Couverture du journal du 26/11/2021 Consulter le journal

Saint-Nazaire : une nouvelle ère pour l’avant-port

Longtemps délaissé par les municipalités successives, Le Petit Maroc, quartier historique de Saint-Nazaire tourné vers la Loire et l’estuaire, entame sa mue. Tour d’horizon des chantiers prévus.

Vue en perspective de la futur résidence étudiante, Saint-Nazaire

Vue en perspective de la futur résidence étudiante © D. R. - The architectes

Semi-fermé par deux écluses, et seul secteur de la ville de Saint-Nazaire présentant à la fois une façade maritime et une façade sur l’estuaire, Le Petit Maroc – dénommé ainsi dans les années 1930 en raison de pêcheurs bretons partant de ses berges à destination du Maroc -, va connaître dans les prochaines années une vaste transformation urbanistique. Le maire David Samzun, conscient du manque d’accessibilité vers cette zone maritime, entend bien « révéler La Loire à la ville ».

Le Petit Maroc peine en effet à être vu comme un lieu de passage attractif pour la population malgré son panorama exceptionnel. Car si la cité navale a bénéficié d’une profonde mutation urbaine de son littoral ces dernières années, notamment son front de mer jusqu’à la place du Commando, force est d’admettre que l’ancien quartier historique du Vieux Saint-Nazaire a été laissé à l’abandon et mérite grandement d’être repensé. L’adjoint à l’urbanisme Christophe Cotta l’admet volontiers. « Le Petit Maroc attend son projet depuis longtemps. Il est désormais arrivé à maturité. »

UNE TOUR DE 12 ÉTAGES

Ses vastes parvis bitumés et ses bâtiments inoccupés devraient laisser place d’ici quelques années à de vrais aménagements d’utilité publique, que la municipalité souhaite dédier au loisir, à l’économie et à l’habitat. Cette dernière a notamment annoncé, à côté de l’actuelle esplanade multifonctionnelle, qui ne bougera pas (le festival de musique Les Escales s’y déroule chaque été), la création d’un îlot nautique de 5 600 m2, destiné à devenir « la vitrine territoriale de l’économie maritime du territoire » par le « développement de diverses activités ». Cet îlot largement végétalisé intégrera un chantier de construction de bateaux de petite taille, une commercialité nautique et le centre de formation de la SNSM. Suivant la volonté de David Samzun de développer la plaisance au cœur de la cité navale, quatre-vingts anneaux (dont vingt laissés aux bateaux de pêche) seront créés. Le chiffrage de ce chantier « est en cours de finalisation », selon le maire, mais un appel à projet immobilier a été lancé et le dossier retenu sera présenté à l’automne 2022.

Du côté de l’avancée vers la mer, Nantes Saint-Nazaire Port réfléchit lui aussi à créer une véritable identité portuaire nazairienne, par la valorisation des espaces existants, tant dans l’immobilier que dans le cadre de vie, de travail et la végétalisation de l’ensemble. L’usine élévatoire, désaffectée depuis plus de vingt ans, sera pour sa part reconvertie en brasserie artisanale, tout en conservant ses spécificités historiques. Quant à la place de la Rampe, marquant l’entrée du quartier, une résidence de forme ovoïdale de 12 étages et 70 lits va être érigée par Silène d’ici fin 2024 sur un foncier communal de 300 m2 pour un budget de 4,5 M€. Elle accueillera les étudiants de la classe préparatoire de l’école des Beaux-arts, située à huit cents mètres de là. À l’endroit même où deux grandes fresques de street art, symboles du quartier et de la diversité des arts, sont actuellement visibles.

Deux projets phares à l’abandon

La création d’un hôtel 4 étoiles, un temps envisagé au sein de l’usine élévatoire située au cœur du quartier du Petit Maroc, en raison de sa vue imprenable, n’est plus à l’ordre du jour. Pour autant, David Samzun y tient. À terme, un hôtel haut de gamme, avec vue imprenable, verra le jour à Saint-Nazaire. La recherche d’un nouveau foncier adéquat serait en cours. Autre dossier maritime : l’aménagement d’un ponton pour recevoir les paquebots, longtemps dans les esprits de la ville comme du Département, a également été écarté. Le développement d’une logistique pour recevoir plusieurs milliers de touristes français et étrangers dans la région même du constructeur de paquebots engendrerait « des enjeux financiers colossaux », notamment l’électrification des quais, « qui a été refusée par le conseil communautaire et le conseil municipal », indique le premier édile.