Le sel brille, le mercure grimpe et les paludiers s’affairent à former des mulons. Derrière ses lunettes polarisantes, Vincent Jolly esquisse un sourire. « On est parti pour une superbe année ! » Le saunier, établi à Noirmoutier et président de la Coopérative de sel de Noirmoutier, a bien conscience d’être dans l’une des rares activités agricoles à laquelle la canicule profite.
La saison a débuté à la mi-juin. Depuis, le trio gagnant vent, soleil et faibles précipitations offre des perspectives réjouissantes au secteur. « Tant qu’il ne pleut pas, on ne peut pas s’arrêter de travailler », explique-t-il, au risque qu’une épaisse croûte de sel vienne se déposer au fond du bassin et complique davantage la tâche du saunier, dont la pratique est ancestrale. Une longue période sèche permet au sel de se concentrer dans les œillets ; à l’inverse, une pluie trop importante pourrait interrompre la récolte.
Il est encore trop tôt pour prédire le tonnage final, mais les professionnels tablent sur une production comparable à celle de 2022, année record. À la même période, la coopérative avait…