Couverture du journal du 17/09/2021 Consulter le journal

FCE France : « On veut rendre jalouses les New-Yorkaises »

Présidente de Femmes chefs d’entreprises France (FCE) depuis le 1er janvier, Carine Rouvier était à Nantes les 3 et 4 juin. L’occasion de faire le tour des sujets de l’association et de l’entrepreneuriat au féminin.

Laurence VERNAY, Présidente de FCE Bretagne Pays de la Loire et Carine ROUVIER, Présidente de Femmes chefs d’entreprise France © I.J

Nouvellement élue à la tête de l’association Femmes chefs d’entreprises (FCE) France, Carine Rouvier fait le tour des délégations de France métropolitaine et des territoires d’outremer. Histoire d’insuffler un vent de détermination et d’optimisme aux femmes dirigeantes. Car certaines ont souffert ou souffrent de la crise. À Nantes, les 3 et 4 juin, une quarantaine de femmes cheffes d’entreprise des quatre délégations que compte la Loire-Atlantique sont donc venues à la CCI Nantes St-Nazaire partager leur actualité avec Carine Rouvier.

« Faire que chaque pion avancé ne recule pas »

« Nous ne sommes pas un syndicat mais un lieu d’échanges. Nous n’avons pas de statistiques précises, mais nous constatons que les écarts se creusent entre celles qui ont des difficultés et celles qui redémarrent vite mais manquent de bras par exemple », explique la présidente de FCE France. D’autres ont des difficultés mais pour gérer leur croissance. « Cela peut être des questionnements sur le bon moment pour sous-traiter, diversifier son activité, indique Laurence Vernay, présidente de FCE Bretagne Pays de la Loire. Avec nos techniques de codéveloppement, on se trouve des solutions en deux heures. »

Autre sujet d’importance pour la nouvelle présidente au niveau national : expliquer la mise en œuvre de son programme. Celui-ci s’appuie sur deux axes : une modernisation de la communication de l’association – trois salariés ont été embauchés – et la structuration des délégations. « Nous sommes de plus en plus nombreuses. Nous sommes passées de 40 à 65 délégations et nous comptons encore croître. Parmi les changements, désormais, chaque présidente d’antenne régionale partagera la gouvernance avec moi. »

L’association, qui a œuvré en faveur des quotas de femmes dans les comités exécutifs des grandes entreprises, réfléchit à de nouveaux chevaux de bataille. Par exemple, le financement des entreprises dirigées par des femmes et l’accès aux subventions. « Des fonds spécifiques existent pour les femmes mais c’est sans commune mesure avec tous ceux qui ne ciblent pas spécifiquement les hommes évidemment mais qui, dans les faits, leur en attribuent une grosse part. Les préjugés quant au manque d’ambition des femmes sont toujours prégnants. C’est vrai que, souvent, elles sont plus prudentes et demandent moins d’argent. Or les financeurs n’aiment pas ça car ils se disent que ça ne leur rapportera pas… Alors qu’au contraire, souvent, elles ont des projets plus solides. On voudrait instaurer une mixité du financement. »

Un congrès mondial en 2023

Parmi les projets à venir, le prochain congrès, organisé à Nice du 7 au 9 octobre, et ouvert à toute cheffe d’entreprise, même non adhérente. Et, surtout, un congrès mondial des femmes dirigeantes programmé pour novembre 2023 à Paris sur le thème de l’intelligence entrepreneuriale au féminin.

« Nous devons faire preuve d’exemplarité et d’ambition, indique Carine Rouvier. Nous devons balayer nos complexes sur les notions de pouvoir, d’argent, d’ambition et rendre jalouses les New-Yorkaises et les Canadiennes ! »

L’événement servira de vitrine à l’entrepreneuriat féminin français. Pour cela, FCE France entend inciter les cheffes d’entreprise à ouvrir les portes de leurs structures à cette occasion. Avec, au passage, un appel à partenariat financier pour organiser ce congrès de trois jours… Des discussions avec d’éventuels sponsors sont en cours mais rien de signé pour l’instant.

« Notre leitmotiv est de tisser un réseau d’influence, tout comme le ferait n’importe quel chef d’entreprise. Certaines ont d’ailleurs déjà beaucoup de mandats, dans un tribunal de commerce, aux prud’hommes… Nous ne sommes pas un club business. Nous avons des ramifications dans les chambres consulaires, nous sommes consultées par le gouvernement, notre action est sous-marine, pas frontale. Et, surtout, nous voulons faire en sorte que chaque pion avancé ne recule pas », souligne Carine Rouvier.

Les chiffres de FCE dans la région

L’association compte près de 200 membres en Pays de la Loire et 62 en Loire-Atlantique. Pour Laurence Vernay, il faudrait créer une délégation à Saint-Nazaire qui n’en a pas pour l’instant, ainsi qu’en Mayenne et dans la Sarthe. Contact : laurence.vernay@tgs-avocats.fr