hostels », concept entre l’auberge de jeunesse et l’hôtel ou des tiers lieux, s’appuyant sur l’hôtellerie, comme Le Lieu Dit, ancien hôtel Le Longchamp à Nantes avec épicerie et restaurant.