Il existe un paradoxe fascinant en management : plus une entreprise grandit, plus elle devient performante… à éviter les erreurs. À mesure que les organisations se structurent, elles construisent leur incapacité à saisir les opportunités au profit de la maîtrise du risque.
L’histoire récente en regorge : BlackBerry, autrefois leader mondial avec plus de 50 % du marché américain des smartphones en 2009, n’a pas su anticiper le virage tactile initié par iPhone. Même trajectoire pour Nokia, qui détenait près de 40 % du marché mondial en 2007, avant de s’effondrer en quelques années. Plus récemment, Meta (ex-Facebook) peine à grandir autrement qu’en rachetant Instagram pour un milliard de dollars en 2012, puis WhatsApp pour 19 milliards en 2014.
Le cas Clair Obscur : quand la créativité sort du cadre
Prenons un exemple marquant de l’industrie du jeu vidéo Clair Obscur : Expedition 33. Sorti en 2025, ce role playing game (jeu vidéo de rôle) narratif développé par le studio indépendant Sandfall Interactive s’est imposé comme une claque artistique et émotionnelle. Un projet français, ambitieux, loin des standards industriels.
Quelques années avant de fonder son label, l’instigateur du projet, Guillaume Broche, coule des jours (pas si heureux) chez le géant Ubisoft. Il explique ressentir une forme de lassitude à travailler sur des productions ultra-cadrées, où chaque mécanique de jeu…