Couverture du journal du 20/11/2020 Consulter le journal

Reprise : Des coachs pour les commerçants

En général la tête dans le guidon, les commerçants commencent à se tourner vers des structures d’accompagnement. Exemples à Nantes.

Birgitta Hillingso a tenu pendant huit ans le restaurant scandinave Madame Bla à Nantes. Audrey Premel-Cabic a, de son côté, longtemps été cadre pour de grandes enseignes. Aujourd’hui consultantes, elles développent leur activité de conseil auprès des commerçants. Elles dressent le même constat : le confinement a été une opportunité de prendre le temps de réfléchir à leurs objectifs. « Pour les commerçants, il y a l’idée que le coaching ça n’est pas pour eux. C’est pour les grandes entreprises, les cadres… Beaucoup ont même du mal à se considérer comme chefs alors qu’ils dirigent parfois 10 salariés. Ils se disent à leur compte mais pas chefs. Mais le confinement a fait prendre conscience des aspects qui ne leur conviennent plus », explique Audrey Premel-Cabic.

Ainsi, Birgitta Hillingso développe des formations auprès du GNI sur le sens des métiers des CHR. Elles devraient être lancées dans les prochains jours. « Catherine Quérard, la présidente du GNI 44, m’a sollicitée car il y avait un besoin important avant la crise, d’autant plus nécessaire aujourd’hui. Ils ont besoin de retrouver ce goût du sourire, l’importance de l’hospitalité. Cela s’était un peu perdu, il pouvait y avoir un côté blasé  ? » Alors Birgitta Hillingso va conduire les équipes des CHR à se poser les bonnes questions : « Est-ce que c’est vraiment mon truc ou bien est-ce juste pour vivre ? » Et pour les dirigeants : « Quels sont mes essentiels et comment les transmettre aux équipes ? » La consultante insiste : « Ils peuvent être de bons petits soldats mais ça n’est pas suffisant il faut que chacun vive l’histoire de leur entreprise. »

Sentiment d’illégitimité

Birgitta Hillingso, également marraine de 60 000 Rebonds, intervient aussi pour fluidifier les relations entre collègues. « Il faut insuffler de l’énergie, de la joie, redynamiser pour cette reprise. Il y a de l’appréhension après le confinement, ce n’est pas simple de se reconnecter aux anciennes habitudes avec des mesures sanitaires à intégrer. Quand on commence à être envahi par les doutes, cela diminue la créativité. » Son programme comprend plusieurs demi-journées, en sur-mesure, et assume un côté léger et joyeux « pour faire bouger les lignes ».

De son côté, Audrey Premel-Cabic, coach depuis trois ans, a choisi de cibler les patronnes commerçantes. En particulier les coiffeuses et esthéticiennes. « Je les admire. Souvent elles ont choisi des études courtes non pas parce qu’elles n’étaient pas douées à l’école mais parce qu’elles voulaient être indépendantes. Elles peuvent alors devenir patronne par opportunité, sans vraiment réfléchir. Et il y a un sentiment d’illégitimité. Ce qui compte pour elles c’est de faire plaisir aux clients et elles s’oublient complètement. » Alors elle a créé le programme « Patronnes commerçantes conquérantes » avec trois axes : du coaching individuel et en groupe en visio, des formations en ligne et le développement des compétences pour développer leur point de vente. « Elles ont de l’ambition mais elles ne se l’autorisent pas…  Au final ce confinement a été salvateur pour leur santé mentale. La majorité était à bout. » Anne-Laure Lucas, patronne du salon Avenue 1973 Bottières, a suivi la toute première session du programme. Elle témoigne : « Le coaching a été passionnant car elle nous posait les questions qui conduisent à trouver les réponses par soi-même. Je voulais apprendre à mieux manager et améliorer mes ventes. Aujourd’hui, le chiffre n’a jamais été aussi bon avec une équipe aussi soudée. Nous avons mis des process en place. Nous n’avons plus peur de vouloir vendre. »