Couverture du journal du 20/11/2020 Consulter le journal

Tous mobilisés pour l’emploi des jeunes

Annoncé en juillet, le plan « 1 jeune 1 solution » a fait l’objet d’un coup de boost de communication dans la région lors d’un événement organisé le 10 novembre à Nantes, à la CCI et en visio. Avec de nombreux témoignages pour convaincre les chefs d’entreprise.

emploi des jeunes

© iStock

La secrétaire d’État à la Jeunesse, Sarah EL HAÏRY, également conseillère municipale de Nantes.

La secrétaire d’État à la Jeunesse, Sarah EL HAÏRY, également conseillère municipale de Nantes.

Grosse mobilisation pour le lancement en Pays de la Loire de l’opération gouvernementale « 1 jeune 1 solution » le 10 novembre, en partie dans les locaux de la CCI et en ligne. La secrétaire d’État à la Jeunesse, Sarah El Haïry, également conseillère municipale de Nantes, était « en live » pour appuyer les mesures annoncées par le gouvernement. « L’apprentissage, l’inclusion des jeunes, c’est l’ADN de notre territoire, a-t-elle lancé. Cet engagement est porté par la mobilisation collective, l’optimisme. Ce plan est un booster, il ne fonctionnera que si on le saisit. » Et de marteler : « On parle de milliards. Certes, c’est un engagement très important, mais c’est aussi miser sur l’avenir, la confiance en demain. » Le haut-commissaire à l’emploi et à l’engagement des entreprises, Thibaut Guilly, présent en visio depuis Paris, souligne : « Cela n’a jamais été fait. C’est un immense défi à relever qui nécessite l’implication de tous les acteurs pour le concrétiser. »

Né du constat que les jeunes seront les plus fragilisés par la crise sanitaire dans leur parcours professionnel, le gouvernement a annoncé, le 23 juillet, un plan dénommé « 1 jeune 1 solution » avec une enveloppe de 6,7 Md€. Parmi les mesures annoncées, notamment, une compensation de charges de 4 000 € pour tout recrutement d’un jeune entre août 2020 et janvier 2021, une aide aux entreprises de 5 000 € pour l’embauche en alternance d’un mineur et de 8 000 € pour celle d’un majeur, ainsi que le renforcement du dispositif emploi franc.

DES TÉMOIGNAGES ET DES ANNONCES

Pour chaque dispositif, plusieurs entreprises du territoire ainsi que des jeunes professionnels ont témoigné de leur expérience, notamment par des vidéos. Objectif : donner envie aux autres entreprises de faire de même. Car 450 personnes étaient connectées à l’événement. Et, selon les derniers chiffres de Pôle emploi, 50 970 jeunes de moins de 25 ans sont à la recherche d’un emploi de catégorie A. Point positif de la rentrée : le très bon niveau de l’apprentissage, « avec des CFA bien remplis », comme l’a rappelé le préfet, Didier Martin. Mais le plan 1 jeune 1 solution va au-delà de l’apprentissage.

Parmi les entreprises, de taille ou de secteurs différents qui ont témoigné : Syd, Airbus, Naval Group, Synergie, Idea, Actual ou encore Vincent Guerlais. Patrick Cheppe, président du Medef 44 l’affirme : « Sur notre territoire, on considère que la question est essentielle. Il y a unanimité. » Samuel Tual, président du syndicat patronal au niveau régional, estime pour sa part que « les entreprises ligériennes ont compris avec les crises passées combien se priver de compétences pouvait hypothéquer leur avenir ». D’autant que, comme le rappelle Pierre-Yves Loaëc, dirigeant de Nobilito et président du Centre des jeunes dirigeants (CJD) de Nantes : « Il faut redonner de la jeunesse à nos pratiques. Pour la relance, il faut des idées jeunes et ceux qui les portent le mieux ce sont précisément les jeunes. »

Ainsi, Bruno Hug de Larauze, PDG du logisticien Idea, a évoqué le plan interne spécifique pour l’accueil des jeunes recrues dans le groupe, avec un parcours d’intégration à distance pour qu’ils comprennent ce qu’est l’entreprise, ses enjeux,

« et ainsi qu’ils appréhendent l’importance de leur propre activité » ou encore des locaux « jeunes » type Silicon Valley. « On leur demande d’être ‘‘acteurs’’ avec des challenges innovation, cela stimule la cohésion d’équipe », précise-t-il.

UN PORTAIL EN LIGNE

Vincent Guerlais, patron de la chocolaterie éponyme, pour sa part, parle de l’excellence de l’apprentissage dans son secteur. « C’est une première source d’embauche pour notre entreprise. Et ceux qui n’ont pas été embauchés à l’issue de leur contrat d’apprentissage chez nous trouvent facilement ailleurs grâce à notre notoriété. Les métiers de bouche dans leur ensemble sont demandeurs de jeunes. Les portes leur sont aussi ouvertes à l’étranger, avec une gastronomie française très représentée. » Le chocolatier cite en exemple ses anciens apprentis actuellement en poste à Londres ou Dubaï.

Autre témoignage, celui du groupe de gestion des ressources humaines, Synergie, qui a annoncé la création d’ici à fin 2021 de 1 000 CD2I (CDI intermittent) pour les moins de 26 ans. Un type de contrat créé en 2019 qui permet à l’entreprise de garder une certaine flexibilité dans l’utilisation de la main-d’œuvre tout en garantissant à l’intérimaire un contrat de travail plus stable.

Chez EDF, des mesures exceptionnelles ont été prises avec le maintien du niveau des alternants (6 700 au niveau national) et un engagement à aller plus loin. En Pays de la Loire, 25 alternants ont été recrutés en plus cette année (225 en poste au total contre 220 en 2019). L’entreprise compte dans ses effectifs régionaux 325 jeunes au total, hors alternance, avec 125 embauches.

Le groupe Actual, dirigé par Samuel Tual, président du Medef Pays de la Loire, a témoigné quant à lui sur les emplois francs. L’entreprise en compte une cinquantaine dans la région. Le dispositif permet à la structure qui embauche un jeune résidant dans un quartier prioritaire de la ville (QPV) de toucher une aide allant jusqu’à 15 000 €*. « Attention, ça n’est pas une démarche pour bénéficier de l’emploi franc en particulier. On ne cherche pas des aides mais des compétences, souligne le dirigeant. Mais quand on est concerné par la mesure, il est certain que c’est plus simple. »

À noter qu’un portail dédié au plan est en préparation pour devenir « le point de rendez-vous de toutes ces solutions et s’adapter aux besoins des jeunes, explique Thibaut Guilly. J’encourage les entreprises à y être présentes pour multiplier les possibilités. » Le portail n’était pas encore en ligne à l’écriture de l’article.

 

* 5 000 € par an pendant trois ans pour un CDI à temps plein. Pour un CDD ou un temps partiel, l’aide est calculée au prorata de la durée du contrat et/ou du temps de travail.