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Fétis mise sur l’hydrogène

Le groupe familial Fétis, fondé en 1978 par Jacques Fétis et qui regroupe aujourd’hui une vingtaine d’entreprises (Secom, Secodi…), essentiellement dans le bassin nantais, est spécialisé dans la motorisation lourde (machines agricoles, travaux publics, engins miniers) et marine (pêche, servitude, transport de passagers).

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Le groupe familial Fétis, fondé en 1978 par Jacques Fétis et qui regroupe aujourd’hui une vingtaine d’entreprises (Secom, Secodi…), essentiellement dans le bassin nantais, est spécialisé dans la motorisation lourde (machines agricoles, travaux publics, engins miniers) et marine (pêche, servitude, transport de passagers). Présent dans neuf pays, il compte aujourd’hui plus de 550 collaborateurs pour un chiffre d’affaires de 150 M€ en 2020.

Originellement tourné vers les moteurs diesel (Secodi est distributeur des moteurs Perkins pour la France), le groupe a pris conscience de sa nécessaire transition environnementale. « L’épisode Covid a renforcé cette prise de conscience », souligne  Damien Fétis, son président, qui affiche aujourd’hui une ambition forte : « devenir un intégrateur européen majeur de la mobilité lourde décarbonée, en utilisant l’hydrogène comme levier incontournable. » Le groupe considère en effet l’hydrogène comme une des solutions les plus intéressantes pour compléter l’électrique en répondant à ses limites en matière d’autonomie. Fétis veut ainsi permettre aux constructeurs d’accélérer la mise sur le marché de machines neuves décarbonées, mais aussi se positionner sur le marché du rétrofit (remplacement d’un moteur thermique par un moteur électrique à batterie ou à hydrogène).

Pour Damien Fétis, il s’agit « d’un virage majeur en termes de stratégie d’entreprise et de création d’emplois. On était distributeurs de moteurs, on devient une société technologique », résume-t-il. Le groupe consacre d’ailleurs 1,5 M€ à la R&D… Pour conduire sa stratégie, le groupe nantais mise sur plusieurs leviers, à commencer par sa propre montée en compétences. « Il y a un enjeu fondamental de transformation technique, métier, depuis le bureau d’études jusqu’au technicien de maintenance, relève le président du groupe. Aujourd’hui, il existe très peu de formations donc nous nous concentrons sur l’apprentissage, mais aussi sur la conversion de nos techniciens et ingénieurs. » Fétis compte aussi faire évoluer son organisation « avec la concentration de nos ressources autour d’un pôle électrification » et accélérer sur le recrutement (45 postes sont ouverts actuellement).

Enfin, dernier levier et non des moindres, le groupe mise sur « la collaboration, ce qui est nouveau pour nous », souligne Damien Fétis. Le président souhaite ainsi s’inscrire dans une chaîne de valeur complexe, qui part de la production pour aboutir aux usages, en passant par le stockage, le transport et la distribution. « Nous nous positionnons entre la distribution et les usages. Notre rôle est de nous assurer que les équipements soient en mesure d’utiliser l’hydrogène ». Dans cette chaîne de valeur, plusieurs partenariats sont d’ores et déjà officialisés, que ce soit avec Lhyfe (production d’hydrogène vert), Symbio pour la partie technologique, Manitou pour la partie constructeur, Charier pour la partie usages. « Notre objectif est qu’en 2030, le chiffre d’affaires soit plus important sur les énergies renouvelables que sur les énergies carbonées diesel », conclut le président du groupe.