Couverture du journal du 03/02/2023 Le magazine de la semaine

RSE : entreprises et associations, un partenariat gagnant

Travailler ensemble au service du bien commun et fédérer les équipes, tels sont les grands objectifs des partenariats noués par les entreprises avec le monde associatif dans le cadre de leur politique RSE. Mais encore faut-il bien se connaître avant de devenir mécène. Pour créer des synergies entre ces deux univers, le Medef Vendée organisait une speed-meeting le 3 octobre à La Roche-sur-Yon, en Vendée.

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Une dizaine d’entreprises et autant d’associations locales réunies autour de la table du Medef Vendée. Objectif : mieux se connaître pour nouer des partenariats gagnants -gagnants au service du bien commun. ©IJ

La commission européenne définit la responsabilité sociétale des entreprises (RSE) comme « la contribution des entreprises aux enjeux de développement durable. Une entreprise qui pratique la RSE va donc chercher à avoir un impact positif sur la société, tout en étant économiquement viable. »

La démarche RSE repose sur plusieurs piliers : la gestion de l’entreprise et sa gouvernance, la qualité de vie au travail, avoir des activités économiques responsables, agir positivement sur l’environnement ou s’impliquer sur son territoire. L’engagement se traduit ensuite sous forme d’actions internes ou de mécénat auprès d’organismes reconnus d’intérêt général comme les associations loi 1901. Si ces deux univers ont envie d’œuvrer ensemble au service du bien commun, force est de constater qu’ils se connaissent mal. Pour y remédier, le Medef Vendée organisait un speed-meeting début octobre à la CCI de La Roche-sur-Yon.

Faire le lien

« L’idée de ce speed-meeting est née lors d’une soirée que nous avons proposé en mars dernier autour des partenariats possibles entre entreprises et associations, explique Anne-Carole Mathon, déléguée générale du Medef en Vendée. Nous espérions avoir 50 personnes, il y en avait 150. Nous avons senti une véritable attente des deux côtés, une envie de mieux se connaître, de créer un lien de proximité pour imaginer ce qu’ils pouvaient construire collectivement. Le concept de notre speed-meeting réunissant une dizaine d’entreprises de la PME à l’ETI (industrie, BTP, services…) et autant d’associations (sport, solidarité, emploi, environnement…). Une formule volontairement à jauge réduite afin d’échanger de manière approfondie. »

Autour la table, cinq à six participants, et une trentaine de minutes pour se présenter, faire du lien avec ses enjeux respectifs, voire explorer une ou deux pistes de collaboration, avant de changer de voisins. Le reste pourra être travaillé ou approfondi ultérieurement, le Medef Vendée se chargeant de transmettre les coordonnées de chacun à l’issue de la soirée.

Un mécène, des mécénats

Pour les entreprises, le soutien aux associations peut prendre deux formes. Le mécénat financier est sans doute le plus répandu. Les entreprises qui contribuent financièrement au projet d’une association reconnue d’intérêt public, ont droit à une réduction fiscale correspondant à 60 % du montant investi. Avec le mécénat de compétences, plus innovant, les entreprises apportent leurs expertises et savoir-faire techniques aux associations en leurs prêtant des salariés.

« Dans les deux cas, l’objectif est de donner du sens au sein de l’entreprise en mobilisant les équipes autour d’un projet conforme à ses valeurs », précise Anne-Carole Mathon. Cet engagement vertueux, qui s’inscrit le plus souvent sur le long terme, peut aussi changer l’image de l’entreprise, dans l’optique de recruter par exemple, ou d’accroître sa notoriété auprès du grand-public.

Des valeurs et des intérêts partagés

Au sein d’Herige , la RSE est bien ancrée dans les valeurs et la stratégie du groupe. « Il y a une volonté des dirigeants de s’engager sur des actions de développement durable et environnementale, témoigne Daniel Robin, président du conseil de surveillance. Ainsi, les cadres dirigeants sont intéressés financièrement sur des objectifs RSE, en fonction des actions mises en place. Nos actions RSE s’inscrivent également dans le cadre associatif, et ce, depuis de longues années. Ainsi, l’association Martial-Caillaud, créée en 1997 par des collaborateurs du groupe, initie des actions solidaires touchant à la construction et à l’éducation dans des pays et zones défavorisées. Plus globalement, en 2021, Herige a versé 309 000 € à diverses associations, sous forme de dons ou de partenariats. Grâce à ce speed-meeting , nous espérons découvrir d’autres causes et projets de notre territoire que nous ne connaissons pas et ainsi renforcer notre politique philanthropique. »

Chez Funépro, la démarche RSE est plus récente et reste à structurer. L’entreprise, qui fabrique et distribue depuis plus de 50 ans des articles funéraires (plaque en granit, urne…) est basée à Luçon, dans le sud-Vendée. « Pour l’instant, nos actions RSE s’articulent autour de l’accompagnement de jeunes via le parcours de la deuxième chance, la valorisation de nos déchets de granit ou encore le recyclage du papier, indique Jean-Philippe Stouls, responsable commercial. Nous n’avons pas encore noué de partenariat avec des associations locales, d’où notre envie de participer à ce speed-meeting pour découvrir des projets avec lesquels des synergies peuvent se faire. Pour l’instant, nous n’avons pas d’idée précise sur la cause à soutenir ni ce sur quoi cela peut déboucher. C’est une première étape. »

L’entreprise, un partenaire essentiel

Pour les associations présentes à cette soirée du Medef Vendée, l’ambition est clairement de promouvoir leur cause auprès d’entreprises afin d’en faire un mécène de choix et de mener à bien leur projet. C’est le cas de l’association sablaise Vogue mini qui porte le projet « L’esprit d’équipe ». Sa mission : rénover un vieux bateau sur lequel le skipper Lionel Péan a remporté en 1985 la première WhithBread, une course en équipage autour du monde en étapes.

Objectif : partir à l’assaut des mers du globe d’ici un an, lors de l’Ocean Globe Race 2023 . Le skipper sera Lionel Régnier, ancien concurrent sur la Route du Rhum et la mini-transat Jacques-Vabre. « Notre budget est de 900 000 € sur quatre ans. 600 000 € ont déjà été financés, dont une tierce grâce à des entreprises vendéennes. Il nous reste un an pour trouver les 300 000 € manquants. Ce soir, nous espérons avoir convaincu des mécènes qui partagent nos valeurs de transmission et de dépassement de soi de nous rejoindre. »