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Population : Loire-Atlantique, scénarios d’un ralentissement

Le rythme de progression de la population va ralentir pour totaliser 1,7 million d’habitants en 2050. Selon l’Insee, la croissance démographique ralentira dans toute la Loire-Atlantique d’ici à 2050 et la population vieillira. Une donnée à prendre en compte par les acteurs publics.

INFOGRAPHIE INSEE, Loire-Atlantique

De 1,5 million d’habitants actuellement, la Loire-Atlantique devrait gagner 200 000 habitants en 27 ans (287 000 entre 2018 et 2050), une croissance en régression par rapport à la période 2008-2018. Dans tous les scénarios d’évolution envisagés par l’Insee, la population vieillit. La population cesserait de croître à partir de 2059.

Le seul élément de croissance démographique proviendrait de l’arrivée de nouveaux habitants extérieurs au département, c’est-à-dire le solde migratoire. Il « deviendrait l’unique moteur de croissance démographique à compter de 2044, année où le nombre de décès deviendrait supérieur au nombre de naissances. Ce solde naturel négatif s’expliquerait par le surcroît continu de décès lié à l’arrivée aux grands âges de la génération du baby-boom, cumulé à une baisse des naissances à partir de 2040, liée à la baisse du nombre de femmes aux âges les plus féconds (25-35 ans) », précise l’Insee.

Selon ce premier scénario, tous les secteurs du département seraient concernés par ce ralentissement, mais la croissance « resterait plus marquée dans la métropole nantaise (hors Nantes) ainsi que dans les zones incluant Treillières, Savenay et Blain, Machecoul-Saint-Même et Saint-Philbert-de-Grand-Lieu ». La hausse de population serait plus modérée dans le pourtour nord du département. Le nombre d’habitants diminuerait légèrement chaque année jusqu’en 2050 dans le secteur incluant Châteaubriant.

INFOGRAPHIE INSEE

Migrations, clés de la démographie

En appliquant un deuxième scénario, maintenant la croissance démographique antérieure à 2028, l’Insee estime que le département atteindrait 2 millions d’habitants vers 2060. Et selon le troisième scénario, lié à une restriction de la capacité à accueillir de nouvelles populations en lien avec les fortes tensions sur le marché immobilier et foncier, la population commencerait à décliner dès 2037, passant sous le seuil de 1,4 million d’habitants. Un quatrième scénario prend en compte une baisse de l’activité économique, engendrant un début de baisse de la démographie à partir de 2043.

Dans tous ces scénarios, le vieillissement de la population se poursuivrait avec une part de seniors (65 ans et plus) supérieure en 2050 à 2018 (environ 141 000 seniors de plus), la part des jeunes de moins de 30 ans, passant de 37,4 % à 32,7 % en 2050.

L’Insee a même inclus dans son scénario de référence (voir l’infographie), l’hypothèse selon laquelle la multiplication des nuits à plus de 20°C conduirait à augmenter les migrations vers les côtes de l’océan Atlantique, les populations venant y trouver un climat plus supportable qu’au Sud.

Renouveau des villes moyennes

Les spécialistes de l’Insee ont imaginé un cinquième scénario, partant du principe que la population s’éloignerait des grands pôles urbains, Nantes et Saint-Nazaire, avec le développement des pôles intermédiaires. « Ainsi, 755 000 habitants vivraient à Nantes Métropole, contre 806 000 dans le scénario de référence, et 133 000 dans la Carene (contre 141 000) », précise l’étude de l’Insee.

Visiblement, quels que soient les scénarios, les migrations résidentielles, principales inconnues de l’évolution démographique, influenceront fortement la population de demain. Et ceci dépendra aussi beaucoup des capacités de logement.

 

Source : Insee Analyses Pays de la Loire. N° 119.