Couverture du journal du 30/09/2022 Consulter le journal

Tourisme : des indicateurs au vert pour la saison estivale

Jusqu’à présent, la saison 2022 est une réussite en Loire-Atlantique. Les touristes étrangers sont de retour et hôtels, campings et restaurants font globalement le plein. Néanmoins, la problématique du recrutement reste préoccupante.

loire, vélo

La Loire à vélo a connu un bel engouement durant l’été 2021. Entre juin et septembre, 303 550 passages ont été enregistrés, soit 9 % de plus qu’en 2019 © DR

« Même s’il est un peu tôt pour dresser le bilan de la saison 2022, les premiers indicateurs de fréquentation de juin, juillet et début août sont globalement bons, résume Rémy Orhon, vice-président du Département de Loire-Atlantique en charge du tourisme. Seule ombre au tableau : les visites de sites avec entrée payante où la situation est un peu plus compliquée. » Ce constat, Catherine Quérard, présidente du Groupement national des indépendants (GNI) de l’hôtellerie-restauration du grand Ouest, le dresse également : « Les premières tendances sont effectivement bonnes. Sur le littoral, les taux d’occupation sont toujours très hauts dans les hôtels, souvent à plus de 90 %, avec de nombreux touristes étrangers. » Au Radisson Blu Hotel situé en plein cœur de Nantes, « les objectifs sont également atteints, confirme la directrice des ventes Marion Ledieu. Le panier moyen est même plus élevé que prévu alors que nous sommes globalement sur un taux de remplissage identique à l’été dernier. Cela s’explique par la multiplication des réservations de dernière minute ».

Dans les restaurants, la situation est plus contrastée explique la représentante du secteur, Catherine Quérard, exemple à l’appui : « Je réalise en moyenne un petit peu moins de couverts que l’an passé dans mes établissements, mais avec un meilleur ticket moyen. Deux raisons à cela : d’une part les gens ont tendance à se faire davantage plaisir, et il y a eu d’autre part une légère augmentation de nos tarifs en début de saison en raison de la hausse des matières premières. Un moyen de maintenir nos marges à un niveau acceptable, mais en aucun cas de les améliorer. »

LA LOIRE À VÉLO FAIT LE PLEIN

Si le soleil a attiré massivement les touristes sur la côte cet été, ces derniers n’ont pas pour autant boudé les terres. C’est ce qu’a constaté Jo-Anne Clarke, chargée d’accueil à l’office de tourisme intercommunal du Pays d’Ancenis : « Les touristes sont nombreux ! Ils se présentent chez nous en général pour un hébergement pour la nuit. Mais tout ce que l’on recense à l’office sur le territoire est complet jusqu’à fin août, voire début septembre. » Autre bonne nouvelle : les étrangers sont également de retour dans le Pays d’Ancenis : « On a vu passer beaucoup d’Allemands, de Hollandais et d’Anglais qui peuvent enfin revenir en France sans avoir à passer par la case quarantaine. Il y a aussi quelques Espagnols et Italiens. Globalement, les étrangers viennent ici grâce à la Loire à vélo, qui est un circuit particulièrement bien référencé dans les guides touristiques internationaux. »

LE TOURISME DE PROXIMITÉ A LA COTE

Autre constat effectué par l’office : le tourisme de proximité séduit de plus en plus de locaux : « Les Ligériens qui n’ont pas les moyens de partir loin en vacances sont de plus en plus nombreux à se rabattre sur des vacances près de chez eux. Un moyen de découvrir les trésors du coin et de profiter de visites et activités locales. » Une tendance que relève également Rémy Orhon : « Le tourisme de proximité continue effectivement de se développer, avec une offre autour du bien-être et de la nature particulièrement plébiscitée. »

Pour ce qui est des 114 campings du département, là encore, la saison a bien débuté puisque les emplacements et mobile-home disponibles se font de plus en rares. C’est ce que confirme Jean-Pierre Porcher, gérant du camping Le Pas du Gû à Saint-Brévin : « La saison se déroule parfaitement. On affiche une hausse de fréquentation d’environ 20 % par rapport à l’été dernier, qui était déjà une saison relativement bonne. Une hausse qui s’explique par le retour des étrangers mais aussi des nombreux cyclistes venus faire la Loire à vélo ou la Vélodyssée. »

UNE DESTINATION PHARE POUR LES CAMPING-CARS

Même constat globalement en ce qui concerne les amateurs de caravaning. Les aires de Camping-Car Park, premier réseau européen d’aires d’étape et de services pour camping-caristes dont le siège est à Pornic, ont ainsi enregistré depuis juin 91 193 nuitées dans les Pays de la Loire, soit une hausse de fréquentation de 23 % par apport à 2021. « Cela s’explique par le fait que les camping-caristes locaux ont eu tendance à privilégier des destinations de proximité à cause des prix du carburant, analyse Olivier Coudrette, directeur général du réseau. Mais également par le retour des touristes étrangers, notamment des Allemands, qui ont été deux fois plus nombreux cet été qu’en 2021. Cette hausse place la région sur la deuxième marche du podium des destinations préférées des camping-caristes à l’échelle de l’Hexagone, derrière la Nouvelle-Aquitaine (104 420 nuitées).

UNE PÉNURIE DE SAISONNIERS PÉNALISANTE

Si la saison 2022 se présente sous de bons augures, tout n’est cependant pas rose, comme le rappelle la présidente du GNI grand Ouest : « Ce qui met aujourd’hui les professionnels du tourisme en souffrance, c’est la problématique de recrutement de personnel qui concerne l’ensemble du secteur. Par exemple, faute de saisonniers en nombre suffisant, certains restaurateurs sont actuellement contraints de fermer une journée, voire une journée et demie par semaine, pour préserver leur personnel alors qu’ils étaient habituellement ouverts 7 jours sur 7. Ce phénomène, qui génère un manque à gagner, avait commencé l’été dernier. Ce qui est inquiétant, c’est qu’il s’est clairement amplifié cette année ».

CONSCIENCE ENVIRONNEMENTALE ET TOURISME DURABLE

« On a globalement la chance d’avoir une région très riche d’un point de vue touristique avec une offre de proximité variée (canal de Nantes à Brest, œnotourisme et vélotourisme) et des valeurs familiales fortes, conclut Catherine Quérard. De plus, le nouveau cap pris par le territoire depuis la crise Covid en matière de conscience environnementale a permis d’améliorer l’image de la destination. Cette meilleure prise en compte de l’environnement et le développement du tourisme durable répondent aux nouvelles attentes des touristes, aussi bien français qu’étrangers. Je suis convaincue que les professionnels du tourisme vont continuer à s’engager dans cette voie. Elle permettra de limiter les phénomènes d’affluence de masse dans les endroits les plus fréquentés mais poussera aussi les touristes à effectuer des séjours plus longs chez nous grâce une offre toujours plus riche et consciente. »