Mégafeux : le bombardier d’eau français prend corps à Nantes

Le premier flotteur du futur bombardier d’eau amphibie français FF72 vient d’arriver au Technocentre Airbus Atlantic de Nantes, où débute une étape décisive de son assemblage. Une avancée majeure pour un programme industriel de 150 millions d’euros.

Le flotteur au départ du chantier Multiplast de Vannes.

Le flotteur au départ du chantier Multiplast de Vannes. POSITIVE AVIATION

Le 23 juillet, le premier flotteur du démonstrateur FF72-X1 a quitté les ateliers de Multiplast, à Vannes, pour rejoindre le Technocentre Airbus Atlantic de Nantes, où a débuté son assemblage. Ce prototype du premier bombardier d’eau amphibie conçu en France doit effectuer ses premiers essais en vol début 2027, avant une entrée en service visée en 2029. Fabriqués en matériaux composites haute performance, ces flotteurs constituent l’une des principales innovations du programme. Longs de 17 m pour un poids de 1,2 tonne, ils s’inspirent des technologies développées dans la course au large afin de résister aux contraintes extrêmes des écopages réalisés à près de 180 km/h.

Après leur assemblage à Nantes, les flotteurs rejoindront le Hangar 16 de Toulouse-Blagnac pour être intégrés au démonstrateur. Basé sur un ATR 72, le FF72 pourra embarquer jusqu’à 8 000 litres d’eau et écoper cette charge en 12 secondes sur mer, lac ou rivière.

Une filière industrielle largement française

Le programme réunit plusieurs industriels français. Positive Aviation pilote le projet depuis Toulouse, Multiplast apporte son expertise des structures composites, tandis que le bureau d’études nantais MECA, membre du pôle EMC2, a participé à la conception et au dimensionnement des flotteurs. Estimé à 150 millions d’euros, le développement du FF72 bénéficie déjà de près de 25 millions d’euros de financements, dont 13 millions apportés par des investisseurs français. Fin 2025, Positive Aviation avait également signé un contrat de 170 millions de dollars avec l’américain Bridger Aerospace portant sur dix appareils.

Au-delà de la seule innovation technologique, les promoteurs du projet entendent structurer une filière industrielle française dédiée à la lutte aérienne contre les mégafeux, un marché appelé à croître avec la multiplication des incendies de grande ampleur.


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