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Télétravail au bout du monde pour améliorer la rétention des talents

Ayant réuni près de 2 000 participants sur LinkedIn le 25 juin dernier, le webinaire concocté par la start-up nantaise Holiworking a été l'occasion pour plusieurs entreprises utilisatrices, notamment Yescapa et le groupe Y Nexia, de dresser un retour d'expérience très positif de l’offre de télétravail proposée par la jeune pousse nantaise.

Bali

La start-up nantaise Holiworking fait partir en télétravail les collaborateurs à travers le monde. Ici à Bali. Photo Shutterstock

Née « autour d’un feu de camp » au Botswana en 2019, la start-up nantaise Holiworking a vocation à répondre à la question « Comment permettre au plus grand nombre de vivre des moments exceptionnels à l’international tout en garantissant une continuité professionnelle ? »La solution imaginée par Gaël Brisson est simple : proposer des solutions de télétravail permettant aux salariés de partir à la découverte du monde tout en continuant leurs missions professionnelles, en les accompagnant dans la préparation de leur projet, mais aussi tout au long de leur voyage, qui peut durer de trois à douze mois.


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Le 25 juin dernier, l’entreprise proposait ainsi un webinaire durant lequel de nouvelles clés ont été dévoilées pour mieux comprendre leur offre et convaincre de nouvelles sociétés de franchir le pas. Pour cela, rien de tel que les retours d’expériences d’entreprises qui proposent l’expérience à leurs salariés et semblent en être extrêmement satisfaites : Yescapa et le groupe Y Nexia.

Pour Héline Morandière (RH) et Camille Jeanneau (RRH) chez Yescapa, entreprise dont l’activité consiste à mettre en relation des propriétaires et des locataires de véhicule de loisir, le « besoin de mettre en place le télétravail » s’est fait ressentir à la suite des « différentes enquêtes menées auprès de nos employés ». La formule de télétravail d’Holiworking y a été déployée sous certaines conditions : une ancienneté de deux ans, réduite plus tard à un an, ainsi qu’un décalage horaire maximal de trois heures pour les destinations choisies. Une formule qui a rapidement trouvé son public : 7 % des salariés de la start-up ont depuis fait une demande pour devenir Holiworkers et profiter de cette formule permettant aux salariés de télétravailler du bout du monde.

Holiworking

Le fondateur de la start-up Holiworking, Gaël Brisson. RECADRER SUR GAEL ET LE METTRE EN MEDAILLON Photo NLP – IJ

« Se démarquer socialement »

Du côté du groupe Y Nexia, cabinet de services pluridisciplinaire implanté dans l’Ouest, le DRH Julien Trichet a justifié la mise en place du télétravail par « un besoin de fidéliser et un souhait de se démarquer socialement, ce qui participe à la communication de notre marque employeur ». L’accès au télétravail s’inscrit également selon lui « dans un projet RH global qui s’articule autour de plusieurs points : le soutien, l’internationalisation, la mobilisation des valeurs, le lien entre nos compétences et enfin l’encouragement de nos salariés à évoluer, à passer des diplômes ». Côté conditions d’accès, le groupe Y Nexia exige également « une ancienneté de deux ans de ses collaborateurs » pour une mission de télétravail du bout de monde de neuf mois maximum.

La Suède, nouvelle destination

Du côté des salariés ayant bénéficié de l’expérience Holiworking, tous s’accordent à dire que la mise en place de cette offre ne peut avoir qu’un impact positif sur leur fidélisation. Ils précisent que leur principale inquiétude, à savoir la cybersécurité, est une problématique à laquelle la start-up nantaise a largement su répondre.

À noter que Gaël Brisson, le fondateur de la start-up, a également profité de cette conférence en ligne pour annoncer l’ouverture prochaine d’une nouvelle destination : la Suède. Elle viendra s’ajouter à un menu de destinations déjà bien fourni : Afrique du Sud, Indonésie, Nouvelle-Zélande, Argentine, Maroc, Inde, Canada, Cap Vert, Sri Lanka, île Maurice, Mexique, Thaïlande, Costa Rica, Madagascar, Brésil, Corée du Sud, Portugal, Malte et Colombie.

Une offre sans surcoût pour l’entreprise

Holiworking établit systématiquement un contrat avec l’entreprise dont le collaborateur souhaite partir télétravailler à l’étranger. Et ce sans aucun surcoût pour elle « car, en cas de télétravail à l’étranger, il y a des charges qui disparaissent en France et d’autres qui naissent à l’étranger. C’est cette différence de charges entre les deux sites qui participe à notre financement », précise Gaël Brisson, son fondateur.

Concrètement, le contrat de travail du Holiworker reste actif avec son entreprise et ce dernier continue à toucher 90 % de son salaire d’origine. En contrepartie, la start-up l’accompagne dans toutes ses démarches administratives, incluant l’obtention du visa, l’ouverture d’un compte bancaire, la recherche de logement et la couverture santé. Et pour lui permettre d’assurer ses missions professionnelles, la start-up lui déniche des espaces de coworking, des bureaux privatifs, des salles de visioconférence et des espaces de restauration.