Les angles morts de la gouvernance que les dirigeants ignorent

Toute gouvernance cherche à rendre l’organisation plus lisible, elle produit des indicateurs, formalise les responsabilités, organise les contrôles et structure la remontée d’information. Mais en choisissant ce qu’elle mesure, ce qu’elle regarde et ce qu’elle fait remonter, elle dessine aussi, involontairement, les contours de ce qu’elle ne voit plus.

Myriam Dami

Myriam Dami BENJAMIN LACHENAL - IJ

Conseil d’administration, comité d’audit, cartographie des risques, contrôle interne, dispositifs d’alerte… rarement les entreprises ont disposé d’autant d’outils pour organiser leur gouvernance. Pourtant, leur sophistication ne garantit pas que les dirigeants disposent d’une représentation fidèle de leur organisation.

C’est tout le paradoxe. Pour gouverner une organisation complexe, il faut nécessairement simplifier : sélectionner l’information, hiérarchiser les risques, attribuer les responsabilités, construire des indicateurs. Ces mécanismes rendent la décision possible, mais déterminent aussi ce qui mérite l’attention et ce qui restera à sa périphérie. Les angles morts ne sont donc pas toujours extérieurs au système de gouvernance. Ils peuvent être produits par lui.

Le premier apparaît dans l’information qui remonte. Un dirigeant ne décide jamais à partir de toute l’information disponible, mais de celle qui franchit les différents niveaux de l’organisation. À mesure qu’elle remonte, celle-ci est sélectionnée, synthétisée et contextualisée. Ce phénomène est indispensable, mais il peut neutraliser précisément ce qui devrait alerter : une anomalie difficile à quantifier, une objection isolée, un incident considéré comme mineur ou une inquiétude sans indicateur associé…

Découvrez le Dossier : [ Le cercle des experts ]

Inscription à la newsletter

Notre dernier magazine

Lire nos magazines