Couverture du journal du 30/07/2021 Consulter le journal

Les grandes entreprises s’intéressent aux « Maker »

Près de 400 Maker seront présents du 2 au 4 juillet, après une parenthèse d’un an, pour la nouvelle édition du Nantes Maker Campus qui se déroulera sous les nefs de l’Île de Nantes.

Makers

Les Maker présentent leurs créations en direct au public sous les nefs © I. J.

C’est le plus important événement du genre en France, organisé par l’équipe des Machines de l’île et l’agence Make-me spécialisée dans les nouvelles technologies et le mouvement des Maker. Il attire aussi des entreprises bien installées qui viennent à la rencontre de jeunes passionnés et doués dans le domaine de la création et de l’innovation.

BRAS ARBRE AUX HERONS DETAIL

L’UIMM est partenaire de la Compagnie La Machine et du projet de l’Arbre aux Hérons. Un bras prototype avec trois nacelles de 35 tonnes et 16,5 mètres d’envergure, est actuellement testé sur l’Île de Nantes. © I.J

D’un côté, forts des nouveaux outils qu’ils s’approprient et avec l’aide du financement participatif, les Maker se professionnalisent et créent leur entreprise. « Ils participent ainsi à la relocalisation de la fabrication et au développement économique de leur territoire. La pandémie a permis de mettre en lumière l’inventivité des Maker, comme dans l’opération Les visières solidaires lorsqu’il manquait des visières sur le territoire et qu’il a fallu en fabriquer et les fournir à ceux qui en avaient besoin », souligne Jean-Baptiste Le Clec’h, président de l’agence rennaise Makeme. Plusieurs Maker nantais ont aussi mis au point des respirateurs artificiels.

« Cela a redonné du sens et permis de remettre en lumière cette communauté car la fabrication locale est au cœur du mouvement des Maker, explique encore Jean-Baptiste Le Clec’h. Nous avons une nouvelle génération qui débarque. Des jeunes qui ont toujours connu les imprimantes 3D, qui ne sont pas surpris par cette technologie et qui ont appris à faire de la programmation. C’est leur monde. »

Implication de 3DS Dassault Systèmes

L’autre aspect est l’implication des grandes entreprises et des industriels auprès de ce mouvement. Ainsi le Nantes Maker Campus s’est attaché deux partenaires principaux que sont 3DS Dassault Systèmes et l’UIMM Loire-Atlantique (Union des industries métallurgiques et minières). 3DS Dassault Systèmes développe ainsi Solidworks, un logiciel de conception assistée par ordinateur 3D, utilisé par les plus grandes entreprises, comme Airbus, Boeing, mais aussi dans les collèges et lycées français, et le logiciel CATIA sur le cloud qui permet non seulement de modéliser n’importe quel produit, mais également son comportement en contexte, à destination des architectes système, des ingénieurs, des professionnels de la construction et autres concepteurs.

« Aucune barrière entre la tête et les mains »

Avec son intégrateur Visiativ, éditeur et intégrateur de solutions de conception et d’imprimantes 3D, Dassault Systèmes accompagne de son côté les étudiants, les Maker, les Fablab et les start-up. Partenaire du Nantes Maker Campus pour la deuxième année, 3DS Dassault Systèmes va à cette occasion, certifier des Maker. « Dassault a offert par ailleurs trente licences de CATIA à la Compagnie La Machine pour son bureau d’études. C’est un investissement énorme, traitant la Compagnie comme les universités américaines. Il faut savoir que 90% des examens d’instituts de technologie sur la CAO se font sur Solidworks. Depuis quinze ans ils ont fait un travail de fonds en offrant des licences sur Solidworks. Pour les jeunes calculateurs ils ont créé une catégorie Maker. Ils vont mettre des dizaines de logiciels quasiment gratuits à leur disposition. Et au Nantes Maker Campus, pour les Maker qui se sont formés eux-mêmes mais qui n’ont pas dans leur CV la certification sur Solidworks, ils proposeront la validation Dassault Systèmes », précise Pierre Orefice directeur des Machines de l’île.

 

Des enjeux de recrutement

« Quarante certifications peuvent être données pendant le Maker Campus. Derrière, c’est un vrai passeport pour l’emploi. Ce sont quarante personnes qui vont sortir d’ici avec une certification professionnelle. En septembre elles pourront trouver un emploi grâce à cela », note Jean-Baptiste Le Clec’h qui rappelle aussi que « chez un maker, il n’y a aucune barrière entre la tête et les mains. Il est aussi important pour eux de développer un programme informatique que de travailler le bois et l’acier. »

Ce qui explique le renouvellement du partenariat de l’UIMM qui vise la promotion des métiers de la métallurgie à cette occasion. « Ces métiers sont au cœur des activités des Machines de l’île pour l’entretien et la maintenance du Grand éléphant, des animaux mécaniques et de la Compagnie La machine pour ses constructions. Nous partageons les mêmes enjeux de recrutement que les industriels du territoire. Nantes Maker Campus permet aux visiteurs d’imaginer leur avenir comme créateur, concepteur et constructeur, et c’est l’occasion de dire que l’industrie, c’est la fabrique de l’avenir », précise une représentante de l’UIMM qui rassemble, en Loire-Atlantique 295 entreprises. Cette organisation bénéficie d’ailleurs de la Fab’Academy du Pôle formation Pays de la Loire, basée à Bouguenais conçue pour répondre aux besoins de formation de l’industrie.