Les programmes de formation racontent parfois davantage qu’ils n’en ont l’air. Celui de la vingtième édition de l’université d’été de l’Edago juxtapose des matières aussi classiques que le droit patrimonial de la famille, la procédure civile, le dommage corporel ou le droit de la construction avec des thèmes consacrés à l’intelligence artificielle, au contentieux du numérique ou encore à la facturation électronique. À travers cette programmation se dessine le portrait d’une profession qui demeure profondément attachée à sa technicité, mais dont les conditions d’exercice se transforment à vive allure.
Nommé à la présidence de l’école en janvier, Éric Marlot connaît l’institution de l’intérieur. Il exerce au sein du cabinet rennais MDL Avocats Associés depuis plus de trente ans, principalement en droit du travail et de la Sécurité sociale. Son activité judiciaire l’a conduit à défendre aussi bien des salariés que des entreprises devant les conseils de prud’hommes, les juridictions sociales et les cours d’appel. Membre du Conseil de l’Ordre de Rennes et enseignant à l’Edago, il partage depuis longtemps son activité entre le prétoire, la transmission et la vie institutionnelle de la profession.
Son constat dépasse largement la question technologique. « Il faut voir dans l’intelligence artificielle un outil, une plus-value que l’on peut apporter à nos clients, et non un concurrent », explique-t-il. À ses yeux, le débat n’est déjà plus de savoir si les avocats doivent utiliser ces nouveaux outils, mais comment les intégrer avec discernement dans leur pratique. L’IA ne constitue finalement qu’une illustration d’une mutation plus profonde : l’exercice de la profession ne se résume plus à la maîtrise du droit.
L’avocat, aussi entrepreneur
Longtemps, la formation continue répondait avant tout à une nécessité de mise à jour juridique. L’a…