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[ Dossier Hôtellerie-Restauration ] Jérôme Guilbert, responsable national de la branche discothèque au sein du GNI « On aperçoit enfin la lumière au bout du tunnel »

Gérant de quatre boîtes de nuit nantaises, Jérôme Guilbert a retrouvé confiance en l’avenir depuis la réouverture des discothèques, le 16 février dernier.

Jerome Guilbert, discothèque

En plus d’être à la tête de quatre boîtes de nuit nantaises, Jérôme Guilbert est responsable national de la branche discothèque au sein du Groupement national des indépendants (GNI) hôtellerie-restauration. © D.R.

Dans quelles conditions vos discothèques ont-elles rouvert le 16 février dernier ?

Le contexte est plutôt favorable puisque nos établissements ont rouvert dans des conditions standard, avec comme seule obligation le contrôle du passe vaccinal. On aperçoit donc enfin la lumière au bout du tunnel et, a priori, cette lumière ne devrait plus s’assombrir avant un bon moment. Après avoir subi en fin d’année la fermeture de nos établissements du jour au lendemain, la profession est aujourd’hui bien plus confiante en l’avenir.

Avez-vous rencontré des difficultés pour recruter vos équipes en vue de la réouverture ?

Pour retrouver des salariés, ça n’a pas été évident puisqu’on a perdu l’ensemble de nos équipes à la suite des annonces gouvernementales de début décembre 2021. Il a donc fallu anticiper et se relever les manches, recruter à nouveau et former. Pour ce qui est de la programmation musicale, ça a été beaucoup plus facile puisque les artistes et DJ n’attendaient que ça de pouvoir rejouer et retrouver le public. Globalement, la programmation des semaines et mois à venir va donc être très riche et variée, à l’image de ce que nous avions proposé lors de la réouverture de juillet dernier.

La sécurité, notamment à Nantes, semble être un enjeu d’avenir pour le monde de la nuit. Comment assurez-vous au quotidien celle de vos clients et de votre personnel ?

Nous disposons pour chacune de nos discothèques d’un service externe de sécurité sensibilisé au maintien de l’ordre en intérieur comme aux abords des discothèques. On s’appuie également sur des systèmes de raccompagnement via des taxis et VTC. On travaille aussi en partenariat avec des associations qui luttent contre le sexisme et on fait partie de réseaux d’échanges d’informations contre l’insécurité dans l’ensemble de Nantes. On œuvre enfin beaucoup sur la prévention des risques, et plus particulièrement des drogues.

Comment le Covid a-t-il impacté votre stratégie commerciale et RH à moyen et long termes ?

Le Covid n’a fait qu’accélérer les initiatives que l’on avait mises en place, comme l’amélioration des systèmes de traitement de l’air. Au niveau social, on prend désormais mieux en compte les modes de vie de nos salariés, avec des plannings un peu différents et une considération encore améliorée de la qualité de vie et de la rémunération de nos collaborateurs. On constate d’autre part que le Covid a modifié de façon profonde la façon dont les gens font la fête. Désormais, les clients ont tendance à vouloir réserver leur table avant de venir et ils apprécient d’avoir leur cocktail servi à leur arrivée. On a vraiment basculé sur un service de restauration en mode festif mais sans aliment. Les clients sortent aussi globalement plus tôt, plus souvent, et consomment des boissons plus premium qu’auparavant. Pour nous adapter à ces changements, nous avons mis en place un système de réservation et nous ouvrons désormais à 22h, soit une heure plus tôt qu’avant. L’autre bonne nouvelle, c’est qu’on assiste à beaucoup moins d’alcoolisations massives qu’avant la crise sanitaire. Ce qui est forcément une bonne nouvelle pour les questions de santé publique mais montre aussi qu’on se dirige doucement mais sûrement vers des fêtes de meilleure qualité.

Groupement national des indépendants (GNI) hôtellerie-restauration

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