Couverture du journal du 16/07/2024 Le nouveau magazine

Label renouvelé pour la French tech ligérienne

Début février, la capitale nantaise et ses cinq communautés (Vendée, Saint-Nazaire, Le Mans, Angers, Laval) ont à nouveau reçu le label French tech pour une durée de trois ans. Une confiance renouvelée par l’État avec un double enjeu : continuer à valoriser les entrepreneurs de l’innovation locale et structurer les différents acteurs du réseau.

French tech saint-Nazaire

Un atelier "Talents et recrutements" organisé en novembre 2022 par la communauté French tech Saint-Nazaire, au Spi numérique. © DR

« La French tech, tout le monde en parle et se l’approprie, mais son objet n’est pas toujours clair, analyse Anaïs Vivion, présidente de la French tech Nantes. Rappelons que c’est une organisation étatique, appuyée sur des organisations entrepreneuriales du numérique, dont la mission est de faire en sorte que le numérique et la tech soient une filière économique à part entière, avec une reconnaissance nationale et internationale. » Et d’ajouter : « C’est un système assez pyramidal en fin de compte. Il y a d’une part les capitales (Nantes en est une) et d’autre part les communautés. En ce qui me concerne, je me rends tous les deux mois à des conseils nationaux des présidents des capitales French tech où nous sommes avec le ministre pour faire remonter ce qui se passe en région et travailler sur la feuille de route. »

« Pour s’en revendiquer, il faut satisfaire des critères exigeants, appuie Mikaël Vincent, délégué général pour La French tech Vendée. La labellisation n’est pas acquise une fois pour toute. Il a fallu obtenir des parrainages, produire un portrait de l’écosystème local, un bilan des actions portant sur la période précédente et des axes d’amélioration pour la prochaine. Le tout est évalué par un jury. C’est tout sauf de l’amateurisme ! C’est aussi pour cette raison que le label French tech participe à l’attractivité d’un territoire. »

« Après avoir travaillé la visibilité ces trois dernières années, nous sommes désormais dans une phase de structuration de la French tech, ajoute Anaïs Vivion. Il s’agit de se donner les moyens d’être souverains à l’échelle européenne sur un grand nombre de sujets : l’innovation au sens large du terme et un peu plus ces derniers temps sur le numérique et le digital. »

Une feuille de route commune

« Même si la “couleur” est différente d’un territoire à l’autre, poursuit-elle, Nantes et ses communautés sont très alignées sur l’Ouest de la France (Bretagne, Normandie, Bordeaux, Toulouse…) en termes de thématiques de travail. Parmi elles : développer la techno et l’innovation au service des transitions et des enjeux de société. Comment aider nos start-up à prendre conscience que le numérique et l’innovation ne sont pas neutres d’un point de vue carbone ? Cela concerne toutes les start-up et pas uniquement celles à impact par nature. La mixité homme/femme ainsi que l’inclusion (soutenir des entrepreneurs dans les minimas sociaux) sont aussi des volets communs importants. Enfin, nous travaillons tous au rapprochement réel entre PME, ETI et start-up. On a la chance d’avoir un super terrain de jeu, entre les gros bassins industriels vendéen et manceau, Angers pour l’électronique, Laval et Saint-Nazaire avec les chantiers… Notre objectif est de mettre les start-up et les services innovation des entreprises dans les mêmes locaux, les mêmes événements, afin de créer de la valeur et de renforcer la vision régionale de la French tech. Un travail de coordination important, sans oublier, bien sûr, l’animation de notre propre territoire en soutenant le développement de nos 300 start-up membres (4 500 emplois), faisant de Nantes le troisième écosystème après Paris et Lyon. » Elle conclut : « La French tech Nantes est une grosse association. Elle embarque avec elle 14 membres permanents, un événement reconnu au national (le Web2Day) pour un budget annuel d’environ 2 M€. »

Favoriser la collaboration entre les French tech régionales

Des moyens bien en deçà pour les communautés voisines de Vendée et de Saint-Nazaire (une centaine d’adhérents chacune) mais qui n’empêchent pas le dynamisme local.

« Si nous animons nos périmètres géographiques de façon indépendante, on vit quand même dans un monde interconnecté, reconnaît Mikaël Vincent. En Vendée, par exemple, nous conduisons et proposons aux écosystèmes voisins des collaborations et des échanges. » Même son de cloche pour Pierre Minier, le nouveau président de la French tech Saint-Nazaire, qui couvre désormais trois territoires : Cap Atlantique, la Carene et Pornic Pays de Retz. « Nous avons des points de convergence avec la Vendée sur la tech et l’industrie, avec un enjeu partagé : recenser toute la partie numérique industrielle qu’on ne voit pas, mais qui pèse en termes d’emploi et d’attractivité sur nos territoires. En ce qui nous concerne, nous sommes une communauté de dirigeants bénévoles et la seule French tech des Pays de la Loire à ne pas avoir de permanent, précise-t-il. Ce n’est pas toujours évident de faire tourner la French tech de façon opérationnelle, néanmoins on essaie d’être créatifs ! Parmi nos ambitions 2023, le lancement avant la fin de l’année de la saison 2 de l’école des investisseurs. Une approche en miroir partant du principe qu’on apprend aux startuppers à pitcher mais pas aux investisseurs à identifier les bons projets et à gérer leurs prises de participation. C’est une action destinée aux petits porteurs et aux projets émergents en phase d’amorçage. On prévoit de revoir le format pour innover sur cette deuxième saison. »

Pour Mikaël Vincent, « la re-labellisation sera l’occasion de décliner des verticales autour de nos savoir-faire locaux, en corrélation avec les différentes transitions. Concrètement, nous allons constituer des groupes de réflexion et mobiliser des experts sur des sujets d’importance comme l’agroalimentaire, l’énergie, la cybersécurité, l’impact et, bien sûr, l’industrie. L’autre enjeu commun à tous les territoires, c’est la question de la rétention des talents. Si les idées naissent partout sur les territoires, leur développement nécessite un rapprochement vers la métropole la plus proche, voire Paris qui catalyse encore la plupart des centres de décision institutionnels et financiers. Les scale-up, ces start-up ayant réussi à changer d’échelle, fuient inévitablement mais conservent souvent leur siège et un investissement local. Réjouissons-nous, assure-t-il. La French tech a renforcé les moyens ces dernières années pour développer les start-up en région et donner plus de lumière aux capitales. Tout ne se passe pas qu’à Paris et le Covid a été un accélérateur de tendance ! »

 

Les chiffres clés de la French tech

16 capitales

32 communautés en France

67 communautés à l’international

52 pays couverts à travers le monde

6 000 start-up impliquées dans le réseau

1 400 bénévoles dans les boards du réseau des capitales et communautés dont 70 % d’entrepreneuses et d’entrepreneurs

et 1/3 de femmes

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