Couverture du journal du 30/09/2022 Consulter le journal

Paridis : vers une transformation radicale

Travaillé depuis près de six ans, le projet de réaménagement du centre commercial Paridis, situé au Nord-Est de Nantes, est bien parti pour voir le jour. Point d’étape de la situation et esquisse du nouveau visage de l’une des plus importantes zones commerciales du territoire.

PARIDIS

Le nouveau visage de la zone Paridis, en périphérie nantaise © Paridis – Compagnie de phalsbourg – Leroy Merlin – antonio virga architecte – AAVP architcture

« Rompre avec l’urbanisme commercial des 30 glorieuses », telle est, ni plus ni moins, l’ambition du projet de transformation de l’actuelle zone Paridis, sortie de terre en 1986 et se situant à l’entrée Nord-Est de Nantes. Aujourd’hui organisé autour de l’hypermarché E. Leclerc et sa galerie commerciale d’une soixantaine de boutiques, le site devrait abandonner son caractère « monofonctionnel » pour devenir une « zone urbaine mixte ». En clair, elle ne vise pas à devenir un « Atlantis bis ». Le projet comprend certes de nouveaux commerces et services, mais aussi des logements, des bureaux ainsi que des espaces végétalisés (un parc est notamment prévu) sur l’espace actuellement occupé par de grands parkings. L’idée étant de « redonner un statut enviable au péri-urbain ».

Car, au-delà du réaménagement du centre commercial en lui-même, le projet entend transfigurer un quartier jugé non prioritaire pendant longtemps, mais qui, du fait du constant besoin en mètres carrés d’une ville phare, a retrouvé un attrait. Selon l’Insee, la croissance démographique annuelle du cadran Nord-Est est de 2,2%, soit 2500 habitants supplémentaires chaque année. Situé à proximité du pôle multimodal (tram, bus, Chronobus, car, tram-train) de la Haluchère-Batignolles, de la clinique Jules Verne, le secteur voit également sa cote monter auprès des entreprises (cf. l’implantation d’Orange).

« TEMPS DE GESTION ADMINISTRATIVE »

Après le feu vert délivré par la Commission départementale d’aménagement commercial (CDAC) le 19 juillet dernier, le projet de réaménagement de cette importante zone commerciale métropolitaine se trouve pour l’heure « en temps de gestion administrative », selon les mots de Fabienne Laurenceau-Borie, en charge des relations presse du groupement Paridis 211. L’instance nationale chapeautant les CDAC, la CNAC, s’est autosaisie du dossier, une pratique normale pour les projets commerciaux d’une certaine ampleur comme c’est le cas ici, mais qui conforte généralement les décisions des instances territoriales. Le permis de construire pourrait être déposé dans la foulée de sa décision, début 2023.

Durant ce laps de temps, les différents acteurs concernés par Paridis 21 préfèrent rester discrets. « Ils ont besoin de s’assurer que le projet sera effectivement mis sur les rails », précise la responsable presse du groupement. Pour l’heure donc, seule Nantes métropole communique sur le projet. Car, même s’il s’agit d’un projet privé, porté par le propriétaire du site, le très discret Pierre Chartier, patron des hypermarchés Leclerc Paridis et Atlantis, il s’inscrit dans la réglementation locale en matière d’urbanisme et de commerce. Il est donc soumis aux contraintes du Plum (Plan local d’urbanisme métropolitain) et du Scot (Schéma de cohérence territoriale) qui défendent notamment le principe du zéro artificialisation nette.

S’il est trop tôt pour connaître le visage définitif du projet, certaines enseignes se sont d’ores et déjà déclarées. L’arrivée de Leroy Merlin a ainsi été officialisée, venant faire concurrence au Castorama Nantes La Beaujoire installé à moins d’un kilomètre de là et qui a pris les devants en rénovant son magasin. On sait aussi que Decathlon, déjà présent sur la zone, sera du projet et en profitera pour s’agrandir. Pour le reste, les contours restent encore flous. Seule certitude ? L’implantation d’un cinéma un temps envisagée a été abandonnée, au profit d’une salle de spectacles « avec une programmation plurielle (concerts, théâtre, humour, cirque…) qui viendra compléter l’offre locale», indique Fabienne Laurenceau-Borie. 1 500 places debout et 800 places assises y sont prévues. La zone Nord-Est de Nantes, aujourd’hui sous-équipée en la matière, pourrait gagner en attractivité auprès de futurs habitants demandeurs d’équipements culturels.

Quant à l’hypermarché Leclerc et sa galerie commerciale, ils devraient eux aussi profiter du projet pour s’offrir un coup de jeune, mais sans pour autant connaître une extension de leur périmètre actuel. Durant tout le temps des travaux, le centre commercial sera maintenu ouvert.

Parallèlement, Nantes métropole, en collaboration avec la CCI Nantes St-Nazaire, a demandé à ce que Paridis 21 associe les associations de commerçants. Un comité d’enseignes réunissant les deux acteurs ainsi que les futurs opérateurs immobiliers va par ailleurs être mis en place. Son rôle ? « Réguler les implantations commerciales sur ce projet», indique la métropole. L’idée étant que les futurs commerces ne viennent pas concurrencer les autres zones commerçantes à proximité et ne fasse pas d’ombre au commerce du centre-ville. Une concertation est également prévue avec la Chambre de métiers pour la partie artisanale.

EMPLOI ET INSERTION

Le projet tel qu’il a été pensé prévoit par ailleurs de créer de nouveaux emplois, pérennes s’agissant des 2 000 emplois tertiaires induits par la construction des bureaux et des 600 emplois de commerces et de loisirs, ou ponctuels via les 1 800 emplois générés par le chantier. Nantes métropole a d’ailleurs annoncé qu’une « Cellule emploi Paridis » serait créée au sein de l’agence Pôle emploi de Nantes Haluchère. Elle aura pour mission de « répondre aux besoins des employeurs, préparer les demandeurs d’emploi » (formation et accompagnement individuel, aides financières, suivi de la prise de poste) en donnant la priorité aux personnes éloignées de l’emploi et aux habitants des quartiers prioritaires de la ville que sont la Bottière et Pin-sec.

 

  1. Le groupement Paridis 21 est composé d’une part de la SNC Paris Gestion et de la SCI du Perray Haluchère (pilotées par Pierre Chartier) et d’autre part de la Compagnie de Phalsbourg, promoteur dirigé par Philippe Journo.

 

LA RESTRUCTURATION DE PARIDIS EN CHIFFRES

  • Une zone de 20 hectares, dont 5 d’espaces paysagers
  • 32 000 m2 de bureaux
  • 25 000 m2 de commerces supplémentaires
  • 15 000 m2 de loisirs, services et restaurants
  • 370 nouveaux logements
  • 30 % des logements et bureaux construits en bois
  • 4 500 places de stationnement (contre 2 350 aujourd’hui)
  • Coût estimé du projet : 450 M€ d’investissements privés
  • Démarrage des travaux escompté : début 2024

 

Sources : Nantes métropole et Paridis 21