Couverture du journal du 01/07/2024 Le nouveau magazine

Eau : le programme d’investissement ambitieux de Nantes Métropole

En investissant 90 M€ dans la nouvelle usine d’eau potable et 800 M€ pour la collecte et le traitement des eaux usées jusqu’en 2040, Nantes Métropole entend faire face au défi de l’eau.

usine de l'eau de la Roche

L'usine de l'eau de la Roche à Malakoff a été entièrement transformée depuis 2010. Image Nantes Métropole

L’usine de traitement de l’eau potable de la Roche est un outil vital et stratégique. Depuis 2010, elle a fait l’objet d’une reconstruction à neuf, lui permettant de traiter 160 000 m3 avec une extension possible à 200 000 m3 d’eau par jour. Elle peut ainsi produire au moins l’équivalent de 45 bassins olympiques par jour.

Les travaux viennent de s’achever. Nantes Métropole y a consacré 71,5 M€, abondés par l’Agence de l’eau Loire-Bretagne (12,5 M€) et le Département (6 M€). Les effets du changement climatique et l’accroissement démographique conduisent la collectivité à veiller à assurer de manière pérenne l’approvisionnement en eau. La sécheresse de 2022 a montré combien l’équilibre est fragile dans ce domaine.


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Mieux traiter l’eau de la Loire

La nouvelle usine est désormais plus performante pour traiter la turbidité de l’eau captée en Loire. Le phénomène de bouchon vaseux, caractéristique des estuaires, affecte en effet la production d’eau potable à Nantes. Il se rencontre lorsque le débit de la Loire est faible et accentué lors de forts coefficients de marée. Les sédiments chargés de matières organiques forment une zone de très forte turbidité, réduisant temporairement la capacité de traitement de l’usine de la Roche. Les nouvelles installations sont plus efficaces et doivent permettre de traiter plus facilement ces eaux turbides et maintenir la conformité de l’eau potable fournie aux habitants.

Schéma directeur

Parallèlement, un nouveau schéma directeur de l’assainissement adopté le 28 juin par le Conseil métropolitain vise à réduire, d’ici quinze ans, les rejets d’eaux usées dans les milieux naturels. En fiabilisant ses vingt-cinq stations d’épuration, en renouvelant et en redimensionnant ses canalisations ou en construisant des bassins de stockage et de restitution sur les rives de l’Erdre, ce plan devrait diminuer de 80 % les flux annuels de rejets d’eaux usées et produire 40 GWh/an de biométhane d’ici 2050.

40 M€ pour sauver la Loire : un projet ambitieux de la Région

Affirmant sa priorité pour la reconquête de la ressource en eau, la Région des Pays de la Loire s’est fortement investie pour restaurer la Loire et ses bassins versants. Le programme de travaux de rééquilibrage 2021-2026 entre dans sa dernière phase avec des interventions de remodelage sur les anciens ouvrages de navigation et la création d’une zone de transition en amont de Nantes. 40 M€ y seront consacrés, cofinancés par la Région (11,26 M€), l’État et l’Union Européenne.

Les actions portent sur le rehaussement du lit du fleuve, la restauration des annexes hydrauliques, les actions transversales de communication et d’animation, ainsi que la gestion et l’acquisition des zones humides. Ainsi, le Conseil a validé, entre autres, l’opération emblématique à Sainte-Luce-sur-Loire. La construction du seuil de « Bellevue » débutera à l’automne 2024 afin de recréer une zone de transition entre la Loire estuarienne aval, profonde et chenalisée, et la Loire en amont à restaurer.

ARP