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Trois stratégies pour rendre l’IA rentable dans les PME

Encore freinée par les coûts et l’identification de cas d’usage, l’IA peine à s’imposer dans les PME. À Saint-Herblain, une vingtaine d’acteurs ont profité de la journée « Embarquement imméd'IA » pour dévoiler des solutions qui en font un levier de performance. Coup de projecteur sur trois d'entre elles.

Tiphaine de Larquier, responsable Relations entreprises d'Agoriade.

Tiphaine de Larquier, responsable Relations entreprises d'Agoriade. MH - IJ

L’intelligence artificielle n’est plus seulement un sujet d’exploration, mais un enjeu direct de compétitivité. Encore largement cantonnée à des expérimentations, l’IA peine pourtant à démontrer son utilité dans les TPE et PME françaises. Le 8 avril à Saint-Herblain, « Embarquement imméd’IA » entendait inverser la tendance. Organisé par La Cantine x La French Tech et la CCI Nantes St-Nazaire, l’événement était dédié à l’IA comme levier de performances des TPE et PME. Il a réuni des acteurs de l’écosystème nantais venus répondre à une question clé pour les dirigeants : comment passer du test à la création de valeur ?

Le retour sur investissement en ligne de mire

Au cœur du Village des solutions, une vingtaine d’acteurs démontraient, solution à l’appui, la valeur économique de l’IA. Avec des approches parfois complémentaires, à l’image de ces trois exemples. La première, portée par l’entreprise nantaise MaestrIA Innovation, consiste à cibler des cas d’usage à fort retour sur investissement. Optimisation des stocks, réduction des pertes industrielles ou amélioration des processus internes : l’objectif est de générer des gains rapides et mesurables. « Quand on trouve des cas comme ça, on arrive à financer toute la transformation IA », explique son fondateur, Maïeul Lombard. Une logique d’autofinancement qui rassure des PME encore prudentes face aux investissements technologiques.

Deuxième stratégie : partir des usages métiers et des réalités terrain. La société Brijyt, positionnée notamment sur le BTP, privilégie une intégration progressive de l’IA, centrée sur des tâches concrètes comme l’automatisation des réponses aux appels d’offres. « On accompagne les structures vers l’usage de l’IA en établissant un cahier des charges et en les suivant dans des cas d’usage », détaille son directeur commercial, Léo Alves. Une approche incrémentale, qui limite les résistances internes et accélère le déploiement.

Le verrou des compétences

Enfin, troisième levier : la montée en compétences. Car le manque de profils qualifiés reste l’un des principaux freins à l’adoption. L’organisme de formation Agoriade mise sur des chefs de projets capables de faire le lien entre enjeux métiers et solutions technologiques. « Beaucoup d’entreprises veulent se mettre à l’IA, mais ne savent pas comment faire », observe Tiphaine de Larquier, responsable relations entreprises. L’approche se veut pragmatique : « Il n’y a pas besoin de mettre de l’IA partout, il suffit parfois d’automatiser. »

Malgré leurs différences, ces trois acteurs s’accordent néanmoins sur un point : l’IA ne peut être une fin en soi. Son adoption suppose une approche progressive, centrée sur les usages et les résultats. Reste désormais à savoir si elle permettra aux entreprises de passer de l’expérimentation à une industrialisation de l’IA, condition de leur compétitivité à moyen terme.

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