Couverture du journal du 25/09/2020 Consulter le journal

Les hauts et les bas des petits commerces en 2019

Les commerces de proximité de Loire-Atlantique affichent globalement des résultats d’activité en hausse en 2019 selon les données de l’Observatoire économique du CGALA. Mais avec des disparités. Tour d’horizon.

Les fleuristes indépendants de Loire-Atlantique accusent une baisse marquée de leur activité sur 2019, avec -4,32% de chiffre d'affaires.

Les commerces de proximité de Loire-Atlantique affichent globalement des résultats d’activité en hausse en 2019 selon les données de l’Observatoire économique du CGALA. Mais avec des disparités. Tour d’horizon.

Chaque mois, le centre de gestion de Loire-Atlantique (CGALA) publie les résultats du chiffre d’affaires hors taxes de 400 petits commerces de Loire-Atlantique, des établissements qui emploient trois salariés maximum. Les données de décembre sont l’occasion de réaliser le bilan sur l’année écoulée.

« Si l’on analyse la synthèse des chiffres depuis 2017, un élément interpelle : le nombre de secteurs qui enregistrent une diminution de leur chiffre d’affaires sur douze mois », expose Antoine Chatellier, analyste du CGALA. En décembre 2017, sept professions étaient en baisse sur 12 mois. En décembre 2018, elles n’étaient plus que quatre. Enfin, en décembre 2019 seulement trois (boucherie, fleuriste et confection femme) sur les douze professions étudiées étaient concernées. « 2019 est donc plutôt satisfaisante, surtout compte tenu des dix dernières années avec des crises successives », estime Antoine Chatellier.

Une situation à nuancer au regard des types de profession et des règles qui changent. Ainsi de l’optique (+3,01% en 2019) qui est en pleine réorganisation avec les nouveaux modes de remboursement en cours de mise en place. 

Des changements d’habitudes de consommation

De leur côté, alimentation (+3,91% en 2019) et boulangerie (+7,29%) se portent bien. « Les boulangers ont des fournisseurs puissants qui permettent de maintenir les marges. Ils bénéficient d’un changement d’habitudes de consommation puisqu’ils sont aussi devenus des magasins de restauration rapide. » De même pour la charcuterie, en hausse progressive depuis 2017 et qui poursuit en 2019 (+1,67%), avec le développement de son offre traiteur pour la restauration du midi.

En revanche, les fleuristes accusent une baisse marquée sur 2019 (-4,32%) avec un accroissement de la concurrence et des enseignes nationales qui se sont bien développées au détriment des indépendants. 

La boucherie aussi continue de voir son activité diminuer (-2,46% en 2019) : « Il s’agit d’une baisse plus structurelle, avec une érosion de la consommation, analyse Antoine Chatellier. Les consommateurs estiment que la viande est chère, qu’elle provoque des problèmes de santé et sont sensibles à la question de la maltraitance animale. Depuis la fin des années 1980 et la crise de la vache folle, beaucoup de boucheries ont disparu. C’est un métier dur physiquement, difficile à exercer seul et embaucher un salarié coûte souvent trop cher. Certains ont préféré arrêter leur activité commerciale pour rejoindre la grande distribution. »

Fait notable en 2019 : les bijoutiers et les chausseurs ont disparu de l’étude. Il n’y en a plus suffisamment, avec le développement des grandes chaines. En revanche, l’esthétique fait son entrée dans les analyses de l’observatoire, « c’est un secteur qui a le vent en poupe et on compte aujourd’hui une vingtaine d’entreprises dans nos analyses ».