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Jean-René Savary, dirigeant de Sportcom : « Nous fournirons les rings de boxe des prochains JO »

Née à Treillières en 2003, Sportcom (6 M€ de CA en 2023 pour 22 salariés) conçoit et assemble des équipements de sports de combat. Bénéficiant d’une forte reconnaissance internationale, l’entreprise, créée par l’ancien boxeur professionnel et coach Jean-René Savary, vient d’être retenue pour fournir les rings de boxe des Jeux Olympiques 2024 de Paris. De quoi renforcer sa notoriété, tout en boostant au passage son activité à l’export.

Jean-René Savary, le fondateur de Sportcom. ©Sportcom

Jean-René Savary, le fondateur de Sportcom. ©Sportcom

Sur quoi porte l’appel d’offres que Sportcom a remporté pour les prochains JO ?

L’appel d’offres du Comité international olympique (CIO) que nous avons remporté concerne à la fois la mise à disposition des rings de boxe, leur installation, maintenance, démontage et leur recyclage.

Concrètement, nos rings seront installés sur différents sites : celui de Villepinte où auront lieu les combats éliminatoires, mais également à Roland-Garros, sur le court Philippe Chatrier, où deux rings de compétition accueilleront les demi-finales et finales du tournoi olympique.

Le site d’entraînement des boxeurs, situé au sein du gymnase Max Rousié à Paris, est lui aussi concerné : on doit y installer des rings d’entraînement et des sacs de frappe. Il en est de même pour les tournois qualificatifs organisés en février et mai à Milan et Bangkok : c’est Sportcom qui fournira les rings et tout l’équipement d’entraînement.

Que vont devenir ces rings après les JO ?

Ceux installés en France seront mis en vente à l’issue des jeux. Pour les clubs locaux, cela constituera l’occasion de s’équiper d’un ring qui aura servi aux JO. En revanche, pour ceux installés à l’étranger pour les tournois qualificatifs, le bon sens voudrait que les fédérations locales nous achètent ce matériel une fois les épreuves terminées.

« À nous de travailler pour que l’histoire se répète »

Est-ce une opération rentable pour l’entreprise ?

Comme pour toutes les épreuves des JO, le comité d’organisation exige des entreprises de leur fournir sans frais le matériel sportif. Certaines entreprises le donnent, d’autres le prêtent… Nous, on leur met notre équipement sportif à disposition et il y en a pour plusieurs centaines de milliers d’euros de matériel.

Si l’opération n’est pas rentable d’un point de vue financier, elle l’est en termes de notoriété puisque les JO vont offrir une visibilité mondiale à nos produits. D’un point de vue marketing, on compte valoriser auprès de nos clients le fait d’avoir été choisis par le CIO comme fournisseur officiel. C’est un gage de crédibilité sur le marché, une reconnaissance de la qualité de nos produits et de notre savoir-faire, sans compter que cela prouve également notre capacité à participer à l’organisation d’événements sportifs de dimension internationale.

Des exemples d’espaces dédiés aux sports de combat réalisés par Sportcom, ici le Boxium Club Paris.

Un exemple d’espace dédié aux sports de combat réalisé par Sportcom, ici le Boxium Club Paris. ©Sportcom

Sportcom avait déjà remporté l’appel d’offres des rings des JO de Londres en 2012. Quels avaient été les retombées de cette opération pour l’entreprise ?

Cette forte visibilité a largement contribué à la croissance de l’entreprise, puisque nos ventes avaient fortement augmenté, aussi bien en France qu’à l’export après les jeux de Londres (+15 % environ). Maintenant, à nous de travailler pour que l’histoire se répète et qu’elle ne s’arrête pas là !

« Un accélérateur pour notre activité à l’international »

Considérez-vous la visibilité dont Sportcom va bénéficier lors des JO de Paris comme un nouveau tremplin à l’export ?

Le mot tremplin est sans doute un peu fort, mais c’est sûr que cette visibilité sera un accélérateur pour développer notre activité à l’international. Sur ce point précis, la Team France Export de la CCI Nantes St-Nazaire nous aide beaucoup dans la prospection et elle nous met en relation avec les bons interlocuteurs sur place.

Quelle part représente l’export dans votre chiffre d’affaires et quels sont les marchés les plus prometteurs ?

L’export représente aujourd’hui 30 % de notre chiffre d’affaires (6 M€ en 2023), qui est en croissance de 5 à 12 % depuis la création de l’entreprise en 2003. Les marchés les plus prometteurs sont l’Angleterre et l’Allemagne car ce sont des pays où les sports de combat sont déjà bien structurés et ils représentent plus de 140 millions de personnes. Si nous sommes déjà présents sur ces deux marchés, il faut que l’on accélère en y créant des partenariats ou des filiales.

 

Un autre espace réalisé par Sportcom, à Nottingham. ©Sportcom

Un autre espace réalisé par Sportcom, à Nottingham. ©Sportcom

Quelles organisations sportives fournit Sportcom aujourd’hui ?

On travaille avec les différentes fédérations internationales de boxe, kick boxing, karaté, lutte, judo… Ce sont des partenaires fidèles pour lesquels on assure un support technique et logistique. C’est également le cas des grands promoteurs du monde de la boxe et du MMA (arts martiaux mixtes, NDLR) français et européen (FMMAF, ARES) avec qui on travaille également.

« On a toujours une obsession de croissance »

La boxe et les arts martiaux mixtes (légalisés en 2020 en France) sont en plein boom en France, tout comme les sports de combat dans les salles de fitness. Dans quelle mesure cette tendance bénéficie-t-elle à votre entreprise ?

C’est une tendance gagnant-gagnant pour Sportcom sur le plan commercial car les équipements sportifs de boxe, de MMA ou de sports de combat sont notre cœur de métier. Nos produits phares sont les rings, cages, tapis et tout ce qui est matériel de frappe. Nous sommes d’ailleurs leaders sur le marché français et un acteur important du marché européen.

Depuis six ou sept ans, les clubs de fitness ont pris conscience que les sports de combat apportent quelque chose de nouveau à leurs adhérents et ils investissent massivement dans ces nouvelles pratiques. Concrètement, cela se concrétise par une forte augmentation des ventes d’espaces complets (composés de cages, rings et sacs de frappe) aux franchises les plus notoires du monde du fitness, aussi bien sur le plan national qu’international.

« Doubler notre chiffre d’affaires dans les dix ans à venir »

Quelles sont vos ambitions de développement à moyen et long terme ?

On a une obsession de croissance. On compte doubler notre chiffre d’affaires dans les dix ans à venir. On a déjà les produits et les clients… Ça n’est donc qu’une question de temps.

Au-delà de la conception et de l’assemblage des équipements de sport, notre métier c’est aussi de concevoir des espaces. On a un bureau d’études et de conseil qui est là pour épauler nos clients dans leur projet. Concrètement, il conseille nos clients sur comment aménager leurs espaces, quels équipements choisir… Notre objectif est donc aussi de continuer à développer cette activité à l’avenir.

Les rings de l'entreprise basée à Treillières seront mis en lumière lors des Jeux Olympiques 2024. ©Sportcom

Les rings de l’entreprise basée à Treillières seront mis en lumière lors des Jeux Olympiques 2024. ©Sportcom