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Carnets de la Transmission : l’audit social avec Éric Rotureau et Eugénie Massot

Dans cet épisode des Carnets de la Transmission, nous plongeons au cœur d’une étape cruciale dans l’acquisition d’une entreprise : l’audit social. Au-delà des chiffres et des performances financières, il s’agit aussi de regarder et de considérer de manière plus approfondie les ressources humaines, les politiques internes et la culture d’entreprise. Pour en parler, nous accueillons Éric Rotureau et Eugénie Massot.

Eugénie Massot et Éric Rotureau

Eugénie Massot et Éric Rotureau lors de l'enregistrement du podcast. Photo Benjamin Lachenal - IJ

Éric Rotureau, 56 ans, a repris en mars 2023 la Miroiterie Louis à Pornichet, une société experte en miroiterie et menuiserie pour tous les projets de rénovation, avec un chiffre d’affaires de 850 k€ en 2023. Eugénie Massot, 39 ans, est directrice sociale régionale chez In Extenso Ouest Atlantique.


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Vous êtes directrice sociale régionale chez In Extenso, racontez-nous en quoi consiste votre métier.

Eugénie Massot : Le spectre de mon métier est assez large et, je dois le dire, passionnant. J’anime les équipes paye et les juristes en droit du travail sur l’ensemble de la région Ouest Atlantique (Loire-Atlantique et Vendée). J’accompagne également nos clients dans la gestion de leur personnel au quotidien. J’anime des formations sur le droit du travail et l’actualité sociale, qui est toujours très riche. Et je suis aussi amenée, avec les équipes sociales, à réaliser des audits.

Expliquez-nous en quoi consiste un audit social.

Eugénie Massot : Dans le cadre d’une reprise d’entreprise avec des salariés, il y a un enjeu important d’évaluer la gestion du personnel et du droit du travail. Nous analysons les risques sociaux et le climat social. L’audit permet d’apprécier les risques, de détecter certaines incohérences ou non-respects de la législation et de déterminer les solutions possibles. Il y a aussi des stratégies d’optimisation de l’organisation du travail et de la rémunération.

Vous me confiez que 80 % des acquéreurs qui rachètent des titres de sociétés font un audit social. C’est moins le cas pour une acquisition de fonds de commerce. Pourquoi ?

Eugénie Massot : Lors d’un rachat de titres, les enjeux sociaux sont particulièrement importants pour l’acquéreur, car il reprend la structure juridique existante, incluant les actifs et passifs, notamment les passifs sociaux. Pour contrer ce risque, l’acquéreur demande souvent une garantie au vendeur appelé garantie « actif-passif ». Cette garantie couvre les variations à la hausse pour le passif ou à la baisse pour l’actif, dont l’origine serait antérieure à la reprise de l’entreprise. En revanche, pour un rachat de fonds, une nouvelle structure juridique est créée, reprenant uniquement l’actif sans les litiges éventuels avec les salariés.

Éric, vous avez repris la Miroiterie Louis en 2023, après un parcours de salarié cadre dans l’univers de la décoration. Pourquoi ce changement ?

Éric Rotureau : À 56 ans, après une longue carrière dans la décoration où j’ai créé et dirigé un département pour un grand groupe, j’ai ressenti le besoin de créer quelque chose pour moi. Après sa vente, la société dans laquelle je travaillais ne me correspondait plus, mon travail se cantonnant de plus en plus a du reporting. J’ai donc décidé de me lancer dans un projet personnel, en cherchant une entreprise locale avec un atelier et une petite équipe.

En montant cette équipe, cela vous a donné l’envie de vous lancer dans d’autres aventures ?

Éric Rotureau : Oui, exactement. Je ne me retrouvais plus dans mon ancien poste et je voulais créer quelque chose pour moi. J’ai élaboré un cahier des charges et des intermédiaires m’ont présenté des entreprises, dont la Miroiterie Louis. J’ai rapidement perçu son potentiel et j’ai décidé de me lancer.

Quand vous avez repris la Miroiterie Louis, où en était l’entreprise du point de vue humain ?

Éric Rotureau : C’est difficile à dire au premier abord. Les chiffres sont visibles, mais l’aspect humain est plus subtil. Pour moi, l’audit social était naturel, venant d’un grand groupe où les audits sont courants. J’ai donc réalisé un audit social pour avoir une vue globale de l’entreprise.

Comment se passe un audit social ?

Eugénie Massot : La première étape consiste à récupérer des documents : contrats de travail, bulletins de salaire, registres du personnel, accords d’entreprise, etc. Ces documents permettent une première analyse du respect de la réglementation et de l’organisation. Ensuite, nous établissons un rapport détaillé avec une synthèse des principaux risques, priorisés par un code couleur. Lors de la restitution avec l’acquéreur, nous présentons cette synthèse et discutons des préconisations et des actions à entreprendre pour adresser les risques identifiés.


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