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Tourisme en Loire-Atlantique : une saison « surprenante et réussie »

Après celui de la région, l’heure du bilan a sonné pour le secteur du tourisme en Loire-Atlantique. L’été 2021 apparaît comme un bon cru en dépit d’un contexte incertain marqué par le spectre de la pandémie.

Tourisme en Loire-Atlantique

Tourisme en Loire-Atlantique © A. Lamoureux

En 2021, la saison touristique a été « particulière », à la fois « surprenante et réussie », constate d’emblée Rémy Orhon, vice-président au Développement en charge de l’économie de proximité, l’économie sociale et solidaire et du tourisme pour le Département de Loire-Atlantique lors d’une conférence de presse organisée le 10 septembre dernier par Loire-Atlantique développement. Lequel souligne deux spécificités : une météo instable et une saison coupée en deux par la mise en place du passe sanitaire.

QUELLES TENDANCES ?

Globalement, la crise sanitaire a mis en évidence « une appétence pour le tourisme vert et de proximité », poursuit Rémy Orhon qui note de nouvelles attentes chez les touristes : le besoin de déconnexion, le retour à la nature, l’accès à la culture.

Par ailleurs, grâce à une météo moins clémente que les autres années, « le tourisme urbain, boudé l’année dernière, a retrouvé ses adeptes ». De même, « des sites de visites couverts ont eu du succès comme l’Océarium du Croisic qui a noté une fréquentation sur juin et juillet supérieure à 2019 et identique sur le mois d’août. »

De son côté, Agnès Broquet, directrice Tourisme durable chez Loire-Atlantique développement fait part d’« un rebond de la demande sur le tourisme social et solidaire » dans les centres d’hébergement, avec des taux de remplissage « excellents », se référant aux observations de l’Unat (Union nationale des associations de tourisme).

Les touristes ont également plébiscité la nature avec « une forte demande » d’activités de plein air. Le vélo a particulièrement eu le vent en poupe. Avec trois itinéraires cyclables (la Vélodyssée®, la Loire à Vélo® et la Vélocéan) et 5 000 km de circuits, le département enregistre 20 % de passages supplémentaires comparé à 2019 (un chiffre stable par rapport à 2020), avec notamment des pics à +60 % à Ancenis. Les randonnées pédestres font également le plein. L’Office de Tourisme du Vignoble de Nantes constate par exemple « une très forte augmentation des visites sur les pages randos du site internet, avec 72 194 pages vues, soit 75 % de plus sur la même période par rapport à l’an passé ».

10 MILLIONS DE NUITÉS

Concernant les nuitées, Agnès Broquet communique de « très bons chiffres » : 5 millions en juillet et 5,2 millions en août. Les professionnels se disent « plutôt satisfaits » de la saison. L’hôtellerie de plein air, qui annonçait des taux de réservation de 80 % à 100 % au lancement de saison, a confirmé l’essai. L’embellie pour les Gîtes de France ne s’est pas démentie avec 92% de taux d’occupation en juillet et 99 % en août (contre 85 % en juillet et 93 % en août 2020).

Les campings sont également les grands gagnants de l’été : 55 % d’entre eux ont enregistré une fréquentation supérieure à celle de l’été dernier. Avec un petit bémol pour les emplacements nus qui font moins recette, contrairement au locatif.

Les professionnels font état d’une autre bonne nouvelle : le retour des colonies de vacances et des séjours scolaires en cette rentrée.

Les chiffres sont également bons en hôtellerie mais « plus mitigés » : +5 à 10 % du CA hôtelier par rapport à 2019, soit la plus forte hausse au niveau national (selon l’Umih). Un constat à nuancer toutefois selon les structures, qui ne bénéficient pas toutes du même bilan en fonction de leur localisation et de leur typologie de clientèle. Selon les dires d’Agnès Broquet, les hôtels devraient davantage profiter de l’arrière-saison.

La restauration connaît quant à elle « une saison fluctuante » avec une grande disparité entre les établissements. Si les professionnels de la filière ont fait preuve d’adaptabilité quant à la mise en place du passe sanitaire, ils doivent faire face à des difficultés de recrutement. Ceux qui avaient le personnel nécessaire ont pu travailler dans de bonnes conditions. Les autres ont dû réorganiser les temps de travail, voire imposer des temps de fermeture.

« Du jamais vu ! » selon Agnès Broquet. Du coup, 44 % des professionnels ont vu leur fréquentation estivale baisser. Mais, les paniers moyens étant plus élevés, les chiffres d’affaires sont, eux, à la hausse.

UNE SAISON TRICOLORE

« La saison a été sauvée par la fréquentation française, notre clientèle de prédilection », poursuit Agnès Broquet. Cet été, le tourisme rime particulièrement avec proximité, avec une clientèle très locale, en provenance des Pays de la Loire, de la Bretagne et de la région parisienne.

Cette fréquentation a permis de pallier l’absence de clientèle étrangère freinée par les contraintes sanitaires. En effet, la saison est marquée par « un retour timide » des étrangers qui ne représentent que 14 % de nuitées. Les Belges, les Allemands et les Néerlandais figurent dans le trio de tête. A contrario, les Anglais sont les grands absents.