Couverture du journal du 30/07/2021 Consulter le journal

Airbus développe son avion à hydrogène à Nantes

Le futur avion décarboné d’Airbus va être conçu, dans un premier temps, à Nantes et à Brême, en Allemagne, dans des centres de développement zéro-émission (ZEDC).

Airbus 2020

© Airbus 2020

L’heure est à la révolution technologique chez Airbus. Après avoir annoncé, en mars, sa première étude de carburant durable d’aviation sur un vol commercial, l’avionneur a donné plus d’informations sur son projet d’avion à hydrogène évoqué depuis l’année dernière. C’est donc certain : Nantes va être en première ligne pour travailler sur cet avion du futur. Avec Brême, en Allemagne, où Airbus a choisi d’implanter un second centre de développement zéro-émission (dénommés ZEDC). Le site de Nantes a été choisi « en raison de ses compétences approfondies en matière d’intégration de structures métalliques liées au caisson central de voilure, ce dernier servant parfois de réservoir central, critique pour la sécurité des avions commerciaux », indique le groupe. Airbus entend s’appuyer sur les compétences et les infrastructures du Technocentre nantais ainsi que sur le soutien de l’écosystème local innovant tel que l’IRT Jules Verne.

La priorité : « Maîtriser le stockage », explique François Paynot, directeur du site d’Airbus Nantes. Car l’hydrogène est plus complexe à utiliser que le kérosène. Il nécessite un stockage à -250°C pour se liquéfier. Nantes et Brême vont donc d’abord développer les premiers concepts de réservoirs métalliques. L’objectif est de tester en vol ces avions en 2025 pour une commercialisation envisagée en 2035 de cet avion dénommé ZEROe.

Fin du Kérosène ?

« L’équipe dédiée à Nantes sera très réduite, une dizaine de personnes, détaille François Paynot. L’idée est d’avoir deux centres de développement qui avancent à la même vitesse. » Est-ce qu’éventuellement le site de Saint-Nazaire sera impliqué sur le projet ? « On ne sait pas encore, répond François Paynot. Cela pourra être envisagé dans quelques années, quand on travaillera sur l’emplacement du réservoir dans l’avion. D’abord, nous nous concentrons sur la structure du réservoir. » Les deux ZEDC seront pleinement opérationnels d’ici à 2023. Yves-Olivier Lenormand, délégué régional Airbus développement et responsable des relations externes, lors d’un événement sur l’hydrogène organisé par le Medef 44, tempérait un peu les enthousiasmes : « L’aviation ne sera pas tout hydrogène, notamment avec le développement de l’écocarburant. Il faudra par ailleurs une adaptation des aéroports pour distribuer de l’hydrogène. »