Couverture du journal du 01/07/2024 Le nouveau magazine

Ces start-up qui vous font voyager (1/2)

Des voyages surprises de My Little Trip à Visamundi, le spécialiste nantais des démarches d’immigration, en passant par Holiworking, qui permet d’allier télétravail et séjour à l’autre bout du monde, la Loire-Atlantique compte de nombreux acteurs innovants dans le domaine du voyage. À l’aube de la saison estivale, IJ vous offre un tour d’horizon de ces entrepreneurs qui vous aident à voir du pays.

Holiworking, voyage, Nantes

La start-up nantaise Holiworking a déjà fait partir en télétravail 25 collaborateurs à travers le monde © D. R.

My Little Trip : Le “city-break“ surprise sur abonnement

Premier service d’abonnement de voyages en France, My Little Trip propose à ses abonnés un “city-break“ tous les quatre mois, transport et hébergement inclus. « Chaque destination est surprise, basée sur le profil du voyageur, précise Mikki Glancy, la fondatrice de la start-up nantaise. C’est un voyage sur-mesure à chaque fois puisque l’abonné effectue un profilage en ligne. Il va nous dire comment il veut se déplacer (en train ou en avion), le style de voyage qu’il attend (culturel, romantique, sportif…), ainsi que le type d’hébergement souhaité (Airbnb, hôtel ou van). Il pourra exclure jusqu’à 25 destinations parmi les 70 proposées. En revanche, il choisit systématiquement sa ville de départ ainsi que ses dates de voyage. »

Grande voyageuse, l’Australienne qui a choisi de vivre à Nantes a eu l’idée du concept en arrivant en Europe : « J’ai été fascinée par la facilité de pouvoir découvrir une autre culture à moins de deux heures. Un jour, j’ai acheté une box beauté pour ma fille et je faisais le profilage en ligne. C’est là que je me suis dit que ce serait génial si cette offre existait pour les voyages. C’est comme ça que My Little Trip est né. »

Si son concept était prêt avant le premier confinement, Mikki Glancy a attendu et amélioré la première version pendant la crise sanitaire. « En août 2020, quand on a recommencé à pouvoir bouger en France et dans quelques pays d’Europe, j’ai lancé une campagne de publicité sur les réseaux sociaux pour voir comment réagissait le marché, poursuit l’entrepreneure. Comme j’ai eu un retour très positif, j’ai aussitôt décidé de lancer la start-up, mais sans savoir qu’il y aurait d’autres confinements derrière… Finalement, j’ai eu mes premiers abonnés dès septembre 2020. »

Depuis, My Little Trip a bien grandi : « Nous sommes désormais 12 dans l’équipe, nous avons 2 200 abonnés, 4 230 voyages réservés et nous affichons 110 % de croissance en ce début d’année par rapport à 2022. »

Pour ce qui est du modèle économique de l’entreprise, il s’agit d’un abonnement. Le voyageur a le choix entre deux offres : la formule solo à 59 € par mois, et la duo à 99 € par mois. « Nous proposons également des abonnements à destination des familles, complète l’Australienne. Elles doivent nous contacter directement pour nous préciser l’âge et le nombre d’enfants. Ensuite, on leur crée une offre sur-mesure. Nous avons également des cartes cadeaux qui fonctionnent très bien. Elles permettent d’offrir un voyage surprise, un abonnement ou simplement de donner un coup de pouce financier via une carte cadeau d’un montant libre. »

My little trip Mikki Glancy

Fondée par l’Australienne Mikki Glancy (au centre), l’équipe de My Little Trip est désormais composée de 12 collaborateurs. © D. R.

Côté perspectives, la start-up affiche de sérieuses ambitions, notamment à l’international : « L’objectif principal est de déployer nos services dans d’autres pays d’Europe, avec un test en Espagne et en Italie dès la fin de l’année. Notre objectif secondaire est de mieux valoriser la destination France. Car actuellement, la plupart des Français excluent les destinations françaises. Enfin, nous avons l’ambition de créer un abonnement à l’international pour que nos abonnés puissent voyager au-delà des frontières européennes. D’où l’idée de chercher à lever des fonds, en démarrant un roadshow d’ici un ou deux mois. »

Visamundi, le spécialiste des démarches d’immigration

Avec 33 destinations couvertes à ce jour et 80 000 visas délivrés chaque année, Visamundi est une référence dans le domaine des formalités de voyage. Créée en 2017 à Nantes par Sébastien Couix, la start-up « accompagne particuliers et professionnels ayant besoin de se déplacer à l’étranger pour des motifs de tourisme, business, religieux, médical (…) dans l’obtention de leurs documents de voyage en ligne : e-visas, autorisations de voyage électroniques…, précise Alexia Duclaud, la responsable marketing. Nos clients font leur demande en ligne via nos formulaires simplifiés et nous facilitons leurs démarches auprès des autorités locales. Nous accompagnons également les professionnels du tourisme (compagnies aériennes, agents de voyage…) pour optimiser l’expérience de leurs clients B2C ».

