Couverture du journal du 30/09/2022 Consulter le journal

La Covap investit massivement dans ses infrastructures

Entre la vente de son siège de La Chaize-le-Vicomte en Vendée et la création d’une plateforme logistique complète en Gironde, la coopérative d’achats vendéenne Covap (Comptoir vendéen des artisans plombiers) fourmille de projets.

Vendée, Covap, jean-Luc Feyfant, siège social

La Covap (Comptoir vendéen des artisans plombiers) envisage de vendre son siège social de La Chaize-le-Vicomte. ©Revolution’air view

C’est un chantier qui va changer durablement le visage de la Covap. Jean-Luc Feyfant, président de la coopérative d’achats vendéenne, envisage de vendre le siège social de La Chaize-le-Vicomte considéré comme mal adapté à son activité actuelle.

La base vendéenne comprend trois bâtiments : une grande salle d’exposition de 1300 mètres carrés, le siège avec différents services (1500 mètres carrés) et une zone de stockage extérieur de 3000 mètres carrés. Le futur ensemble composé d’une nouvelle salle d’exposition et du nouveau siège, devrait se trouver 800 mètres plus loin, à proximité de la plateforme logistique de 10 000 mètres carrés, sur une réserve foncière propriété de la Covap.

 » Nous sommes en contact avec un important promoteur immobilier vendéen, indique Jean-Luc Feyfant. Notre volonté est de nous repositionner dans des locaux plus respectueux de normes RSE (responsabilité sociétale des entreprises), plus économes en énergie et respectueux de l’environnement, dans le respect des normes en vigueur. Ce projet peut se déclencher très rapidement, dans les semaines ou mois à venir.  »

La Covap, entend ainsi renforcer sa politique RSE.  » Nous sommes déjà très actifs sur ce sujet, notamment sur son volet environnement avec des tests de véhicules hybrides et électriques mais aussi en améliorant l’isolation du bâtiment. Jusqu’à aujourd’hui, je m’occupais personnellement de ce dossier. Demain, nous voulons aller plus loin en recrutant une personne qualifiée dans ce domaine. Cela fait partie de nos engagements citoyens.  » Le recrutement est en cours.

Cap sur le Sud-Ouest

La Covap approvisionne 434 sociétaires en matériel de chauffage, électricité, sanitaire, plomberie, cuisine et électroménager en Vendée, Charente-Maritime, Charente, Deux-Sèvres, Loire-Atlantique, Dordogne, Corrèze et Haute-Vienne. Le projet d’alliance avec la coopérative bordelaise Copagir , amorcé il y a trois ans, doit lui permettre d’étendre son territoire dans le Sud-Ouest. Objectif de ce rapprochement opéré par l’intermédiaire de l’Orcab : massifier ses achats et élargir le catalogue, avec davantage de références en faïence et carrelage.

Quand la Covap s’intéresse à la coopérative bordelaise, elle est alors dans une impasse financière. Depuis, porté par le dynamisme et le rayonnement du Vendéen, Copagir, 80 adhérents au compteur (la Covap en compte 434), relève progressivement la tête.  » Leur CA est de 5 M€ en 2021 et leur résultat avoisine les 5 % du chiffre d’affaires, c’est tout à fait convenable « , estime Jean-Luc Feyfant qui espère finaliser cette fusion d’ici juillet 2023.

Vendée, Covap, Jean-Luc Feyfant, dirigeant

Jean-Luc Feyfan, dirigeant de la Covap. ©Lionel Vrignaud

Ce rapprochement avec Copagir doit donner lieu à une réorganisation logistique avec une automatisation des process pour éviter les troubles musculosquelettiques liés au poids des produits. Ce qui devait normalement nécessiter une extension de 3000 mètres carrés des entrepôts logistiques de La Chaize-le-Vicomte. Le projet est toujours d’actualité, mais plus en Vendée. « La Dreal (Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement) Pays de la Loire nous demandait de remettre aux normes actuels les bâtiments logistiques réalisés il y a une dizaine d’années. Cela représentait un surcoût supplémentaire d’1,7 M€ pour un projet initial de 5 M€. »

La Covap a donc choisi d’y renoncer en Vendée et de relocaliser cette plateforme en Gironde sur son site de Coutras. » Nous allons recréer un site complet neuf et entièrement automatisé. Cette plateforme logistique alimentera cinq agences de la région : Angoulême, Bordeaux, Périgueux, Brive et Limoges. Cela nous permettra de réduire notre empreinte carbone. »  Jusqu’ici, chaque nuit, des camions partent du siège de La Chaize-le-Vicomte pour réapprovisionner l’ensemble des agences Covap. Cette nouvelle plateforme réduit les trajets et limite ainsi les émissions de CO2.

La Covap a repéré un terrain de 3 hectares à Coutras. Cette nouvelle plateforme avec 15 000 mètres carrés de bâtiments couverts pourrait être opérationnelle au second semestre 2024. L’investissement est estimé entre 15 et 20 M€. Une trentaine de personnes devraient y travailler au démarrage. L’effectif sera progressivement porté à 40 voire 50 personnes.

Jean-Luc Feyfant n’est jamais à court de projets pour la Covap. Mais en Nouvelle-Aquitaine, le foncier se fait rare et freine ses ambitions.

Ainsi à Angoulême, le projet d’une nouvelle salle d’exposition est en stand-by. Impossible de trouver un terrain. Même scénario à La Rochelle où un promoteur s’est dit intéressé par le site de Lagord pour y construire une cinquantaine de logements  :  » On attend toujours sa proposition pour relocaliser notre magasin et notre salle d’exposition rochelaise. La situation est bloquée depuis plus de deux ans. »

Des résultats en hausse pour la Covap

Après avoir subi une perte de son chiffre d’affaires de 5 % en 2020, la Covap avait clos son exercice fin février 2021 à 54 M€ contre 27 M€ un an plus tôt. Le carnet de commandes s’est bien rempli et la Covap devait boucler ce nouvel exercice à environ 65 M€ (fin février 2022). Jean-Luc Feyfant mise sur un développement de 3 à 5 % du CA sur l’année à venir, à hauteur de 90 M€. Une hausse bien évidemment liée au développement de l’activité et au déploiement géographique de la Covap, mais aussi à la hausse de prix des matériaux. La demande sur le marché reste très soutenue et certains fournisseurs peinent à fournir leurs clients.

Pour suivre son développement et remplacer les départs à la retraite, la coopérative vendéenne, qui compte actuellement 158 collaborateurs, prévoit d’embaucher une douzaine de personnes dans l’année.