Couverture du journal du 16/02/2024 Le magazine de la semaine

Financement d’un projet innovant : quelles attentes ?

La French Tech Saint-Nazaire-La Baule-Pornic a organisé le 26 septembre une table-ronde au palais des congrès Atlantia autour du financement des projets innovants. Devant une centaine de personnes, regards croisés d’entrepreneurs, investisseurs et structures d'accompagnement.

Geoffroy Roux de Bézieux

Pour Geoffroy Roux de Bézieux (à droite), « les investisseurs ont gagné en maturité et savent mieux faire les bons choix ». © IJ

Pour un entrepreneur en plein lancement de projet innovant, avant même de chercher à lever des fonds, il convient de « bien s’entourer dès la création de la société, pour maturer le projet le plus tôt possible », préconise Marie Morino, responsable d’affaires PME chez TGS France, cabinet de conseil interdisciplinaire. Il y a un vrai « enjeu d’anticipation », quel que soit le montant souhaité, d’autant qu’est survenu un « éclatement de la bulle ».
Geoffroy Roux de Bézieux, qui a investi dans de nombreuses start-up, fait part de son expérience en la matière dans le cadre d’ISAI, le fonds d’investissement dont il est le cofondateur. Il a notamment misé, et avec succès, sur Blablacar, puis Evaneos, la start-up qui a révolutionné le voyage par un accompagnement sur-mesure avec guide local. Pour l’ancien patron du Medef, l’envol de cette dernière a résidé dans la « force du modèle inventé et le respect du business model prévu ». Yvan Wibaux acquiesce et complète : « C’est une question de personnes qui nous a permis de faire grandir l’entreprise. Mais accueillir un investisseur, c’est aussi parvenir à concilier deux mondes pour écrire une histoire capitalistique cohérente », admet le cofondateur d’Evaneos (100 M€ levés en 15 ans), qui vient d’en lâcher les manettes opérationnelles tout en demeurant actionnaire.

Transparence et cohérence  

Pour Geoffroy Roux de Bézieux, si « l’entrepreneur reste le patron », l’investisseur attend toutefois de la « transparence, des idées, un plan B, une capacité à se réinventer et à sentir les opportunités du marché ». En définitive, « les intérêts doivent être alignés », résume l’ancien patron des patrons, pour qui « les investisseurs ont gagné en maturité et savent mieux faire les bons choix ». Selon François Macé, président d’Abab (Atlantique business angels booster), dont l’objectif est de financer et accompagner les projets innovants de la région, les investisseurs choisissent rarement une personne seule, plutôt une équipe : « C’est plus rassurant pour la cohérence du projet ».
Quant au domaine dans lequel investir, Geoffroy Roux de Bézieux conseille « de ne pas aller vers les domaines qui fonctionnent, par exemple l’intelligence artificielle, simplement car il y a déjà beaucoup de concurrence ». Plus que des domaines d’activité, il préconise de choisir avant tout des business models qui fonctionnent.