Le fondateur de l’entreprise a imaginé ce concept lors d’un séjour en Inde. « Il se trouvait à l’aéroport près d’une famille de Français, dont le père s’est retrouvé bloqué à cause d’une faute de frappe sur son visa, poursuit la cadre de l’entreprise. Sébastien Couix s’est alors dit qu’un accompagnement dans les formalités de voyage serait un plus pour les voyageurs pour pallier tous les freins existants. » Côté modèle économique, le client paye les frais consulaires et Visamundi lui facture des frais de service.
La start-up, qui a démarré son activité avec l’Inde, a rapidement trouvé sa clientèle, « si bien que nous avons pu lancer d’autres destinations rapidement pour arriver à 33 aujourd’hui », ajoute Alexia Duclaud.

Depuis la fin de la crise sanitaire, l’équipe de Visamundi a quasiment doublé pour atteindre 15 personnes. « Nous recevons désormais plusieurs milliers de demandes de documents chaque année, avec des pics d’activité qui varient en fonction des saisons et des spécificités des destinations, poursuit la spécialiste. Par exemple, nous traitons un grand nombre de demandes pour l’Arabie saoudite sur chaque période de Ramadan. Nous avons également noué des partenariats solides avec des acteurs clés du tourisme, comme l’assureur Chapka. »
À l’avenir, Visamundi prévoit d’ouvrir de nouvelles destinations, mais également de recruter. « Nous avons effectivement pour ambition de nous développer à l’international, notamment en Amérique du Nord et Asie du Sud-Est, confirme la responsable marketing. Nous avons également acquis de nouveaux locaux et souhaitons également prendre part aux grands salons de France liés au tourisme pour faciliter l’entrée de visiteurs sur le territoire. Les programmes de télétravail à travers le monde sont également un sujet, avec le lancement d’une marquée dédiée, Nomamundi. »

Holiworking permet d’allier télétravail et voyage

Le télétravail, c’est également le créneau choisi par Holiworking. « Notre concept consiste à permettre aux salariés français d’aller vivre une expérience immersive à l’international de 3 à 12 mois tout en gardant leur job en télétravail et en poursuivant leurs missions à l’international, détaille Gaël Brisson, le fondateur de la start-up. Nous avons un cadre juridique que l’on met à disposition des entreprises pour sécuriser l’expérience du collaborateur sur place. Concrètement, on l’aide à bien préparer son arrivée sur place (recherche de logement, école, crèche). On a un référent sur place qu’on appelle le coach qui accueille chaque holiworker. Il permet en quelque sorte de faire le trait d’union et de faire découvrir aux arrivants les codes de la culture locale, favoriser leur immersion dans la vie associative… Bref, de s’intégrer plus rapidement ! »

Aujourd’hui, l’entreprise propose ainsi de partir dans une dizaine de pays : Costa Rica, Brésil, Cap Vert, Afrique du Sud, Île Maurice, Indonésie, Thaïlande, Maroc, Canada, Mexique et Madagascar.

Étant chef d’une entreprise dans le numérique où l’équipe télétravaille depuis 20 ans, Gaël Brisson a appris à manager ses équipes à distance. « Étant également un grand passionné de voyages, habiter à l’étranger m’a énormément forgé en tant que chef d’entreprise. Je me suis demandé comment je pouvais faire profiter les autres des vertus de l’international tout en maîtrisant les enjeux professionnels. Tout ça a fini par donner lieu à la création d’Holiworking en 2020 à Nantes, en plein confinement. »

Dès son lancement, la start-up a séduit avec sa formule originale : « À chaque fois qu’on présentait notre service, on avait toujours un effet incroyable avec des gens qui avaient les yeux qui brillaient, aussi bien côté entreprises que salariés. On a eu énormément de marques d’intérêt au départ, qui se transforment au fil des mois et des années en projets réalisés. Néanmoins, ce sont des projets de vie qui nécessitent bien plus de préparation qu’une semaine de vacances au Maroc. On est en général sur des projets à long terme, avec des échéances en moyenne d’un an. »

La start-up, qui emploie désormais huit collaborateurs, s’appuie sur deux sources de financement : « Il y a une partie financée par le collaborateur, de l’ordre de 10 % de son salaire environ, et une autre financée indirectement par l’entreprise. Néanmoins, notre modèle est sans surcoût pour l’entreprise car, en cas de télétravail à l’étranger, il y a des charges qui disparaissent en France et d’autres qui naissent à l’étranger. C’est cette différence de charges entre les deux sites qui participe à notre financement. »

À ce jour, Holiworking a fait partir 25 collaborateurs à travers le monde. « Vingt autres sont actuellement en télétravail dans le monde, et nous avons désormais une trentaine de sociétés qui mettent nos services à disposition de leurs équipes », se félicite le fondateur.

Côté ambitions, le fondateur de la start-up souhaite « étoffer [son] catalogue de destinations. Et notamment ouvrir [son] modèle à d’autres pays d’Europe, notamment la Belgique ou les pays scandinaves ».

À noter que la start-up vient également de lancer une nouvelle formule pour Madagascar : « Elle associe mécénat de compétences, volontariat pour les salariés et télétravail. Son principe est de partir se mettre à disposition de l’association humanitaire ABC Domino à hauteur de 50 % de son temps, et à 50 % en télétravail pour son entreprise », ajoute Gaël Brisson. Implantée dans le sud-ouest de Madagascar, l’association développe des écoles, collèges et lycées. « Ouvrir d’autres programmes de ce type pour permettre à ceux qui ont la fibre humanitaire de s’impliquer tout en conservant un lien avec leur entreprise fait partie de nos ambitions et de nos valeurs », conclut le fondateur.

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