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2023, année de « décélération positive » pour les Pays de la Loire

L’Insee a dévoilé le 13 juin le bilan économique 2023 des Pays de la Loire. Après trois années de chocs inédits (Covid, guerre, crise énergétique, inflation…), l’économie ligérienne a fléchi mais résisté à la récession.

port de Nantes-Saint-Nazaire

Les flux du port de Nantes-Saint-Nazaire sont en baisse de 4,7 % sur un an. Un recul lié principalement à la baisse du trafic de gaz naturel. Photo A.Klose

« Sur cet exercice 2023, il existait un risque de récession », a posé d’emblée Arnaud Degorre, directeur de l’Insee des Pays de la Loire, en introduction de la conférence de presse du 13 juin dernier à Nantes sur le bilan économique régional de l’année 2023. « Mais le rehaussement des taux de la BCE a constitué une réponse adaptée pour réguler l’inflation et on a finalement constaté une douce croissance (+ 0,9 %) de l’économie ligérienne. » Le directeur de l’Insee a poursuivi en qualifiant 2023 « d’année de décélération positive pour les Pays de la Loire, qui affichent une capacité de résilience plus forte que prévu et présentent les signes d’une dynamique préservée ».


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Une activité salariée dynamique

Le directeur a ensuite laissé le chargé d’étude Yohann Rivillon entrer dans le détail. Sur l’activité salariée, qui correspond au nombre d’heures de travail payées par les employeurs, « elle a continué de progresser de 2,1 % en 2023 mais à un rythme moins soutenu qu’en 2022 (+4,5 %). Elle reste néanmoins plus dynamique dans la région qu’en France (+1,7 %). » Les services marchands progressent moins qu’en 2022, l’industrie et les services non marchands conservent leur dynamique tandis que la construction ne progresse plus.

12 800 emplois supplémentaires

La croissance de l’emploi ralentit nettement dans les Pays de la Loire en 2023 avec +0,8 % sur l’année (0,6 % sur le plan national), contre +1,7 % un an plus tôt. « Cela représente 12 800 emplois supplémentaires », précise le spécialiste.

Le tertiaire marchand continue de progresser (+1,3 % sur un an, soit 8 600 emplois supplémentaires), comme l’industrie (+1,9 %) et le tertiaire non marchand (+1,1 %). À l’inverse, l’emploi se replie dans l’intérim (-7,1 %) et la construction (-1 %).

1,33 million d’embauches

La région a enregistré 1,33 million d’embauches en 2023 (-2 %) alors qu’elles continuent légèrement de progresser au niveau national. « Cette baisse, plus marquée pour les entreprises de moins de 20 salariés qu’au sein des grandes structures, est à relativiser, car on revient à un niveau proche de celui d’avant crise sanitaire », a ajouté le statisticien.

La région au plus faible chômage de France

En 2023, la région affiche encore le plus faible taux de chômage des régions françaises, avec 5,9 % de la population active. C’est 1,6 point de moins que la moyenne nationale. Un taux en hausse de 0,2 % par rapport à 2022, qui était le plus bas taux de chômage depuis 1980. Le nombre de demandeurs d’emploi baisse modérément sur 2023 (-1,6 %).

45 000 créations d’entreprises

La région a enregistré 45 000 créations d’entreprises en 2023 (-3,6 %), après sept années consécutives de hausse. « Cette baisse intervient après une année 2022 record », analyse Yohann Rivillon. « En réalité, on conserve un niveau particulièrement élevé de créations d’entreprises, largement supérieur à l’année 2019. »

Insee

L’évolution du nombre de créations d’entreprises en Pays de la Loire. Source Insee PDL

Les défaillances en hausse de 37 %

Le nombre de défaillances progresse quant à lui très fortement pour la deuxième année consécutive (+37 %), avec le secteur de la construction particulièrement impacté (+55 %), mais il reste inférieur à la moyenne annuelle enregistrée de 2010 à 2019.

Des crédits aux entreprises dynamiques

Les crédits aux entreprises restent dynamiques dans la région : +5,1 % en 2023, contre 2,9 % sur le plan national. L’encours, de plus de 82 milliards d’euros, est en forte croissance dans les TPE (+10,5 %) et l’industrie (+12,9 %).

Un commerce extérieur en repli

En 2023, l’Insee constate un repli des échanges commerciaux de 8,4 % et une réduction du déficit commercial, qui passe de 16,1 à 10,3 milliards d’euros. Le premier partenaire commercial de la région reste l’Europe, et en particulier l’Allemagne, qui représente 10,3 % des importations et 10,8 % des exportations.

Une année contrastée pour l’agriculture

L’agriculture a connu des conditions météorologiques favorables, une production céréalière généreuse et d’excellentes vendanges. Autre bonne nouvelle : le léger reflux des coûts de production (-2 %), qui demeurent toutefois 20 % supérieurs à 2021. En revanche, le cheptel bovin se réduit (-2 % sur un an) et le secteur du bio traverse une crise générale. Quant à la filière volaille, elle se reconstruit après l’épisode 2022 de grippe aviaire.

La construction dans le dur

Le secteur de la construction est marqué par une baisse de l’emploi, le repli des créations d’entreprises et la hausse des défaillances. C’est la construction neuve résidentielle qui trinque le plus : -35 % de ventes de logements neufs en 2023. L’année a également été marquée par une forte chute des permis de construire délivrés (-19 %) et du nombre de mises en chantier (-28 %). En revanche, les prix continuent de progresser dans le neuf : +1,5 % pour les appartements et 7 % pour les maisons.

Des transports pas épargnés

Le transport routier de marchandises recule de nouveau, pénalisé par la baisse de la demande de fret. Les flux du port de Nantes-Saint-Nazaire sont également en baisse (-4,7 %). L’industrie automobile retrouve des couleurs : les ventes de voitures neuves augmentent de 13 % sur un an. L’électrification du parc se poursuit avec des ventes de modèles électriques en hausse de 42 % sur un an. Le transport aérien décolle de 13 % sur 2023 et la fréquentation des transports collectifs se redresse (+7 % à Nantes).

Tourisme : un record de nuitées

Côté tourisme, la reprise se confirme, avec un total de 25,5 millions de nuitées cumulées en 2023. « Cela représente une hausse de 2 % sur un an et un record de nuitées », précise Yohann Rivillon. « Une tendance portée par les campings quatre et cinq étoiles, au détriment des trois étoiles. » En revanche, la situation est beaucoup moins favorable dans les hôtels, pénalisés par la baisse de la clientèle d’affaires.