Couverture du journal du 12/04/2024 Le nouveau magazine

Cap Atlantique lance sa démarche Triple E

Plutôt une distinction locale qu'un label officiel, avec pour ambition de mettre en lumière les entreprises qui promeuvent l’emploi local et l’accueil de stagiaires, la démarche Triple E - pour Entreprise Engagée pour l’Emploi -, vient d’être lancée par la communauté d’agglomération Cap Atlantique.  

Stéphane Hervy

Stéphane Hervy, dirigeant-fondateur de Wiklog. © Karine Limouzin – IJ

« Le pendant sur le bassin nazairien d’“Entreprise accueillante”, la démarche portée par la Carene », a-t-on pu entendre ici et là, en marge du lancement médiatique de la démarche Entreprise Engagée pour l’Emploi initiée en février par Cap Atlantique. Déjà renommée démarche Triple E, cette dernière a en effet vocation à promouvoir l’emploi local. Le territoire couvert par la communauté d’agglomération regroupe « 7 700 entreprises et 24 000 emplois » se répartissant sur les 15 communes de Cap Atlantique, s’étendant de La Baule à Pénestin et de Piriac à Herbignac. Autre chiffre clé : « Près de 1 100 entreprises ont été créées sur le territoire en 2021 », note l’agglo dans son communiqué, « majoritairement des TPE et microentreprises, mais aussi des entreprises plus grandes qui font le choix de s’installer ici », est-il indiqué. « De nombreux secteurs d’activité sont représentés, comme le numérique, les sports et loisirs, la comptabilité, les activités maritimes, l’action sociale, le tourisme… », précise Juliette Lengagne, chargée de mission emploi, formation et apprentissage à Cap Atlantique.

L’objectif de la démarche est de « développer l’emploi local, avec des actions ciblées sur l’emploi, la formation et l’apprentissage, en répondant aux besoins des entreprises et des partenaires emploi, dans une démarche d’amélioration continue, tout en remédiant aux difficultés de recrutement, complète la chargée de mission. Nous avons monté un groupe de travail en 2023 pour recueillir les besoins. La démarche est pilotée par un collectif d’entreprises, de partenaires emploi, mais aussi de partenaires éducation formation, basée sur du local, de l’humain, du lien, de l’exemplarité ». Toute entreprise du territoire est libre de candidater, s’engageant pour l’année à respecter la démarche. Si huit ont ainsi été distinguées en février, « elles sont maintenant 17 (au 12 mars, NDLR) », indique Juliette Lengagne, qui précise toutefois : « L’objectif n’est pas la quantité, mais la qualité et l’engagement. »

Accueillir, transmettre, partager

Parmi ces 17 entreprises ayant reçu la distinction Triple E pour un an, Wiklog, basée à La Baule, est spécialisée dans le développement numérique des entreprises. Son dirigeant, Stéphane Hervy, a accueilli plus de 25 stagiaires ou apprentis en cinq ans : « C’est ma volonté d’accueillir et de former le mieux possible », explique le quadra qui a fondé Wiklog il y a cinq ans. « C’est fini cette période où le numérique était un pré carré, avec un sachant hypercentral, qui distillait son savoir tel un sage. Il faut être dans le partage et la transmission ; c’est illusoire de croire que tout est verrouillé. Le but d’un stage découverte ou d’un stage de reconversion, c’est d’abord de savoir si le métier plaît ou pas, souligne ce professionnel du numérique. Dans le cadre d’un stage d’études supérieures, je leur demande un retour sur notre accueil et de me réaliser un état de l’art1 sur l’entreprise. Je propose, on échange et on partage », détaille Stéphane Hervy qui donne totale liberté et confiance aux nouvelles recrues accueillies.

Réfléchir aux process et s’adapter

Une envie d’accueillir et d’échanger que l’on retrouve chez Laboranth, jeune start-up guérandaise de 18 mois, qui se prépare à commercialiser en mai prochain un logiciel permettant de concevoir sur le web, du site internet à la plateforme AR/VR2,, en internalisant directement les nouvelles technologies. Dès le départ, les deux cofondateurs Candice Poyet et Maxime Federov ont souhaité accueillir des stagiaires ou apprentis. « C’était une évidence. Cela permet aux stagiaires d’approcher concrètement le changement d’usage sur un logiciel. Et c’est intéressant de voir comment les jeunes prennent en compte ce que nous pouvons leur apprendre au quotidien. Avec Maxime, on leur donne la possibilité d’être autonomes », assure Candice Poyet. Une cinquième stagiaire vient d’ailleurs d’intégrer Laboranth en début d’année. « On aimerait aussi embaucher dès qu’on le pourra un ou une alternante sur des sujets d’écoconception et d’accessibilité web », espère la jeune dirigeante de 27 ans, qui se félicite de cette initiative Triple E. « Cela met en avant la dynamique et l’engouement des entreprises pour se regrouper et montrer qu’il y a de l’emploi sur le territoire. Et cela nous oblige à réfléchir aux process d’accueil, sur le fond comme sur la forme, et à s’adapter, pour ensuite transmettre », indique l’entrepreneure.

Maxime Federov et Candice Poyet, cofondateurs de la start-up Laboranth. © Karine Limouzin – IJ

Job dating sur site

Même engagement du côté de plus grosses entreprises. « Nous nous sommes complètement reconnus à travers la charte d’engagement Triple E : faire découvrir nos métiers, participer à des événements, soigner l’accueil des nouveaux arrivants, s’impliquer dans la vie locale…, témoigne François Peronnet, directeur de la blanchisserie industrielle Elis à Guérande. Nous sommes soumis à une forte saisonnalité (70 salariés à l’année, 105 en saison), il nous faut donc être en mesure d’activer tous les canaux de recrutements possibles. » Pour exemple, une quatrième journée portes ouvertes s’est tenue le 13 février : présentation et visite de l’entreprise, ateliers découvertes et job dating en fin de journée. Une immersion pour inciter, promouvoir l’emploi aussi bien que l’entreprise et attirer les candidats.

1 État des connaissances dans un domaine à un instant donné.

2 AR/VR : Réalité augmentée/Réalité virtuelle.