Couverture du journal du 30/07/2021 Consulter le journal

Ces entreprises qui veulent adapter la ville au changement climatique

Toits peints en blanc, végétalisation du centre-ville… Des initiatives d’entreprises fleurissent à Nantes pour tenter de contrer, à leur échelle, l’augmentation des températures et rendre la ville plus respirable.

Nantes France

© Shutterstock

Alors que le Giec (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) prépare un rapport encore plus alarmant que celui de 2014 sur les effets du réchauffement climatique sur l’humanité, que les épisodes de fortes chaleurs sont de plus en plus fréquents en Pays de la Loire (22 jours par an de journées chaudes au Mans entre 1971 et 2015, 14 jours par an à Angers selon l’observatoire Oracle Pays de la Loire), des entreprises tentent de rendre la ville un peu plus respirable. C’est le cas dAircool, une start-up créée à Nantes en mai 2020 par Maxime Claval. Ingénieur thermicien, il s’est lancé pour promouvoir l’utilisation d’une peinture blanche sur les toits, qui doivent être plats. Une technique ancestrale adoptée notamment en Grèce pour renvoyer le maximum de rayonnement solaire et rafraîchir les villages. La ville de Paris a ainsi démarré des expérimentations dès 2017 avec un résultat probant : l’école primaire testée a enregistré jusqu’à 6°C en moins à l’intérieur des classes et le toit de la salle peinte en blanc était plus frais jusqu’à plus de 20°C que le toit non peint. À New York, plus de 500 000 m2 de toits ont été repeints sous l’impulsion de l’ancien maire Michael Bloomberg.

 

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Maxime CLAVAL, fondateur d’Aircool © D. R.

Intermarché en expérimentation

La peinture blanche utilisée contient des pigments spéciaux pour effectivement renvoyer la chaleur mais aussi protéger la peinture des UV afin qu’elle ne disparaisse pas au fil du temps. Celle promue par Aircool provient de La Celtique, spécialiste de la fabrication de produits d’entretien industriels et basée à Saint-Brieuc. La solution d’Aircool représente un débouché supplémentaire pour La Celtique qui, jusqu’à présent, ne proposait que des contenants industriels quand Aircool demande des pots de 5L. Aircool s’occupe de promouvoir la peinture, de la logistique (stockage à Saint-Herblain par French Log) et du SAV. Le prix dépend de la surface à peindre. Pour les particuliers, c’est entre 15 et 20€/m2, 12€/m2 pour les professionnels. L’intérêt est d’abord de réaliser des économies avec une technique de rafraichissement de l’air moins coûteuse qu’une climatisation.

Aircool compte à ce jour dix clients particuliers. Intermarché et Total doivent réaliser leurs premières expérimentations sur deux sites chacun cet été. Incubé par Le Palace (programme La Piscine), Maxime Claval n’a pas cherché de financement extérieur. Il enregistre pour l’instant 20000€ de CA avec ses dix clients particuliers (Nantes, Toulouse et Bordeaux). Mais le marché est prometteur. Les devis signés avec Intermarché et Total, pour deux sites chacun, s’élèvent à près de 100 000€. Une discussion est également en cours avec le Super U de Nozay. L’objectif est de pouvoir dégager un salaire pour deux personnes en janvier 2022.

Ma rue est un jardin pour les commerces

Autre initiative à Nantes, cette fois avec l’association des commerces du centre-ville Plein Centre. Un poste d’animateur de la transition énergétique y a été créé en 2019, occupé par Jérôme Decoster. Parmi les projets en cours, une participation au dispositif de la Ville de Nantes « Ma rue est un jardin » lancé en 2016 pour les particuliers et destiné à renouer avec la végétalisation du centre-ville. L’idée de Plein Centre est d’associer les commerces désireux de planter fleurs et autres arbustes devant leurs boutiques.

Plein Centre regrouperait les demandes. Jérôme Decoster a ainsi mené un atelier fin mars pour sensibiliser à la question de l’inconfort thermique en ville contre lequel la végétalisation est une solution. La mairie se chargerait des études de faisabilité, en contrepartie les commerçants s’engagent à entretenir les espaces. « L’idée est de faire avancer cette question pas à pas, en montrant que les commerçants sont mûrs et passer à la vitesse supérieure, et dé-bétonner la ville. C’est d’ailleurs le sujet qui suscite le plus de consensus auprès des adhérents. Notamment car la chaleur gêne de plus en plus commerçants et clients. » Jérôme Decoster a recensé une trentaine de commerces volontaires. L’objectif est de planter en novembre.